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Puisque ce nest ni lanniversaire de sa mort, ni celui de sa naissance, quil ny a rien à célébrer, on peut parler dun de nos héros fondateurs, Jean-Étienne-Dominique Esquirol (1772-1840) et en parler sérieusement. Esquirol nous a légué une uvre qui, comme toutes les uvres dauteur, a subi par leffet du temps une réduction à un petit nombre daphorismes.
Il nous a dit quun établissement de soins aux malades mentaux était, entre les mains dun praticien avisé, le plus puissant des instruments de guérison. Quavons-nous fait de lhéritage puisque dorénavant ces établissements sont entre les mains dadministrateurs, de gestionnaires ? Parions quils restent de puissants instruments, mais désormais de quoi ?
On nous dira que les soins sont maintenant centrés sur le dispositif extra-hospitalier. Craignons que celui-ci ne serve dalibi à ces " externements " arbitraires que prévoyait Louis Le Guillant et dont le métro parisien semble être devenu la pièce essentielle
La thèse, pour un médecin, est souvent indicative de ses orientations ultérieures. Celle dEsquirol portait sur "Les passions considérées comme causes, symptômes et moyens curatifs de laliénation mentale". Même organiciste, même comportementaliste, on peut sen souvenir et ne pas confiner aux seuls psychanalystes lintérêt pour la psychogenèse. Quant aux psychothérapies, difficile dans ce contexte de continuer à croire quelles ne sont pas "religieuses" dabord, médicales ensuite.
On attribue à Esquirol lopinion selon laquelle un criminel ne pourrait commettre son acte quen état de démence. Car, dit-il " sil nétait en état de démence, il ne pourrait commettre de crime ". Ce point de vue est sans doute bien optimiste et le reflet dune époque consacrée à la déesse Raison. Mais ce nen est pas une, de raison, pour fourrer au bloc les malades mentaux criminels qui constituent maintenant lessentiel de la population carcérale : la prison serait-elle devenue une pièce essentielle du "dispositif de santé mentale" ?
On sait que la Loi de 1838 fut luvre conjointe dEsquirol, de Ferrus et de Falret, ses élèves, et quelle témoigne du souci dempêcher que la maladie mentale ne conduise ailleurs quen des établissements sanitaires.
La réforme de cette Loi, en 1990, aboutira-t-elle à labolition du meilleur de son contenu ? Au demeurant, que pourrait-il advenir dautre à une réforme inspirée, en fait, par le pire esprit démagogique ?
Esquirol fut aussi auteur, en révisant la classification de son maître Pinel. Démences, idiotie, manie, monomanies furent par lui offertes à la critique et à la révision de ses successeurs. Linvention en ces matières avait toujours été, jusquà nos jours, la prise de risque dun seul. Depuis peu, on exige laccord de tous cest-à-dire la mort de la polémique, cest-à-dire larasement de la pensée.
Souvenons-nous que cest à cause dune sorte de "conférence de consensus" que Giordano Bruno et ses idées connurent le sort que lon sait
Jean-Étienne-Dominique Esquirol fut certainement un de ceux qui mirent en uvre les principes des Lumières que portaient les grands esprits de la Révolution. Ceux-ci ne se voulaient pas seulement éclairés mais encore vertueux. Pour certains de nos collègues, au-dessus dun certain prix, la vertu se nomme maintenant pudibonderie
Demain, Esquirol.
J-P. R.
Ajaccio
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l'Association
des Psychiatres Stéphanois
et
l'ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
co-organisent
le
samedi 12 Mai 2001
à SAINT-ETIENNE (château de Saint-Victor-sur-Loire)
une deuxième Journée d'études sur le thème :
PENSER
LA PSYCHOSE "AVEC" :
LA TRITHERAPIE DU PATIENT
PSYCHOTIQUE,
"La psychothérapie,
les psychotropes, l'institution".
La psychose, en dépit des différents abords dont elle a été lobjet, a démontré sa force de résistance à la thérapeutique. Un abord dans les trois dimensions psychothérapique, médicale et institutionnelle, nest-il pas à être pensé en leur conjonction ? Cest en nous appuyant sur les travaux de D.W. Winnicott, et plus particulièrement son texte sur "la crainte de leffondrement", mais aussi sur ceux de W.R. Bion et dautres auteurs contemporains, que nous évoquerons labord psychanalytique de la psychose, en conjonction donc avec les abords médicamenteux et institutionnel.
| 9 H | Accueil par le Dr Danièle GUILLAUME, psychiatre, Présidente de lAPLS. |
| 9 H 15 |
Allocution douverture par le Dr Christian VASSEUR, psychiatre, psychanalyste SPP, Secrétaire Général de lAFP. |
| 9 H 30 |
Sous la présidence
de Christian VASSEUR : Dr Jacques DUFOUR, psychiatre, chef de service
CHS de Bassens,
Chambéry, psychanalyste SPP : " La Trithérapie du
patient psychotique ". |
| 11 H | Pause. |
| 11 H 30 | Table ronde et Discussion avec la salle, animées par les Drs J. DUFOUR, C. LAMOTHE, C. VASSEUR. |
| 12 H 30 | Déjeuner sur place. |
| 14 H |
Deux Exposés
cliniques : " Quand la crainte de leffondrement est du côté
du thérapeute ". |
| 15 H | Table ronde et Discussion avec la salle, animées par les Drs J. DUFOUR, C. LAMOTHE, C. VASSEUR. |
| 16 H 15 | Clôture des travaux. |
Renseignements
et inscriptions (300 F) auprès du secrétariat AFP : 147, rue Saint
Martin - 75003 PARIS
Tél
: 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
| Comité dorganisation : Dr Christophe AIMO, Dr Chantal ARTINIAN, Dr Françoise BOURGEOIS, Dr Catherine DELÉAGE, Dr Catherine GAUTHEY, Dr Danièle GUILLAUME, Dr Christiane KOLEDA, Dr Michel MARCON, Dr Philippe MERLEY. |
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Cette excursion sur les flancs de lAventin paraîtra au moment même où les Assemblées générales de lAFP et du SPF prendront acte de la fin de mon second mandat présidentiel, après des mandats de secrétaire général adjoint, puis de secrétaire général. Jai cru, depuis longtemps, que ce retrait marquait la fin de quelque chose ; et plus léchéance se rapproche, plus je maperçois quil nen est rien.
LAFP et le SPF continuent et continueront leur aventure : on nen a pas fini avec la promotion dune psychiatrie de qualité reposant sur les paradigmes qui étaient ceux de nos créateurs. Même dans les périodes fastes, où il ny a pas grand-chose à défendre, il y a toujours beaucoup à promouvoir, il y a toujours à élaborer, à découvrir, à formuler ou à reformuler.
Et pour ma part, jai cru comme tous que jallais miraculeusement minstaller dans la position de lermite, pensif et penseur ; dans lattitude du sage, loin des sources du quotidien. Mais on ne se refait pas ; et rien (lhistoire, lentourage, le socius) ne vous autorise à vous " refaire ", en auriez-vous le goût.
Alors ! On continue à respirer, à manger, à vivre, à aimer et à se sentir " mobilisé " par tout ce qui arrive et peut arriver.
Et cest vraiment bien comme ça !
S-D. K.
Paris
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Le 18 novembre dernier à Ajaccio, Jean-Toussaint Desanti est intervenu au cours de notre Journée AFP sur la Réhabilitation. Son intervention nous aura marqués, cest le moins que lon puisse dire.
Le texte que nous présentons ci-dessous a été établi à partir de la trame manuscrite quil a bien voulu nous confier, et des souvenirs qua laissés son propos. Cette élaboration a bénéficié de ses conseils et de son concours attentifs, mais elle nest sans doute pas sans défauts ou erreurs, imputables au seul transcripteur qui espère quon voudra bien lexcuser (J-P. Rumen).
Comme chaque fois que je madresse à une assemblée comme la vôtre, composée de personnes dont je ne peux, faute de compétence, partager exactement les soucis "professionnels", soucis enracinés dans leur pratique (dans le cas présent, celle de la psychiatrie et aussi de la psychanalyse qui peut éventuellement lui être associée), chaque fois donc quil en est comme je viens de dire, il me faut user de précaution, et du moins demander à lassemblée de mexcuser. Mais de quoi ?
De mon incompétence, bien sûr, dans le domaine qui lui est propre. Mais cette demande dexcuses, je dois aussi la formuler à légard de moi-même. En quoi puis-je, moi qui ne suis ni psychiatre ni psychanalyste, ni analysé ni analysant, puis-je mautoriser à minterroger sur ce "concept" Réhabilitation qui, du moins il me semble, a acquis dans la pratique psychiatrique un sens qui lui est propre ? Alors que de la pratique en question, jignore tout, ne la connaissant que par des lectures et par conséquent pas du tout dans son effectivité, nayant jamais eu affaire dans un souci explicitement thérapeutiqu à la demande de quelquun qui souffre ? Cest donc en toute naïveté et en me rapportant seulement à lexpérience quotidienne et à nos façons ordinaires den parler que je peux me trouver, aujourdhui, autorisé à prononcer quelques paroles au sujet de ce qui est nommé : Réhabilitation.
Je peux toutefois encore préciser que je nai rien contre lusage du mot, tel que celui que peut en faire G. Vidon par exemple. Je nai rien pour non plus. Cest donc depuis une certaine place que je vais prononcer ces quelques paroles, celle de la philosophie, et plus précisément celle de la phénoménologie. Nous tâcherons de le faire en trois moments :
1) parcourir le champ sémantique du mot ;
2) isoler le sens quil a acquis dans la pratique médicale et, plus récemment, dans la pratique psychiatrique ;
3) rechercher si ce dernier sens, dès que se trouvent mises en pratique les procédures quil appelle, nen exige pas un autre quil nous resterait à découvrir. Cest bien entendu le dernier point qui doit ici nous faire souci, les deux premiers étant simplement dordre " lexicographique ".Faisons un rappel rapide du champ sémantique que recouvre le mot. On peut extraire le sens quil a pris dans la pratique médicale : rendre quelquun à nouveau capable de Bref retour à lorigine :
a) re est un préfixe qui, quant à la prise en charge de son sens, marque une prise en charge dynamique, qui nest pas une simple répétition mais une nouvelle effectuation de son sens dans une situation qui nest pas nécessairement prévisible ou fixée ;
b) hab, habeo : racine latine, tenir fermement en main : se trouve dans les langues indo-européennes du groupe italo-celtique ;
habere : tenir en main ;
habitatio : le site où lon sinstalle et dans lequel on se tient ;
habitere : se tenir dans le site ;
habitudo : installation dun sujet dans la façon dont il se tient ;
habilitatio : cest un hapax dans tout ce qui nous est parvenu des textes latins (du temps où la langue était encore vivante) : le seul exemple se trouve dans Cicéron et on peut donc penser que le mot a été fabriqué par lui sans avoir jamais été repris dans lusage du latin. Le mot a été formé sur habilis : qui sait comment tenir en main.Reste la question du préfixe re qui marque une relation au passé, en vue dune exigence que seul un avenir ouvert pourra manifester. La langue latine, du temps où elle était vivante, na pas permis la préfixation des mots de racine hab par le préfixe re ; on usait de périphrase dans ce cas. Mais les langues romanes issues du latin ont autorisé la formation de ces mots : réhabiliter, réhabilitation. Et cest le mot rehabilitation, conforme à son origine latine, qui est passé dans lusage anglo-saxon : rehabilitation désigne en ce sens lenchaînement des actes par lesquels on rétablit quelquun dans ses capacités (désirer, penser, parler, travailler.., etc.). Nous allons donc réfléchir au sens du mot réhabilitation, conformément à ce que nous indique son origine latine "habere" : tenir en main et se tenir comme tenant en main, ou encore occuper le site où lon se tient comme tenant en main. Le préfixe porte lindication dun rapport inébranlable de ce site au temps, tel que le vit celui qui se tenant en main peut "perdre la main" qui tient et ne plus se tenir soi-même. Si nous interprétons donc le mot "réhabilitation" en fonction de lorigine à laquelle il renvoie, nous obtenons à peu près ceci : enchaînement des actes par lesquels un sujet qui a perdu la fermeté de sa main et, par suite, la familiarité de son site habitable (qui par là ne se tient plus, au point que lui, lhabitant, y devient comme étranger à soi-même et absent de sa propre vie), apprend à retrouver une autre fermeté qui le tient et un site qui peut encore se tenir pour quil sy tienne soi-même comme sujet. Prise en ce sens conforme à lorigine, toute réhabilitation, pour peu quelle ait à se déployer dans le cours dune vie singulière est essentiellement dramatique : cela veut dire quelle se constitue par étapes comme une dramaturgie.
Et cest sur ce caractère que je vous demande de mautoriser à insister encore un peu de temps... Une dramaturgie met en scène (donne à entendre et à voir) une trame qui comporte en son déroulement un ou plusieurs moments de crise dans lesquels des personnages saffrontent. À cela, il convient (et la chose est essentielle) dajouter le texte du drame qui est mis en scène. On pourrait longuement développer cette métaphore de la réhabilitation comme dramaturgie. Bien sûr, je ne le tenterai pas ici. Permettez-moi simplement dindiquer le point vers lequel je voudrais me diriger, et que jindique demblée : ce que nous nommons un "sujet" est toujours en situation de réhabilitation relativement à soi-même : et selon des modes divers, et à des degrés divers, la traversée de ces situations de réhabilitation exige la parole dun autre "sujet" parlant. Encore convient-il de bien sentendre sur ce quon peut nommer un "sujet". Et, pour cela, revenons un instant à la métaphore de la réhabilitation comme dramaturgie. Et posons-nous la question : où est le texte ? Comment désigner la scène où le drame se joue ? À qui ce drame se donne-t-il à voir ? Comment désigner ses personnages ?
Si nous continuions à nous laisser guider par le sens propre et premier de " réhabilitation ", nous serions tenté de dire que le drame est à trois personnages :
- la main qui tient et se tient,
- le site habitable qui se tient du fait même que la main se tient,
- le temps qui exige que la main et le site aient à se tenir et à tenir ensemble.
Cela semble aller de soi, et cest pourtant là que les difficultés sannoncent si, du moins, nous voulons conserver à la réhabilitation son caractère de drame. On pourrait en effet chercher la place du sujet du côté de la main qui tient, étant bien entendu que "main" est purement métaphorique et a de multiples sens : acte-intention, volition, etc., ou encore, pour paraître tout résumer : "centre monadique de décision". Nous avons ainsi affaire à trois personnages : la main, le site que cette main tient et qui de fait semble se tenir, et le temps qui rassemble les deux (main et site) et ne peut les rassembler quen les séparant. Si nous nous engageons demblée dans cette voie, nous allons au-devant de grandes difficultés "philosophiques" qui vont nous conduire tout droit vers quelque métaphysique : dautant que la question que pose la "dramaturgie" de la réhabilitation exige que lon se demande où est la scène. Où tout cela se passe-t-il, où se tient le texte de la pièce ? Or ni la main, ni le site habitable, ni le temps (comme rassemblement et dispersion), ne désignent à eux seuls le lieu du "sujet". Cest de leur relation mobile quun sujet advient : et en tant quil advient, il est toujours pris dans la trame qui le constitue dans la mobilité des trois : main, site et temps. Si bien que ces trois termes ne se soutiennent que de cela même qui les menace : la mobilité de la relation qui les rassemble. Ce qui veut dire que la place du sujet exigé est toujours déplacée : il nest jamais là où il croit quil réside. À vrai dire, il ne réside pas : il est sans domicile fixe, et en quête dhabitat, mais nul habitat ne sera pour lui le lieu de loubli et du repos sous peine de nêtre plus alors un "sujet".
Reste la question du texte dont la dramaturgie qui est ici notre thème donne la représentation. Reste aussi celle de la scène où ça se passe et se donne à voir. Du point de vue "phénoménologique" où je me place (vous laurez bien deviné), cest là la question la plus difficile qui soit et sa mise en uvre exigerait de longues recherches. Permettez- moi cependant quelques remarques sur ce point.
De quoi est-il question au fond dans toute cette affaire ? De cela même que nous avons appris à nommer "sujet". Nous lavons appris de ce côté du monde où nous vivons, dans la remémoration de nos philosophies, mais à partir cependant dun sens fort ancien et que nous tenons des Grecs. Il me semble nécessaire dy revenir un moment : "sujet", "subjectum", "hypokeimenon", ce qui est caché par-dessous et semble demeurer en cet état : cest un mot très courant dans la langue grecque auquel les philosophes, et Aristote principalement, ont donné une multiplicité de sens techniques : depuis le "sujet" de la proposition jusquau "sujet" du pouvoir, en passant par le "sujet" qui se nomme je du "cogito cartésien" avec tous ses avatars. Mais ces sens techniques, ne les réveillons pas. Seul me préoccupe le sens premier : couché par dessous. Ce qui se manifeste "couché par-dessous" demeure-t-il immuable ? On peut le poser immobile, mais il ne le demeure pas : le "sujet" au sens de "hypokeimenon" est furtif et fuyant, jamais pleinement déterminé. Pensons ici à ce que Platon dans le Timée appelait Chôra : le réceptacle qui à la façon dun "lieu", reçoit les déterminations que nous observons dans les choses sensibles. Ce lieu semble exercer la fonction dun "subjectum" : il se tient en dessous. Mais il nest pas immobile. La Chôra souffre de séismes et de soubresauts, "comme le matin des femmes", dit Platon. Ce quelle sauvegarde, elle le menace tout autant : et cest pourquoi les différences qualitatives ne demeurent pas toujours stables.
Retenons ce phénomène de la fuite du support. Doù vient cette fuite, dans le cas qui nous occupe (le sujet de la réhabilitation) ? De ceci, me semble-t-il : que tout corps vivant, individué, et expressif, doué de la capacité de dire et de sadresser ne se soutient que de son rapport à lAutre, dans une relation réciproque mais fondamentalement a-symétrique : il ny a jamais coïncidence au même lieu, mais un écart sans cesse creusé entre les corps parlants. Cette manière dêtre en écart des corps parlants exigerait bien des réflexions dans lesquelles je ne peux mengager. Bornons-nous à quelques remarques, utiles à notre thème "réhabilitation". Cette manière dêtre en écart est constitutive ; nul ny échappe, et sans cesse sy trouve ramené. Lécart ouvre un abîme sans fond ; il se déploie, privé de terrain où tout ce qui est de lordre de lentre-expression se déposerait et demeurerait stable et disponible. Sans cesse il se creuse, et jamais ne se comble. Pourquoi ? Je nen sais rien : cest ainsi que ça se montre. Or ce qui, se constituant en abîme, ne se comble jamais, exige dêtre recouvert. Il ny a pas décart, si minime soit-il, qui nexige son recouvrement. Le geste qui se dirige vers un objet de désir, recouvre un écart sans le combler jamais. De là cette conséquence : du fait même que, dans le cas qui nous occupe (le rapport dissymétrique de lun à lautre et de lautre à chacun), lécart se montre en abîme, il exige son recouvrement. La parole adressée et écoutée recouvre sans combler jamais. La parole mais aussi le geste, et limmobilité même, la posture du corps que lautre, qui est là (mais qui peut fort bien être absent) appréhende depuis son plan, ou peut appréhender. Pour chacun de nous, il y a toujours de lautre en écart (absent ou présent). Ainsi exigent de se constituer les chaînes signifiantes de recouvrement dabîme. Cest lespace fragile de lentre-expression (disons, pour faire bref, le champ de la parole) où chacun a à se découvrir et à tenter de se désigner comme sujet, "sujet" aussi fragile que la connexion des chaînes signifiantes qui le maintiennent et le désignent. Cest pourquoi il me faut répéter ce que je disais un peu plus haut : un sujet est toujours en état de réhabilitation ; puisquil a à se tenir et à habiter lespace mobile de connexions des chaînes signifiantes qui le désignent, dans lentre-deux en abîme de corps parlants. En abîme et, pour cela, sans cesse en état de recouvrement. Et cest dans cet écart et selon ses exigences de recouvrement que chacun va avoir à se découvrir comme sujet pour lautre, dans ce jeu circulaire incessant où se rassemble et se défait sans cesse la relation "je-tu-il-nous".
Un sujet ne se constitue que dans lunité mobile de ses déterminations où souvre un écart primordial quaucune parole ne comblera jamais, bien quelle puisse paraître le recouvrir. Le "soi" est instable : sans cesse déposé en soi-même, passif en ce sens, assujetti à lautre, sans relâche et ne découvrant ses exigences dactivité (son dire "je") quau sein de cette passivité même dont, en tant quil dit "je", il na jamais la maîtrise. Doù cette conséquence : dans cette dramaturgie de la réhabilitation, où est le texte ? où est la scène ? Il ny a dautre texte que ce qui sans cesse se dépose dans la passivité et la marque, dautre scène que celle où sinstitue et se donne à voir le déploiement de cette réciprocité asymétrique où se recouvre sans se combler jamais lécart qui sépare nos corps parlants.
Mais je crois avoir trop longtemps parlé. Permettez-moi dachever ici ce discours et de vous remercier de votre attention.
J-T. D.
Ajaccio, Paris
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A la suite de nos actions menées depuis le colloque du 23 mars 2000, et dont nos Journées Nationales 2002 seront le rappel et le prolongement, voici les derniers rebondissements.
La proposition de loi de B. Accoyer (cf. La Lettre de Psychiatrie Française) a finalement été présentée le 11 janvier au Parlement, sous forme damendement au projet de loi de modernisation sociale alors en discussion, mais a été repoussée par Madame Gillot au prétexte suivant :
"Lavis du gouvernement est défavorable. Il est nécessaire dencadrer la pratique de la psychothérapie. Des travaux sont en cours. La proposition de M. Accoyer est très restrictive puisquelle vise à réserver lexercice de la psychothérapie aux médecins qualifiés en psychiatrie et aux psychologues cliniciens. Or il est important de valider les compétences mises en évidence par les personnes qui pratiquent cette discipline. Les travaux menés actuellement sur lévolution des métiers en santé mentale, dans le cadre des protocoles des 13 et 14 mars 2000, permettront dapporter une réponse plus adéquate à la protection des usagers et à la demande des psychothérapeutes eux-mêmes. Ils seront achevés dici la fin de lété. Je demande donc le rejet de lamendement, tout en indiquant que des propositions précises seront prochainement formulées."
- Mais Madame Dominique Gillot nest plus en fonction.
- Mais le député socialiste chargé de la santé, notre confrère Claude Pigement, soppose à la proposition de loi des Verts, dite Loi Marchand.
- Mais notre confrère Henri Sztulman nous a communiqué un texte quil a travaillé avec le docteur Serge Blisko, député socialiste, pour lélaboration dune nouvelle proposition de loi reprenant celle de B. Accoyer en la prolongeant par un projet sur la formation des psychothérapeutes, et nous propose de le discuter.
- Enfin, et toujours dans le souci de mieux informer les pouvoirs publics sur le vide juridique entourant le terme "psychothérapeute", je viens danimer un Atelier sur le phénomène sectaire, lors des 4es Rencontres de la psychiatrie, avec un membre de la Commission Interministérielle de la lutte contre les Sectes et un spécialiste des phénomènes de groupe. Il a été question de la prise en charge, notamment psychothérapique, des victimes des sectes et de celle de leurs organisateurs pour qui le pseudo-statut de psychothérapeute sert décran à des pratiques humainement et légalement criminelles.
- À cette occasion des 4es Rencontres, nous avons bien entendu le discours de Bernard Kouchner : "Secouez-vous, les psychiatres !", nous a-t-il dit. Fortes et sympathiques paroles mais voilà, nous ne sommes pas responsables et encore moins coupables des lois et des vides de lappareil juridique français (dont témoigne le dernier Rapport de la Cour des Comptes). Par contre, nous sommes certainement des "veilleurs de la société", ainsi que le même Ministre nous qualifiait précédemment lors des 3es Rencontres.
- Au sujet des psychothérapies, de leur encadrement, de leurs dérives et de leurs risques de récupération par les sectes, nous avons "veillé", travaillé, et averti au plus haut niveau les pouvoirs publics : ils sont et seront entièrement responsables de la suite. Si léducation* et lencadrement des personnes souffrantes et des jeunes en difficulté, le soin psychothérapique, doivent rester ouverts à la connaissance, leur pratique quant à elle nécessite de sen donner les moyens en devenant un soignant qualifié en psychopathologie et formé à diverses techniques de soins. Tout un programme et... toute une vie !
C. V.
Secrétaire Général AFP* Les récents démêlés dune des têtes de file du mouvement des Verts, supporter de la proposition Marchand, confirment sil en était besoin la gravité des choses.
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1) Journée de grève des PH Temps partiel
Rassemblement le jeudi 22.03, à 14 H, devant le Ministère de la Santé : 8 avenue de Ségur - 75007 Paris2) Poursuite de la grève des gardes et astreintes jusquà lAssemblée générale du 26.03
3) Assemblée générale : lundi 26 mars,
à 21 Hà Sainte Anne : 100 rue de la Santé - 75014 ParisDepuis le 11 décembre, le Ministère est resté silencieux sur nos revendications :
- Lengagement dabrogation du quinquennat, mesure symbolique promise pour janvier, na pas été tenu
- Aucune rencontre ne nous a été proposée pour létude de nos revendications essentielles : la retraite complémentaire et la protection sociale.
- Rien non plus à propos de la prime dexercice public.
- Quant à la circulaire pour la reprise dancienneté aux collègues ex-vacataires, son application nest toujours pas effective.
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Cet article qui, pour des raisons dédition, est rédigé fin février ne tient donc pas compte des événements survenus ultérieurement.
1. MÉDECINE DE VILLE et " GRENELLE DE LA SANTÉ "
Grandes manuvres, effets de manches et "non-événement".
- La réunion de concertation sur la médecine de ville ("Grenelle de la santé"), tenue le 25 janvier à linitiative dElisabeth Guigou, a été largement décriée par les syndicats médicaux : la CSMF a annoncé quelle ny participerait quavec circonspection, le SML a affirmé quil ny siégerait pas. Avec les syndicats de salariés autres que la CFDT, tous deux dénoncent le temps perdu alors que les propositions des uns et des autres sont connues depuis longtemps, et ils accusent le gouvernement de manuvre dilatoire à lapproche des élections municipales.
- La " Mission de concertation " qui en est issue, composée de quatre "sages" (un expert des questions sociales, un spécialiste de la planification, une économiste de la santé et le Président de lOrdre des Médecins dont la nomination est très critiquée par les syndicats de médecins qui estiment quil ne peut être juge et partie), dispose de quelques mois pour faire des propositions concrètes sur la régulation des dépenses, le système conventionnel, la reconnaissance des missions "hors soins", la démographie médicale et les compétences médicales (évaluation et FMC). Ce projet rappelle les "groupes Stasse" mis en place il y a trois ans, et dont on sait quel fut leur triste destin.
- Dans le même temps, les Caisses font des offres douverture au corps médical, affirmant leur opposition au mécanisme des "lettres-clés flottantes", leur préférence pour un dispositif privilégiant "lutilité et la qualité des soins" et la "responsabilité individuelle" reposant sur des critères médicaux (références médicales opposables, recommandations de bonnes pratiques), et pour un système conventionnel à deux étages :
- un "règlement minimal" qui serait commun à toutes les professions de santé avec obligations réduites (respect des tarifs) et avantages réduits ;
- des conventions individuelles qui prévoiraient des "avantages et des obligations équilibrées" pouvant sadapter aux "aspirations diversifiées" des professionnels de santé.
En somme, beaucoup de propositions éloignées du " plan stratégique " initial et rejoignant certaines des demandes du corps médical. Bizarre...
- Le " G7 ", composé des trois syndicats médicaux contestataires (CSMF, SML et FMF qui, ensemble, représentent 75 % des médecins) et de quatre centrales syndicales de salariés siégeant à la CNAM (FO, CGT, CFTC, CFE-CGC), poursuit ses travaux sur la " refondation partenariale " (quil compte publier fin mai), et dénonce le "Grenelle de la santé" comme un non-événement. Les quatre centrales de salariés dénoncent de leur côté les propositions faites par la CNAMTS en contestant leur légitimité, ainsi que celle de son Président J-M. Spaeth, parce quelles nont pas été avalisées par son Conseil dadministration.
- MG-France et la CFDT ont pris linitiative dune réunion commune, fin février, afin de travailler à une "réforme du système de soins". Nul doute que leur but est de constituer un front commun des signataires de la convention des généralistes contre linitiative du "G7".
- De son côté, le MEDEF annonce vouloir entamer des discussions avec les syndicats de salariés sur la réforme du système de soins. À suivre...
- Et enfin, le Centre national des professions de santé (CNPS) annonce une Journée de manifestations des professionnels de santé pour le 8 mars. A lheure où nous éditons, les modalités nen sont pas encore précisées, si ce nest quil sagira essentiellement de démarches locales effectuées par les instances syndicales auprès des organismes concernés par la santé.
2. UN NOUVEAU THÈME : LA RESPONSABILITÉ INDIVIDUELLE
Gouvernement, syndicats médicaux et G7, CNAMTS, économistes de la santé, tous saccordent pour dénoncer "la responsabilité collective" pénalisante pour les "bons praticiens" et inefficace au plan comptable, et pour évoquer dune voix unanime les vertus de la nécessaire "responsabilisation individuelle" des professionnels de santé. Mais peut-être les intentions des uns et des autres ne sont-elles pas les mêmes, et tous ne parlent-ils pas de la même chose ! Alors, attention aux amalgames trop tentants, car ce qui peut ressembler à un accord unanime pourrait se retourner dangereusement contre les médecins : la responsabilité individuelle des praticiens dans le domaine de la qualité des soins na pas grand-chose à voir avec celle dans le domaine comptable, ni encore avec celle du conventionnement individuel. Sans parler de la responsabilité individuelle des médecins lorsquils sont poursuivis bien quayant respecté des recommandations de bonnes pratiques, et de sa délégation éventuelle à la CNAM qui se proposerait de se substituer au médecin lors de procès en responsabilité civile. Si la responsabilité individuelle est certainement source de qualité, et mérite quon y réfléchisse, il ne faudrait pas pour autant croire que la qualité des soins est automatiquement source déconomies, car rien nest moins sûr !
3. STATISTIQUES ET INFORMATIONS ECONOMIQUES
- Laugmentation denviron 5,9 % des dépenses dassurance-maladie en 2000 est donc nettement supérieure aux 2,5 % acceptés à lorigine par le Parlement. Quant aux soins de ville, ils enregistreraient une augmentation de 7,7 %, soit un passement de lordre de 17 milliards par rapport à lobjectif fixé (remboursement des médicaments : + 11,8 %, honoraires : + 5 %).
- Lobjectif de dépenses (ONDAM) pour 2001 est déjà sérieusement compromis puisquil se basait sur une augmentation de 3,5 % par rapport aux dépenses 2000, mais estimée depuis à 5,9 % par la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Ainsi celles-ci ayant été sous-estimées, lobjectif 2001 ne correspond plus, en fait, quà une hausse de 2 % ; autant dire quil sera impossible à respecter ! Quen sera-t-il alors du prochain rapport déquilibre que la CNAM devait présenter en février ? Avec quelles conséquences ?
- Décembre 2000 : statistiques des dépenses remboursées 2000/1999 (trois régimes)
Honoraires PrescriptionsOmnipraticiens + 5,1 % + 9,0 %Psychiatres + 3,9 % + 11,9 %Neuropsychiatres - 9,7 % - 2,7 %Neuropsychiatres + Psychiatres + 2,3 % + 9,8 %Ensemble des spécialistes + 4,3 % + 11,1 %Ces chiffres confirment pour lannée 2000 une progression de la masse des honoraires des psychiatres et neuropsychiatres, et donc de leur activité de consultation, qui nest que la moitié de celle de lensemble des spécialistes, et une progression un peu moindre de la masse des prescriptions.
- Par rapport à 1998, lannée 1999 a été mauvaise pour les revenus des psychiatres, comme en témoignent les chiffres ci-dessous :
Recettes Charges Bénéfices RevenusSecteur 1 - 1,2 % + 5,71 % 351 460 F - 2,65 %Secteur 2 + 1,78 % + 5,33 % 354 713 F - 1,57 %
- Revenus des médecins : une enquête de la CNAM confirme que les honoraires des médecins de plus de 55 ans ont tendance à diminuer.
4. TÉLÉTRANSMISSION
Nous continuons au SPF à nous associer à la politique des syndicats horizontaux, et notamment la CSMF à laquelle nous adhérons, en résistant à la mise en route de la télétransmission tant que persisteront les conditions actuelles qui sont inacceptables tant au plan du non-partage des informations quà celui dune indemnisation insuffisante. Si nous abandonnions cette position, nombre de nos confrères pourraient nous reprocher, dici quelques mois ou années, davoir cédé, en leur défaveur. Jusquil y a peu, les Caisses ont essentiellement tenu à faire pression et à récupérer la prime à linformatisation auprès des praticiens qui refusent la télétransmission, et certains confrères ont ainsi reçu le titre exécutoire de remboursement adressé par la CNAMTS. Nous leur déconseillons de contester ce titre exécutoire auprès du tribunal administratif car cela entraînerait une procédure longue, lourde, coûteuse, dont les chances daboutir favorablement sont faibles, et parce que les frais de ce remboursement obligatoire étant compensés (par le cumul de deux années dintérêt bancaire dune part, et par leur déduction fiscale lors de la prochaine déclaration de revenus dautre part), ils ne devraient tourner quautour de 200 F. Ces collègues se retrouvent donc maintenant dans la situation de la majorité des confrères qui ont préféré ne pas accepter la prime à linformatisation et qui ne télétransmettent pas. Par ailleurs, et cest nouveau, certaines Caisses interpellent des praticiens nayant pas accepté la prime et ne télétransmettant pas, en mettant en avant lobligation inscrite dans le règlement minimal conventionnel depuis août 1999, et faisant état de ses articles 17 et 18 pour menacer dune suspension de la participation à la prise en charge des avantages sociaux, pour une période de trois mois renouvelable. Alors que les discussions en cours avec les syndicats horizontaux nont toujours pas abouti, il sagit là dune nouvelle pression devant laquelle nous avons pris conseil auprès de services juridiques sur les possibilités de recours. Mais il ne saurait être question de conseiller à nos adhérents dadopter une position "jusquau-boutiste" qui risquerait de les mettre individuellement dans une situation intenable à terme, soit financièrement soit conventionnellement, et nos consignes sadapteront donc en fonction des situations individuelles. Il faut que nos adhérents nous tiennent informés au cas par cas.
5. INFORMATIONS DIVERSES
- Réforme de la nomenclature, toujours en panne : le mandat de lactuelle commission de la nomenclature, arrivé à échéance le 31 décembre, na pas été prolongé, ce qui à la fois crée un vide juridique et empêche de mener à terme les réformes en cours, notamment lactualisation de la nomenclature.
- Cour des Comptes : dans son Rapport public 2000, la Cour des Comptes met en évidence de très fortes inégalités régionales dans la répartition de loffre de soins en psychiatrie. Si elle se félicite de la diminution du nombre de lits en hospitalisation complète (- 20 % en six ans), elle dénonce par contre le surnombre persistant en CHS ainsi que " le développement disparate des alternatives à lhospitalisation " et une importante inégalité dans la répartition des psychiatres selon les régions. Elle émet par ailleurs le souhait dune meilleure collaboration entre libéraux et hospitaliers, par le biais dorganisation de réseaux.
- Démographie psychiatrique : taux de croissance annuel moyen, de 89 à 99 : 2,5 % ; de 98 à 99 : 0 %.
Effectif de l'ensemble des neuropsychiatres et psychiatres actifs Variation des effectifs entre 98 et 99Neuropsychiatres 828 -11,3 %Psychiatres 10 213 -0,2 %Psychiatres ayant loption "enfants-adolescents" 1 185 +11,9 % TOTAL 12 226
6. ÉLECTIONS DU FUTUR CONSEIL SYNDICAL
Parmi les 72 candidats qui proposent leur candidature aux élections en cours pour le mandat 2001-2003 du Conseil, 32 sont nouveaux. Félicitations à tous et bienvenue à ceux qui seront nouveaux promus ! La nouvelle équipe sera mise en place lors du premier Conseil du 25 mars. Merci par avance à tous ceux qui accepteront des responsabilités, et bon courage à tous...
P. S.
Secrétaire Général SPF
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Epreuves daptitude à la fonction de praticien adjoint contractuel (PAC). Infléchissant sa position initiale, le Ministère a pris le 01.02.01 un arrêté modifiant celui du 22.05.00, et requérant pour la discipline Psychiatrie que les candidats à la fonction de PAC soient titulaires du DES, ou du CES, ou du DIS, ou bien encore (à titre dérogatoire) de trois ans au moins de services effectifs en qualité de psychiatre dans le service spécialisé dun établissement public, avant la date du 01.01.99. Il nous semble important den informer nos collègues concernés (NDLR).
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Il y a un an, nous avions rappelé les préoccupations de différentes associations, dont le SPF et la LDH (cf. LLPF N° 93), concernant la mention des éléments dordre médical justifiant une interruption du travail, et des risques que celle-ci faisait courir au secret médical. Larrêté ministériel du 03.08.00 (J.O. 12.08.00 : qui a dit que les administrations étaient paralysées par la torpeur estivale ?) a officialisé cette mesure, et les Caisses ont adressé dès janvier un modèle du nouvel imprimé, qui sera accompagné dune petite enveloppe bleue destinée au Médecin-Conseil, ce que la CPAM des Alpes-Maritimes appelle "un nouveau circuit mis en place dans le cadre de préservation du secret médical". Dont acte. Ces dispositions sont dapplication immédiate, précise la lettre, et nous rappellerons le conseil de Pierre Staël, de mentionner : "Incapacité temporaire de travail pour troubles psychiatriques" (cf. LLPF N° 101), ce qui est déjà une stigmatisation possible, mais pas davantage que le tampon portant notre spécialité, nous objectera-t-on... En réalité, il mest arrivé dutiliser exceptionnellement un tampon sans mention de spécialité, le numéro didentification faisant alors foi.
Tout ceci est justifié par la chasse aux "faux malades" et aux abus, comme pour le trop fameux "nomadisme médical". À cet égard, il est intéressant de citer le Bulletin de lOrdre des Médecins doctobre dernier, qui expliquait ces mesures, mais citait aussi une statistique de la CNAM en 1994, où il apparaissait que le taux darrêts de travail contestables sur le plan médical était de 1,5 à 6 %, "selon le caractère plus ou moins strict des critères utilisés". Autrement dit, rappelons avec lOrdre que ce taux est faible, et que ces mesures "secréticides" vont sappliquer à une immense majorité de personnes légitimement arrêtées pour maladie, en vertu de cet ignoble théorème hélas souvent vérifié dès lenfance, que les "bons" paient pour les "moins bons"...
Mais il y a plus. En octobre dernier, la CPAM des Alpes-Maritimes, toujours "en réaction à certaines dérives constatées", attirait lattention des prescripteurs sur leur responsabilité quant aux heures de sortie réglementaires et au départ hors circonscription. La mention "sorties libres" nest plus suffisante, il faut établir un certificat médical circonstancié, et en faire état par la mention "CMC joint" sous la rubrique "sorties autorisées". Pour la sortie hors circonscription, si elle est "nécessaire dans un but thérapeutique", laccord préalable de la Caisse est requis, alors que jusquà présent en pratique, pour se rendre dans un autre département, un certificat joint à larrêt de travail et une adresse de visite étaient réputés suffisants, seul un départ à létranger imposant dattendre une réponse.
Toutes ces dispositions indiquent incontestablement un resserrement de létau administratif liberticide autour des patients et de leurs médecins, et toutes les personnes souffrant de dépression, d'inhibition, dagoraphobie, de clinophilie ou dapragmatisme, apprécieront sans doute que leurs premiers pas au-dehors soient entourés dune telle sollicitude...
J-Y. F
Nice
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Pour votre information, voici les recommandations de lAgence Nationale dAccréditation et dEvaluation en Santé (ANAES) destinées aux médecins (NDLR).
I. PRÉAMBULE
Lobjectif des recommandations est de proposer au médecin une aide dans la manière de dispenser à chaque patient une information pertinente et de qualité, tout au long du processus de soins, en tenant compte des besoins propres de ce dernier et du respect dû à sa personne.
Linformation donnée par le médecin au patient est destinée à léclairer sur son état de santé, à lui décrire la nature et le déroulement des soins et à lui fournir les éléments lui permettant de prendre des décisions en connaissance de cause, notamment daccepter ou de refuser les actes à visée diagnostique et/ou thérapeutique qui lui sont proposés.
Linformation est un élément central dans la relation de confiance entre le médecin et le patient, et contribue à la participation active de ce dernier aux soins.
Les présentes recommandations ont pour but de permettre au médecin de satisfaire à son obligation dinformation, dans le respect des règles déontologiques et des dispositions légales relatives aux droits des patients.
Elles portent sur le contenu et les qualités de linformation à délivrer, sur ses modalités, sur la mise en cohérence de linformation, sur les qualités requises des documents écrits et sur les critères permettant dévaluer la qualité de linformation donnée.
Elles ne traitent pas délibérément la question des modalités de preuve de linformation donnée au patient.
Eu égard à la complexité des règles existantes, elles nabordent pas non plus les situations de droit (personnes incapables mineures et majeures) qui impliquent des modalités particulières de délivrance de linformation.
Enfin, elles nabordent pas les situations de fait où il nest pas possible de donner linformation à la personne soit parce que les circonstances ne le permettent pas, soit parce que cette dernière ne souhaite pas la recevoir.
II. LE CONTENU ET LES QUALITÉS DE LINFORMATION
Linformation concerne létat de santé du patient et les soins, quil sagisse dactes isolés ou sinscrivant dans la durée. Elle doit être actualisée au fil du temps.
Linformation, outre bien évidemment les réponses aux questions posées par le patient, doit prendre en compte la situation propre de chaque personne. Elle porte tant sur des éléments généraux que sur des éléments spécifiques :
- létat du patient et son évolution prévisible, ce qui nécessite des explications sur la maladie ou létat pathologique, et son évolution habituelle avec et sans traitement ;
- la description et le déroulement des examens, des investigations, des soins, des thérapeutiques, des interventions envisagés et de leurs alternatives ;
- leur objectif, leur utilité et les bénéfices escomptés ;
- leurs conséquences et leurs inconvénients ;
- leurs complications et leurs risques éventuels, y compris exceptionnels ;
- les précautions générales et particulières recommandées aux patients.
Que linformation soit donnée oralement ou avec laide dun document écrit, elle doit répondre aux mêmes critères de qualité :
- être hiérarchisée et reposer sur des données validées ;
- présenter les bénéfices attendus des soins envisagés avant leurs inconvénients et risques éventuels, et préciser les risques graves, y compris exceptionnels, cest-à-dire ceux qui mettent en jeu le pronostic vital ou altèrent une fonction vitale ;
- être compréhensible.
Au cours de cette démarche, le médecin sassure que le patient a compris linformation qui lui a été donnée. Il indique la solution quil envisage en expliquant les raisons de sa proposition.
III. LES MODALITÉS DE LINFORMATION
III.1. La primauté de linformation orale
Le dialogue quimplique linformation nécessite quelle soit transmise oralement.
Linformation orale est primordiale car elle peut être adaptée au cas de chaque personne. Il est nécessaire dy consacrer du temps et de la disponibilité, et, si nécessaire, de la moduler en fonction de la situation du patient. Elle requiert un environnement adapté. Elle sinscrit dans un climat relationnel alliant écoute et prise en compte des attentes du patient. Elle peut nécessiter dêtre délivrée de manière progressive.
Lorsque la personne est étrangère, il est recommandé de recourir si besoin à un traducteur.
III.2. Linformation écrite : un complément possible à linformation orale
Lorsque des documents écrits existent, il est souhaitable qu'ils soient remis au patient pour lui permettre de s'y reporter et/ou d'en discuter avec toute personne de son choix, notamment avec les médecins qui lui dispensent des soins.
La fonction du document dinformation est exclusivement de donner au patient des renseignements par écrit et ce document na pas vocation à recevoir la signature du patient. De ce fait, il ne doit être assorti daucune formule obligeant le patient à y apposer sa signature.
IV. LA MISE EN COHÉRENCE DES INFORMATIONS
Chaque médecin informe le patient de lensemble des éléments relevant de sa discipline, en situant ces derniers dans la démarche générale de soins. Il ne doit pas supposer que dautres que lui ont déjà donné cette information.
Il est recommandé que le patient puisse bénéficier dune synthèse des données médicales le concernant, et cela à plusieurs étapes de sa prise en charge, en particulier sur la conduite diagnostique initiale, puis sur les thérapeutiques possibles et celle qui est envisagée, enfin sur son pronostic à court, moyen et long terme. Il est recommandé que cette synthèse soit effectuée par un médecin unique.
Il est recommandé que le dossier médical porte la trace des informations données au patient pour permettre à léquipe soignante ou à un autre médecin den prendre connaissance dans le but de favoriser la continuité des soins.
V. LES QUALITÉS REQUISES DES DOCUMENTS ÉCRITS
Pour assurer la qualité de linformation contenue dans les documents écrits diffusés au patient, il est recommandé que cette information :
- soit hiérarchisée, repose sur des données validées, et présente les bénéfices attendus des soins envisagés avant lénoncé des inconvénients et des risques éventuels. Elle doit préciser les risques graves, y compris exceptionnels. Elle doit indiquer les moyens qui seront mis en uvre pour faire face aux complications éventuelles, ainsi que les signes dalerte détectables par le patient ;
- soit synthétique et claire, sachant que le document remis au patient ne devrait généralement pas excéder quatre pages ;
- soit compréhensible pour le plus grand nombre de patients, ce qui implique de soumettre pour avis les projets de documents à des patients, notamment par lintermédiaire de leurs associations, voire même de les faire participer à leur élaboration. Il sagit de sassurer que les informations sont comprises, sinon de les modifier en conséquence ;
- soit validée, par exemple par les sociétés savantes, selon des critères de qualité reconnus (par exemple, critères de qualité des recommandations professionnelles utilisés par lANAES).
Les documents écrits doivent porter lindication que le patient est invité à formuler toute question quil souhaite poser.
Il est souhaitable dans une étape ultérieure de rédiger des fiches dinformation dans les principales langues étrangères parlées en France.
Lutilisation de supports par vidéo ou multimédia peut compléter utilement linformation orale et écrite. Lélaboration de ces supports doit répondre aux mêmes exigences de qualité que celle des documents écrits.
VI. LÉVALUATION DE LINFORMATION DONNÉE
Linformation donnée aux patients doit être évaluée.
VI.1. Évaluation de la satisfaction des patients
La satisfaction des patients à légard de linformation orale et des documents écrits doit être appréciée. En particulier, il faut en tenir compte dans lactualisation des documents existants et dans lélaboration des nouveaux documents.
VI.2. Évaluation des pratiques
Une évaluation régulière des pratiques mérite dêtre mise en place. Elle est fondée :
- sur des enquêtes auprès des patients afin de savoir si linformation leur a été donnée et de quelle manière ;
- sur lanalyse rétrospective des dossiers médicaux afin de vérifier, entre autres, que linformation y figure.
VI.3. Évaluation de la qualité des documents écrits
Lévaluation doit porter sur :
- la méthode délaboration (en particulier la méthode utilisée pour apprécier la compréhension par les non-médecins des documents rédigés) et le contenu scientifique des documents dinformation ;
- la possibilité didentifier les rédacteurs de linformation (société savante, établissement, service, etc.) et la date à laquelle celle-ci a été établie.
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En lançant au mois de juin votre livre dans la grande bataille de la publication, vous ne pensiez sans doute pas, cher Xavier Hanotte, que vous attendait, derrière la colline..., le jury de lAssociation française de psychiatrie et cependant aujourdhui, dans laprès-coup, la "Charles Brisset Cross" nous paraît vous avoir été de tout temps destinée. La déesse casquée de quelque Olympe avait si bien agencé cette "Tucke" heureuse rencontre que, dans le temps de notre délibération, paraissait à Paris un bel article de "Carlo Ginsgsburg" illustré d'une affiche de 1914 où pointant le citoyen britannique de son index Lord Kitchener proclame : "Votre Roi et votre pays ont besoin de vous !" À une telle injonction, les personnages de votre livre répondent en sengageant pour une longue, très longue marche au supplice. "Its a long way"..., et votre roman semble, après la bataille, nous renvoyer la terrible image : lindex pointant les survivants du massacre de la Somme ; la bouche du soldat mourant leur murmurerait alors : "And you ?" |
Devoir de mémoire, responsabilité, culpabilité, cela concerne le héros et le transforme en jardinier de "lAncre british cimetery" où le nom de lami se lit sur le "memorial", et cela touche au vif le lecteur..., chacun de nous..., alors même que la remise du prix Charles Brisset vient conclure cette année-ci une réunion préoccupée hasard propice de la responsabilité et de la culpabilité.
Vous pouvez vous sentir des nôtres quand la lecture de votre livre réarticule si heureusement la question déthique qui nous embarrassait. Est-il coupable celui qui ne satisfait pas au service des biens ? Ou bien coupable celui qui cède sur son désir ?
Créon contre Antigone ? Souvent votre roman nous rappelle que le sujet parlant, écrivant, doit bien sassujettir aux règles du "discours-courant" pour "commercer" avec autrui, mais quil lui faut encore subvertir ce langage appris pour en faire lagent de son désir. Et certes, le romancier ne saurait se livrer tel le poète à " lholocauste des mots "..., du moins peut-il procéder comme Proust, évoqué par Bataille, à lholocauste des hommes et de leurs amours. De là, surgissent les mots du rêve ou du cauchemar.
Derrière la colline familière, vous écrivez : "Le mot sétait imposé à moi avec lévidence dune révélation. Il me semblait que je venais de linventer là, sous les étoiles, par cette nuit magique après lhorreur du jour : le Monstre."
Ce monde de "lentre-deux-morts", cest bien celui dAntigone... et, pas plus quelle, vous ne cédez sur votre désir, ô Xavier Hanotte. Vous vous risquez même parfois, au-delà des collines aimables de la prose, non seulement en citant Wilfred Owen (soldat mort le 4 novembre 1918, poète dont Benjamin Britten fait alterner les vers avec les strophes latines de son "War Requiem"), mais en inventant Nicholas Parry : Ce qui était perdu... Poèmes retrouvés, édition 1920, traduction Barthélemy Dussert.
Je laisse la surprise au lecteur de découvrir le véritable Nicholas Parry et de retrouver en Barthélemy Dussert linspecteur de police de vos précédents romans, qui traduisait déjà Owen entre deux enquêtes. Dans Holland Park ou du côté de chez Bérénice, les mots saventurent ainsi dans les jardins de la poésie.
Vos héros aiment les fleurs et nous aimons votre livre pour la qualité de lécriture et la qualité de la scénographie. Nous rappellerons ici que, pas plus que les fondateurs du prix littéraire Charles Brisset, nous ne considérons cette distinction comme apanage de livres qui entrebailleraient les portes de quelque maison de fous ou plongeraient le regard dans quelque "fosse aux serpents".
La psychiatrie est, pour nous, dabord connaissance de lhomme, étude, analyse, guidant le soutien et le soin que nous devons à la souffrance morale, à langoisse, au doute, aux dérèglements si pénibles et souvent dramatiques de lEsprit. Et nous savons, tout comme Freud héritier de Sophocle, de Shakespeare, mais aussi de Ludwig Börne, quune belle fiction peut nous apprendre plus sur le cur de lhomme que bien daustères ouvrages étiquetant les savoirs sur des planches dentomologie.
Ainsi votre livre renouvelle-t-il certains thèmes qui sont aussi des motifs insistants dune psychiatrie humaniste.
Le thème de lApocalypse est au centre de luvre. Il rejoindrait la citation quen fait Lacan dans ce difficile chapitre "Les paradoxes de léthique", où saffrontent Créon et Antigone. Il évoque encore cette "fin du monde" qui, daprès Freud, prélude au délire de Schreber, mais prélude tout aussi bien chez Artaud à la "Révolution du langage poétique". Il évoque la fin du monde familial de Proust, que vous aimez, et ses carnets 1908 où samorce la création dune uvre immense. Et si votre écriture na rien de proustien grâce à la déesse, elle est Vôtre on y retrouve cependant la Recherche du temps perdu.
De son uvre, Proust construit un mausolée où il enfouit et honore ses morts. Le Mausolée, vous lérigez dès les premières pages dun livre qui se clôt sur une carte des cimetières des héros anglais de la "Grande Guerre". Et vous savez suggérer que léchelonnement de ces vastes nécropoles se déploie en bordure de leffondrement dune prestigieuse Europe, fin du "beau monde de Proust, fin de la Haute culture de la Vienne de Freud, fin dune certaine Angleterre...". De cet écroulement vous créez, à votre tour, une uvre et qui vient nous rappeler notre étude sur les ressorts de la création : "Détruire, construire, habiter " avec, en sous-titre, " Demeures dexil ou sublimation sans domicile fixe". Votre héros nest-il pas en exil ?
- exilé de son premier amour : Bérénice - Beatrice...,
- exilé dune patrie,
- exilé dune part de lui-même.
Il crée une "demeure des vivants" avec Jacqueline, avec son fils Pierre à qui est dédiée cette Quête du temps perdu.
Il crée autour des demeures des morts un rayonnement botanique, une floraison qui vit, qui pousse, qui ravit. Il crée (est-ce bien lui ?) une uvre poétique balbutiante et fleurie...
" ... les jardins débordent
De gardénias blancs en rang
De claire dentelle : et dans le ciel
Les nuages pourtant immobiles, tels des badauds... "Et vous créez un style, une manière de dire qui ferait penser à la longue glane étymologique de Freud encore lui à propos du Heim, du home de lintime basculant soudain en quelque Unheimlich... Etrange familier... de la vie des tranchées.
Inquiétante poésie quon entrevoit dans lembrasure des ruines de maisons, déglises de village entourées de leurs cimetières. Là, "couché sur un monticule de terre retournée, un angelot joufflu pleurait des larmes de faïence et de rosée. Elles ne coulaient pas dans le même sens. Les vraies allaient se perdre dans la boue."
Onirisme de l"entre-deux-morts" derrière la colline.
Fantastique : "Autour du Monstre et du village, à travers les couronnes noires des arbres, le vent poursuivait ses cavalcades silencieuses."
Mais lUnheimlich, cest encore le double dont Freud découvre linquiétant et familier reflet dans les Elixirs du diable et dans Lhomme au sable de Hoffmann. De quoi rendre fou un étudiant de Gottingen !
Mais quon se rassure, le double en qui se niche le secret de votre livre, cela étonne, étourdit le lecteur mais, loin de le conduire à la folie, le rend tout heureux de sa surprise et de lhumour avec lequel vous refaites surgir in fine le perspicace inspecteur Dussert, traducteur dOwen... et de Nicholas Parry !
Merci de ce livre.
Nous remercions lalliance Solvay Pharma et Pharmacia qui soutient le Prix depuis neuf ans.
M. D.
Président du Jury
Les Membres du Jury 2000 étaient Claire Brisset, Marcel Danan, Michel Demangeat, Francis Gheysen, Jean-Louis Griguer, Annette Huguet-Humbert, Simon-Daniel Kipman, Christine Lamothe, Yves Manela, Annie Triniac, Christian Vasseur, Véronique Jamagne (Pharmacia), Sylvianne Loisy (Solvay Pharma).
Voici aussi une brève analyse de louvrage arrivé en deuxième position :
Luz ou le temps sauvage parle de lhorreur de lArgentine au temps de la junte militaire, de lhorreur de la dictature, de lhorreur des tortures et des meurtres, de lhorreur des enlèvements denfants. Il raconte, non pas la lutte maintenant bien connue des grands-mères de la Place de mai, mais la quête dun de ces bébés "disparus", quapparemment personne na recherché et qui est devenu mère à son tour. Les personnages féminins sont remarquablement forts, sarticulant autour de Luz, lenfant "lumière" qui recherche ses racines, en surmontant le poids des non-dits de lenfance et de ladolescence.
Lécriture rapide, journalistique dElsa Osorio rend son roman passionnant, à la manière dun thriller dont le lecteur a du mal à sarracher, plus représentatif encore dune société et dune époque que ne le seraient un reportage ou un article politique. Un livre à lire et à prêter, de toute urgence
A. H.
Tours
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Une jeune femme.
Elle vient de surprendre un cambrioleur dans son studio.
ELLE
Sortez dici vous me faites peur
vous navez rien à faire ici
comment vous êtes entré
jai laissé la porte ouverte je suis conne
ma mère me la toujours dit
tu es idiote ma pauvre fille
sortez dici vous me faites peur
il ny a rien à voler ici
même pas deux cents balles pour vous acheter de la drogue
cest con cest minable
pardon
je ne vous juge pas
vous faites ce que vous voulez de votre vie
moi je ne me drogue pas
pourtant ma vie est idiote
de quoi se droguer à crever
je nai pas lhabitude de recevoir des hommes chez moi
dailleurs je ne plais pas aux hommes
les hommes ne me plaisent pas
cest à cause de ma mère sûrement
elle ma toujours dit ma pauvre fille ce que tu peux être moche
cest la première fois quil y a un homme ici
je suis moche pas vrai
je suis moche
dites-moi que je suis moche
non ne le dites pas
ou alors dites-le
mais gentiment
sortez
non restez
jai du café
vous voulez du café
je suis folle de vous offrir du café
quest-ce que vous allez voler dans cette maison
il ny a rien ici à voler
je nai pas un sou
nous sommes aussi pauvres lun que lautre
pourquoi venir chez les pauvres comme moi
je suis pauvre de tout comme de moi
si vous êtes gentil vous pouvez rester
mais promettez que vous serez gentil
je suis moche mais vous serez gentil
vous êtes gentil
quest-ce que vous écoutez comme ça à la porte
vous avez été surpris
cest ça
vous avez été surpris à côté en train de voler
et vous êtes venu vous planquer ici
mais vous navez rien à faire ici
prenez un café et partez
ou alors un crocodile
jai des crocodiles
je les adore
je les mange
surtout le ventre et les pattes
cest boncest sucré
vous aimez les crocodiles vous
prenez-en un et partez
ou alors restez mais soyez gentil
nous mangerons des crocodiles
et dès que nous aurons
dès que nous aurons
dès que vous aurez
vous partirez
ou alors vous resterez mais vous serez gentil nest-ce pas
tenez prenez un livre et bouquinez en attendant
vous lisez un peu
cest du Nietzsche
désolée je nai que ça pour la philo vous comprenez
je passe lagrég alors Nietzsche bien sûr
ce nest pas évident Nietzsche pour vous
Nietzsche et les crocodiles cest toute ma vie
cest con pas vrai
Nietzsche et les crocodiles
et ma doudou
cest ma doudou
regardez
je ne peux pas men passer
ma mère me dit toujours que je suis complètement idiote avec ma doudou
alors
pour la faire enrager
je lui dit que jai mal aux dents
ce nest pas vrai je nai pas mal aux dents
je nai jamais eu mal aux dents
grâce à ma doudou
toute une vie
les crocodiles Nietzsche et ma doudou
et vous passez dans cette vie
et vous me faites peur
sauf si vous prenez un café
ou un crocodile
prenez un crocodile
mais laissez ma doudou tranquilleLUI
Ils sont partis
Je peux y aller
Il ne faut pas saffoler comme ça
cest trop con
merci pour le crocodile(Il sort)
ELLE
ReviensJ. T.
Lauréat du Prix Charles Brisset 1999 pour son roman Le Trou du rat (Buchet-Chastel), J. Téphany est administrateur de théâtre et auteur de nombreuses pièces et adaptations. Actuellement, il produit à Paris Le ventriloque, de Larry Tremblay, mise en scène de Gabriel Garran, au Théâtre International de Langue Française (Parc de La Villette), du 7 mars au 14 avril (réservations : 01 40 03 93 95).
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Quon ne sy trompe pas, il sagit "dimpressions" empreintes de toute la subjectivité dun psychiatre qui laisse flotter son attention au fil des discours et des échanges Eh bien oui, je ne boude pas mon plaisir, cétait formidable !
Après avoir erré un peu dans le palais des Congrès, notamment à un étage consacré au thermalisme, jai aperçu quelques visages connus qui mont semblé se rendre au même rendez-vous que moi. Jaime le côté forum de ce lieu et la promiscuité quil engendre ; il sied à ces " Rencontres " où la psychiatrie se laisse interpeller par la société civile et se met à lécoute de ses besoins. La formule navait pas changé : des conférences, des ateliers, une table ronde magistralement dirigée par une journaliste qui connaissait son métier et les enjeux du débat. Ce qui était nouveau et très bien venu , cétait le "Café littéraire" animé par nos collègues de lÉvolution Psychiatrique : il donnait aux conférenciers et aux auditeurs la chance dune autre rencontre, plus conviviale. "Convivialité" est le mot juste pour évoquer ces rencontres, sans affairisme et sans scientisme
Les organisateurs avaient convoqué la "post-modernité" pour éclairer la situation de lhomme dans la société contemporaine. Si je nai pas adhéré complètement aux propos des orateurs qui manquaient peut-être pour moi de lépaisseur humaine que nous donne la clinique, jai trouvé dans cette évocation de la difficulté à penser le futur de lhomme, matière à réflexion. Le professeur Sutter ne faisait-il pas de la perte de la capacité danticipation, le signe paradigmatique de la dépression ? Et comment, par contre, ne pas être complètement en phase cliniquement parlant avec Elisabeth Roudinesco quand elle évoque le narcissisme du narcissisme (cf. le thermalisme de létage inférieur...) ? Chemin faisant, elle aura rappelé le travail de Kohut pour le faire exister dans la pensée de certains analystes ! Le travail en ateliers aura permis dutiles rencontres sur des thèmes brûlants dactualité comme celui des sectes, avec notre secrétaire général, ou celui de la violence à lécole avec des responsables de lÉducation nationale.
Il faut encore, bien sûr, évoquer lintervention de Bernard Kouchner qui avait, une fois de plus, tenu à marquer ces "Rencontres" de sa présence. Force est de reconnaître quil les aime ! Quelle meilleure tribune trouver pour sadresser aux psychiatres et leur faire comprendre quon a besoin deux pas seulement pour soigner mais aussi pour aider tous ceux qui, de près ou de loin, tissent ou réparent le lien social ? Jimagine que, revenant du Kosovo mis à feu et à sang avec la complicité de quelques psychiatres-psychanalystes formés à lécole anglo-saxonne de lego-psychologie, on peut éprouver le besoin de convoquer lintelligence française au rendez-vous de lHistoire. En fait, je nimagine rien, cest ce quil nous a dit en nous demandant, cette fois-ci, dêtre non pas des "veilleurs", mais "lintelligence de lhumain". Dans la bouche de quelquun comme lui, qui a longuement exploré dans sa carrière la dimension politique du lien social, cet appel à la prise en compte de sa dimension affective est hautement recevable et, là encore, je ne boude pas mon plaisir de lavoir pour ministre.
J-D. B.
Les Mureaux
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- OUVRAGES PARUS EN DECEMBRE 2000 ET JANVIER 2001
De Nuremberg à la loi Huriet : essais thérapeutiques et recherche médicale -
Michel BENASAYAG, André COMTE-SPONVILLE, Daniel FARHI et al.,
Ellipses-Marketing, 90 F (13,72 €).Lerreur de Descartes -
Marcel BLANC (trad. de langlais),
O. Jacob, 59 F (8,99 €).Psychothérapies, enjeux éthiques et politiques études et commentaires -
Jacqueline BONNEAU, Claire GRAVIER, Nazir HAMAD et al.,
Journal français de psychiatrie. N° 12.
Erès, 80 F (12,20 €).Familles et thérapeutes : lecture systémique dune interaction -
Philippe CAILLÉ,
ESF, 134 F (20,43 €).Néokantismes et théorie de la connaissance -
Hermann COHEN, Paul NATOLP, Ernst CASSIRER et al.,
Vrin, 190 F (28,97 €).Comment vivre ensemble -
Colloque des intellectuels juifs de langue française,
Jacques DERRIDA, Henri ATLAN, Régine AZRIA et al.,
Albin Michel, 125 F (19,06 €).Les bienfaits de la dépression : éloge de la psychothérapie -
Pierre FEDIDA,
Odile Jacob, 145 F (22,11 €).Par où commence le corps humain : retour sur la régression -
Pierre FEDIDA,
PUF, 78 F (11,89 €).Bioéthique : les enjeux du progrès scientifique France/Allemagne -
Françoise FURKEL, François JACQUOT, Heike JUNG (sous la dir.),
Bruylant (Bruxelles), 1350 FB (33,47 €).Lesprit du théâtre -
Jean GILLIBERT,
Phébus, 129 F (19,67 €).La Bête du Gévaudan : linnocence des loups -
Michel LOUIS,
Perrin (nouv. éd.), 129 F (19,67 €).Etudes phénoménologiques -
Maurice MERLEAU-PONTY,
Outsia, Bruxelles, 60 F (9,15 €).Aux portes de la psychiatrie : Pinel, lancien et le moderne -
Jackie PIGEAUD,
Aubier, 140 F (21,34 €).Dix conférences sur la psychanalyse -
Moustapha SAFOUAN,
Fayard, 95 F (14,48 €).De la perception à laction : contenus perceptifs et perception de laction -
Pierre LIVET (sous la dir.),
Vrin, 180 F (27,44 €).
- La Société de Psychanalyse Freudienne a publié, sous la direction de H. Oppenheim-Gluckman et de P. Guyomard, les comptes rendus dune Journée Psychanalyse et cognitions(1) qui restituent la richesse dun débat, au niveau épistémologique élevé, sur les places et intérêts respectifs de la psychanalyse et des sciences cognitives. Comment en effet, dans la clinique des schizophrénies par exemple, ne pas sinterroger sur le rapport à la réalité, déjà abordé par les anciens ? Si les travaux freudiens leur apportent un éclairage très intéressant, il nest pas inutile de sappuyer aussi sur les travaux philosophiques pour aborder la dimension cognitive. Il est clair que lapproche cognitiviste développée dans cet ouvrage na rien à voir avec les médiocrités comportementalistes trop souvent répandues.
(1) Les Lettres de la Société de Psychanalyse Freudienne, hors série, N° 1, SPF-CP/Ed. Campagne Première.- Ses lecteurs fidèles retrouveront le style de notre collègue Jean Maisondieu dans son dernier ouvrage Liberté, égalité... psychiatrie(1), où il sinterroge sur le statut de la folie, critiquant bien sûr "lirréversible médicalisation" prônée par certains tenants de la biologie. On peut ne pas partager lavis de lauteur sur sa lecture de Foucault et de Castel dautant quil va jusquà postuler que "le fou est le sans place par excellence", et quêtre fou, cest une situation, la situation dun sans place désigné. Il na pas tort en tout cas de nous interroger sur la manière dont la devise de notre République est appliquée. Bien des auteurs ont analysé les psychoses comme une pathologie de la liberté ; lui-même développe une autre approche originale, celle des pathologies de la fraternité, qui ne me semble cependant pas suffire à lire la clinique, mais aussi il regrette la mise à lécart de la dimension de linconscient et lévitement du débat sur le rapport à la réalité, ce qui nous ramène à louvrage que nous signalions ci-dessus. Ceci étant, Shakespeare a toujours raison lorsquil fait dire à Hamlet : "Définir en quoi la folie consiste, ce serait tout simplement fou."
(1) Bayard, 2000, 266 p., 130 F (19,82 ).- IV. Le saviez-vous ?
- Le 15 mars est le vingtième anniversaire de la mort de René Clair,
- Le 23 mars le soixantième de celle de Virginia Woolf,
- Tennessee Williams aurait eu 90 ans, le 26 mars.
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Peu de temps avant nos Journées Nationales de janvier sur "Responsable mais pas coupable", lAllemagne nous a donné un exemple de responsables qui, assumant ce pourquoi ils avaient été désignés, démissionnent parce quils estiment navoir pas été à la hauteur de la tâche confiée.
En effet, à la suite du scandale de lESB, cette maladie dont les Allemands pensaient quelle toucherait essentiellement la Grande-Bretagne et la France, la ministre de la Santé, Andrea Fischer affiliée au parti des "Grünen" (Verts), et son collègue de lAgriculture Karl-Heintz Funke, social-démocrate, ont été déjugés par la classe politique et, assumant leurs responsabilités, contraints de démissionner très rapidement, à peine plus dun mois après lapparition du premier cas dencéphalopathie spongiforme bovine dans leur pays.
Ce qui est remarquable, cest que même sils ne pouvaient prévoir lapparition dun cas dESB en Allemagne, les deux ministres ont été démis en raison de leur manque de réaction ou de leur réaction non appropriée à la crise. Il faut rappeler que, paradoxalement, la ministre de la Santé sétait particulièrement opposée au monde de la santé quelle appelait un "bassin de requins" et, pour reprendre certains articles parus dans nos précédents numéros, elle avait mis en place des initiatives impopulaires et irréalistes, telles que la défense des "médecines douces", la mise en concurrence des Caisses dassurance maladie, laccusation faite aux médecins de prescrire mal et cher, lencadrement des dépenses par des enveloppes impossibles à respecter, un renforcement des sanctions contre les médecins (qui ont mené à un certain nombre de fermetures de cabinets libéraux), le refus total de dialogue avec les associations professionnelles, car elle navait "absolument rien à dire aux médecins". Tout cela a fait lunanimité des professionnels de santé contre elle, à laquelle elle a réagi par un comportement clastique en public, avec éclats de voix, pour le moins surprenant de la part dun ministre. Espérons que la nouvelle ministre sociale-démocrate, Ulla Schmidt, saura renouer le dialogue, car elle est avant tout une parlementaire spécialisée dans le domaine des affaires sociales et de la condition féminine, où elle a été très appréciée.
Il y aurait peut-être un parallèle à faire avec la situation dun ancien ministre de la Santé et des Affaires sociales français, sauf que nous navons pas jusquà présent vu beaucoup de démissions chez nos ministres ayant mal géré une affaire politique importante...
On se souvient quau début des années 70, le psychiatre Franco Basaglia avait proposé de supprimer les hôpitaux psychiatriques italiens, considérés par lui comme des lieux "dincarcération psychiatrique", et de les remplacer par des structures de soins plus souples garantissant au patient une assistance médicale qui ne nuirait pas à son autonomie. Cette fermeture des lits sest déroulée entre 1979 et 1996, et lItalie se trouve actuellement confrontée à lun des plus grands défis de santé mentale quelle ait connus depuis longtemps. En effet, sur 60 millions dhabitants, il y en aurait plus de 10 millions qui souffriraient de troubles psychiatriques, qui nont pratiquement pas daccès aux soins (ces derniers étant, de toute façon, limités pour des raisons financières). Quant aux structures, elles sont plus ou moins adaptées, ou totalement inexistantes, selon les régions.
Sous légide du ministre de la Santé, Umberto Veronesi, une conférence nationale consacrée à la santé mentale a eu lieu à Rome en janvier 2001, où ont été abordés certains problèmes aigus, comme celui des suicides ou celui de la fourniture de médicaments récents. Lintervention véhémente dErnesto Muggia, Président de la Fédération Italienne des Associations pour la Santé Mentale (UNASAM), a été remarquée ; il a dénoncé labandon des malades et de leur famille et lindifférence de nombreux organismes dEtat et dune large partie de la société vis-à-vis des malades mentaux : "Ceux qui souffrent de troubles psychiques et leur famille doivent pouvoir recevoir les soins dont ils ont besoin", a-t-il déclaré en précisant quil sagissait dun "impératif éthique." "Autrement, les malades les plus graves ne seront plus soignés et les cas dabandon dans des bouges sordides se poursuivront. Nous devons comprendre et non craindre les problèmes de la santé mentale." Le ministre des Affaires sociales, Livia Turco, a reconnu que, selon les régions, le traitement et le suivi des troubles mentaux nétaient pas identiques.
Quen conclure ? Que les grandes idées nont pas toujours des applications pratiques adaptées et quavant de supprimer les hôpitaux psychiatriques, il aurait été opportun de réfléchir aux mesures de remplacement et, surtout, de créer de nouvelles structures aptes à recevoir les malades !
Corriere della Sera, janvier 2001.
Alors que le Conseil de la Ville de Zürich vient dautoriser les organisations daide au suicide à se faire connaître dans les foyers de malades et de personnes âgées de la ville, la Société suisse de psychiatrie et de psychothérapie (SSPP) sélève violemment, sous la plume de son Président Tedy Hubschmid, contre cette décision. En effet, les problèmes locaux sont à peu près les mêmes que dans les autres pays européens : manque de moyens, fermeture de lits dhôpitaux, manque de soignants. De ce fait, on fait comprendre aux patients les plus âgés quils représentent un poids pour la société, risquant de favoriser ainsi les tentatives de suicide chez des personnes fragiles qui se considèrent comme une charge financière ou morale pour la société. La SSPP estime quil faut marquer une limite claire, afin que, dici quelques années lorsque le système aura fait ses preuves dans les homes de vieillards et de malades, on ne létende aux cliniques psychiatriques, aux institutions dinternement, aux prisons, etc., et alors sans limite, jusquau souhait avoué dobtenir une aide extérieure pour se donner la mort.
Les Archives suisses de neurologie et de psychiatrie ont publié un article amusant de notre confrère L. Michel, de Lausanne. Un sondage a été mené auprès des 82 psychiatres formés ou en formation du Département Universitaire de Psychiatrie Adulte de Lausanne afin de savoir quel était lusage quils avaient ou quils comptaient faire du divan. Sur 56 réponses (68 %), 17 déclaraient avoir un divan dans leur bureau mais lutiliser pour dautres fonctions que la cure type, et cela indépendamment de leur orientation théorique. Lauteur en concluait que le divan était devenu, à côté de son utilisation première, une figure emblématique ou bien un signe de reconnaissance et dappartenance sociale à un groupe particulier, celui des psychiatres-psychothérapeutes.
Il serait sans doute intéressant de faire la même étude en France et de voir si le divan a encore un usage important et aussi sil est vécu comme en Suisse, par la nouvelle génération des psychiatres.
H. S.
Strasbourg
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Comme tu le sais, nous sommes, en Corse, assez attachés à la répartition des rôles sociaux et des tâches selon le sexe, peu différents en cela des autres peuples méditerranéens. Ici, il y a peu, Adam bêchait et Ève filait. Adam parlait sur la place et Ève commandait à la maison (Adam et Eve, disons Apis et Hathor...).
Or connais-tu la dernière ? Iuliu, Jules, le taureau du voisin, est devenu Juliette. Oui, cest ce qui est maintenant inscrit sur sa carte didentité ; tu sais, ce document qui permet la traçabilité, cest-à-dire de savoir comment sera empoisonné celui qui mangera Jules.
Et sais-tu comment il a obtenu cette modification de son état civil ? En se faisant opérer. Oui, parfaitement, en faisant retrancher lorgane qui permettait de le qualifier de reproducteur !
Et sais-tu pourquoi ? Il pensait être victime dune erreur : la nature avait mis une âme de vache dans son corps de taureau. Il a été examiné par des spécialistes qui ont confirmé que Jules croyait effectivement être une vache (psychique) et quil convenait pour mettre bon ordre de couper ce qui pouvait faire croire le contraire, même aux myopes.
Les spécialistes ont ajouté que, pour la bonne santé de Jules, il fallait que sa croyance fasse loi. Et comme les grands juges de lEurope bovine avaient décidé, par respect pour lintimité, pour la vie privée, que les semblables de Jules ne devaient pas avoir une pièce didentité qui contredise aux apparences, il fut écrit, par leur commandement, que Jules était Juliette.
Ainsi, selon les juges, une vache ne serait rien dautre quun taureau amputé de sa flèche. Ce nest quand même pas parce quon porte une robe quil faut sen prendre aux femelles de cette façon. Après tout, sil suffit dune petite opération de rien du tout pour enfin obtenir légalité des sexes..., par la suppression desdits sexes...
" Il paraît que lan prochain sera lannée mondiale de la vache.
De la quoi ?
De la génisse.
De la quoi ?
De la taure.
De la quoi ?
Rien... "Anghjula-Maria,
vacca corsa
Comité de Rédaction : Jacques-David BEIGBEDER, Jean-Yves COZIC, Gilbert DIEBOLD, Jean-Yves FEBEREY, Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET, François KAMMERER, Christine LAMOTHE, Jean-Pierre RUMEN, Christian VASSEUR.
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Un père Noël précoce est venu lan dernier me visiter.
Dès octobre, Stanislaw Tomkiewicz me fit part de son contentement de se sentir compris dans mes lignes au sujet de son remarquable ouvrage, Ladolescence volée.
Plus près du moment où jallais mettre mes souliers dans la cheminée, en décembre, Jean-François Foncin réagit à mes Grains de novembre en me communiquant le document quil avait adressé au Figaro Magazine à propos de son palmarès des hôpitaux, ainsi quà plusieurs collègues de lAssistance publique de Paris et au Président de lOrdre des médecins. Dommage que notre Lettre nait pas les moyens de republier lensemble. Mais les collègues intéressés par les questions dévaluation et daccréditation peuvent sadresser par e.mail à j.f.foncin@wanadoo.fr, pour bénéficier de son travail que je ne puis que condenser ici. Étudiant la fabrication du palmarès du FigMag, notre confrère considère les différents critères retenus. Dabord celui dactivité néglige le fait que le travail à la chaîne nest pas gage de qualité des soins. Ensuite celui de notoriété dépend plus du "faire-savoir" que du "savoir-faire" médico-chirurgical. Limportance de celui de lambulatoire est relatif dans la mesure où un service qui accepte aussi les cas difficiles recevra moins de patients en ambulatoire et en sera plus mal classé. Le critère de plus de technicité nest pas gage absolu de qualité ; la surspécialisation non plus, elle peut être une forme de corporatisme et desprit de clan ("nul naura de lesprit, hors nous et nos amis"). La durée de séjour raccourcie est loin dêtre un critère pour lavenir de tous les patients. La mortalité en serait un bon pour des malades comparables, mais il paraît difficile de constituer des groupes homogènes ; lautopsie des patients décédés à lhôpital serait bien plus instructive. Le palmarès na finalement trait quà la technique médico-chirurgicale et à la technocratie comptable ; la psychiatrie en est totalement absente, de même que le souci de soigner des personnes, et non des diagnostics.
P.
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LASM 13 organise les Samedis du Centre de Psychanalyse et de Psychothérapie. Renseignements : Mme Mioui, Ctre de Psychan. et de Psychoth. Evelyne et Jean Kestemberg, 11 rue Albert Bayet, 75013 PARIS - Tél : 01 40 77 44 68
à PARIS, le 5 : Journée Mondiale OMS sur La déstigmatisation des malades mentaux. Renseignements : SISM - AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E. mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
à AJACCIO, le 6 : Journée de formation du Centre Loretto sur Adolescence, déterminisme et destin des addictions. Renseignements : Mme G. Ulysse - Tél : 04 95 20 38 38
à ANNECY, le 21 : Colloque du Cercle dEtudes Psychanalytiques de Savoie et de lAssociation Grenobloise de Psychanalyse Autour de luvre de Jean Guillaumin. Renseignements : CEPS - Fax : 04 79 85 34 11 - E.mail : CEPS-SPP@netcourrier.com
à BÉZIERS, les 26 et 27 : 11es Rencontres Nationales de Périnatalité sur Lamour maternel au pluriel... Renseignements : Mme Badiola - Tél : 04 67 49 87 05 - Fax : 04 67 09 02 36
à HYÈRES, les 10 et 11 : Congrès sur Lien familial, lien social. Lier, délier, relier. Renseignements : Serv. de psy. du Pr Delage, Hôp. dInstruction des Armées Ste Anne, 83800 TOULON NAVAL - Tél : 04 94 09 92 10
à LILLE, les 10 et 11 : XXXIIIe Congrès français de criminologie sur Les soins obligés. Renseignements : AFC, Tél & Fax : 01 42 63 45 04 - E.mail : tournier@ext.jussieu.fr
à REIMS, le 11 : Colloque de lAssociation Nationale de Prévention de lAlcoolisme sur Les recommandations pour la pratique clinique en alcoologie : une culture commune pour quelles pratiques ? Renseignements : CDPA, 45 rue Libergier, 51100 REIMS - Tél : 03 26 47 75 57 - Fax : 03 26 88 97 29
à SAINT-ÉTIENNE, le 12 : Journée AFP /Ass. des Psychiatres Libéraux Stéphanois sur Penser la psychose : la trithérapie du patient psychotique. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
à LIMOGES, le 12 : 5e Colloque Européen des Unités dHospitalisation Mère-Bébé en Psychiatrie sur Premier chapitre de la vie. Soins relationnels précoces autour de la parentalité. Renseignements : CH Esquirol, Sect. 87.G.01 - 87.I.01, 15 rue du Dr Marcland, 87025 LIMOGES Cedex - Tél : 05 55 43 11 00 - Fax : 05 55 43 11 11 - Site internet : http://www.inext.fr/abonnes/essorpsy
à PARIS, les 12 et 13 : Journées Internationales dEtude et de Formation sur Correspondances. Ecriture, thérapie et lien social. Renseignements : Asphodèle, 55 bld de Charonne, Les Erables, 75011 PARIS - Tél & Fax : 01 46 59 26 18
à MARSEILLE, les 18 et 19 : XIIe Colloque psychiatrique de Marseille sur Langage et psychopathologie : approche multidisciplinaire. Renseignements : Mme Rolando, Serv. du Pr Giudicelli, CHU Timone, 13385 Marseille Cedex 5 - Tél : 04 91 38 75 14 - Fax : 04 91 38 47 22
à BREST, les 18 et 19 : Journées régionales de lAFTCC sur Les thérapies comportementales et cognitives à laube du millénaire : perspectives et évolutions. Renseignements : Dr Guillerm-Marc, 21 rue Emile Zola, 29200 BREST - Tél & Fax : 02 98 46 76 03
à NICE, les 18 et 19 : Journées Nationales de la Société Française de Psychiatrie de lEnfant et de lAdolescent sur La Violence. Renseignements : S. Hernandez - Tél : 04 92 03 03 26 - Fax : 04 92 03 04 43
à PARIS, le 19 : Journée dEtude du Centre Alfred Binet sur Voies de sorties de lAutisme ? Renseignements : CAB, 76 av. Edison, 75013 PARIS - Tél : 01 40 77 43 40 - Fax : 01 40 77 43 55
à FRONTEVRAUD LABBAYE, le 19 : 16e Journée Psychiatrique du Val de Loire sur Prescriptions, entre science et croyance. Renseignements : Ste Gemmes sur Loire, Secr. du Dr Lhuillier, BP 89, 49137 LES PONTS DE CÉ CEDEX - Tél : 02 41 80 79 93 - Fax : 02 41 80 79 63 - E.mail : secteur7@ch-cesame-angers.fr
à PARIS, le 21 : Conférence de lHôtel de Lamoignon : sous la direction de Jean GILLIBERT, sur Pratique du lyrisme en poésie. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
à ANNECY, du 23 au 27 : 30es Journées Franco-Suisses sur Formation à la relation soignant-soigné. Renseignements : Dr M. Sapir, 6 rue de lArrivée, 75015 PARIS - Fax : 01 42 64 54 56
à PARIS, du 24 au 27 : 61e Congrès des Psychanalystes de Langue Française sur La figurabilité. Renseignements : Société Psychanalytique de Paris, 187 rue St Jacques, 75005 PARIS - Tél : 01 43 29 66 70 - Fax : 01 43 29 10 77 - E.mail : congres@spp.asso.fr
à BORDEAUX, les 25 et 26 : Colloque de lÉvolution Psychiatrique sur Les psychopathies graves. Renseignements : LÉv. Psy. - Tél : 01 39 38 78 01 - Fax : 01 39 38 77 04 - E.mail : Evolution.Psychiatrique@wanadoo.fr
à BORDEAUX, les 8 et 9 : Journée AFP et Union Internationale dAide à la Santé Mentale sur Menace de ruine de la psychodynamique dans la psychiatrie actuelle. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
à AUXERRE, les 8 et 9 : VIIIe Congrès de psychothérapie de Groupe dEnfants et dAdolescents, du CIRPPA et de la SPGEA, sur La fonction du tiers dans les groupes. Renseignements : CIRPPA, 15 av. du Gal Rollet, 89000 AUXERRE Tél : 03 86 48 23 08 - Fax : 03 86 46 50 03
à STRASBOURG, du 14 au 16 : XVIIes Journées annuelles de lAPI sur Babel Blues - Frontières et identités de la psychiatrie infanto-juvénile de service public. Renseignements : Dr N. Steinberg, CH, 13 rte de Krafft, BPF, 67152 ERSTEIN Cedex - Tél : 03 88 64 45 21 - Site internet : www.ch-erstein.fr
à PARIS, le 15 : Colloque de lASM 13, du Serv. de Psy. Adulte de la Pitié Salpêtrière et de lAPEP Autour dOtto Kernberg. Renseignements : Mme C. Thevenin, ASM 13, 11 rue Albert Bayet, 75013 PARIS - Tél : 01 40 77 44 48 - Fax : 01 45 83 28 77
à PARIS, les 15 et 16 : Journées Nationales sur Corps et psychiatrie. Renseignements : SB Organisation, 33 rue de la Chapelle, 75018 PARIS - Tél : 01 42 09 99 18 - Fax : 01 40 38 01 08 - E.mail : s.b.o.@wanadoo.fr
à AIX-LES-BAINS, les 15 et 16 : 8e Colloque de la Société Française de Relaxation Psychothérapique sur Corps et mémoire. Renseignements : SFRP, Pr. Q. Debray, Hôp. Necker, 149 rue de Sèvres, 75743 PARIS Cedex 15 - Tél : 01 42 83 81 10
à PARIS, du 24 au 28 : 15e Congrès de lAssociation Mondiale de Sexologie. Renseignements : Regimedia, 17 rue de Seine, 92100 BOULOGNE - Tél : 01 49 10 09 10 - Fax : 01 49 10 00 56 - E.mail : parisexo@regimedia.fr
à PARIS, du 28 au 30 : Ve Conférence Internationale Philosophie et Psychiatrie sur Douleur et dépression. Renseignements : Dr B. Granger, Hôp. Necker, 149 rue de Sèvres, 75743 PARIS Cedex 15 - Fax : 01 44 49 44 04 - E.mail : granger@necker.fr
à OXFORD (Royaume-Uni), du 4 au 6 : 5e Atelier du Center for Evidence-Based Mental Health. Renseignements : Center, Departement of Psychiatry, Univ. of Oxford, Warneford Hospital, Oxford, OX3 7JX, UK - Site internet : www.cebmh.com
à VANCOUVER (Canada), du 19 au 21 : Conférences de lAssociation Internationale de Psychiatrie Légale. Renseignements : Derek Eaves, M.D., c/o BC Institute Against Family Violence, Suite 551, 409 Granville Street, Vancouver, BC V6C 1T2 - E.mail : info@iafmhs.org - Site internet : www.iafmhs.org
à TORONTO (Canada), du 19 au 22 : 19e Symposium annuel du Collège Américain de Psychiatrie Légale. Renseignements : ACFP, P.O. Box 5870, Balboa Island, California 92662 - E.mail : psychlaw@sover.net - Site internet : www.forensicpsychiatry.cc
à ANTALYA (Turquie), du 24 au 29 : 5e Symposium de lAssociation Mondiale de Psychiatrie sur Psychiatrie : un pont entre les cultures. Renseignements : Yesim Sokak N° 20, 80630 Akaltlar, Istanbul, TURKEY - Tél : 90 212 351 26 60 - Fax : 90 212 351 26 59 - Site internet : www.psikiyatri.org.tr
à LA NOUVELLE-ORLÉANS (USA), du 5 au 10 : Congrès annuel de lAPA. Renseignements : APA, 1400 K Street, N.W., WASHINGTON, D.C. 20005 - Tél : 202 682 6000 - Fax : 202 682 6850 - E-mail : apa@psych.org - Site Internet : www.psych.org
à LISBONNE (Portugal), du 31 mai au 2 juin : 3e Congrès Européen de Psychopathologie de lEnfant et de lAdolescent de lAEPEA sur Psychopathologie et parentalité(s). Renseignements : Convergences, AEPEA 2001, 120 av. Gambetta, 75020 PARIS - Tél : 01 43 64 77 77 - Fax : 01 40 31 01 65
à GAMMARTH (Tunisie), du 31 mai au 2 juin : IXe Congrès Panarabe de Psychiatrie sur Femmes et santé mentale. Renseignements : Serv. de psy. A, Pr A. Douki, Hôp. Razi, 2010 LA MANOUBA, TUNISIE - Tél : (216.1) 600 154 - Fax : (216.1) 750 103 - E.mail : saida.douki@gnet.tn
à BEYROUTH (Liban), du 1er au 3 : Dans le cadre du IXe Sommet de la Francophonie, Colloque de la Sté Libanaise de Psychanalyse sur Médecine, psychiatrie et psychanalyse. Renseignements : Nakhal & Cie, 30 rue Deparcieux, 75014 PARIS - Tél & Fax : 01 43 27 96 30 - E.mail : nakhal@wanadoo.fr
à BUDAPEST (Hongrie), du 27 au 30 : Conférence de lAssociation Européenne de Thérapie Familiale. Renseignements : Hungarian Family Therapy Association, 1125 Budapest Kutvölgyi ut 4. - Tél & Fax : 36 1 200 98 44 E.mail : familyth@matavnet.hu
Attention, changement de lieu et de dates :
à HAMMAMET (Tunisie), du 10 au 16 : Congrès de Psychiatrie et de Neurologie de Langue Française. Renseignements : Dr J. Burgonse, CHS de la Savoie, BP 1126, 73011 CHAMBÉRY Cedex - Tél : 04 79 60 30 36 - Fax : 04 79 60 31 88
La Lettre de Psychiatrie Française
147 rue Saint-Martin - 75003 Paris - Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.frEditeur : Association Française de Psychiatrie / Syndicat des Psychiatres Français (A.F.P. / S.P.F.)
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