N°93
Mars 2000
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SPF Prix Littéraire Charles Brisset 99 Psychiatrie en Europe Les Classifications : Jubilé Juin 2000 |
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L'avenir
de la psychiatrie
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Même sils débutent mal, le vingt-et-unième siècle et le troisième millénaire seront lépoque de la lutte contre les maladies virales, les cancers et les troubles mentaux. Les hommes, ayant assuré leur survie, se préoccuperont de vivre mieux : il y a donc un bel avenir pour lensemble des "psychistes" comme les appelait le regretté Didier Anzieu (psychiatres, psychanalystes, psychologues, psychothérapeutes..).
Du cri de Paul Balvet dénonçant la famine dans les hôpitaux psychiatriques en 1942 jusquà lannée 1975, la psychiatrie française a été engagée dans un processus de progrès, inégal suivant les lieux, les moments et les équipes. Mais au-delà des clivages théoriques, il y avait un élan au travail et un humanisme qui entraînaient une amélioration de la situation des patients et de leurs familles. Quelles soient éclairées par la psychanalyse, la phénoménologie ou la militance chrétienne sociale ou socialiste, les démarches étaient fécondes ; critiquées pour leur caractère réformiste en 1968, elles sont venues bien davantage se briser sur les ravages du libéralisme économique mondial et sur la volonté de soumettre à la loi de largent la santé, léducation et la culture. Il faut organiser une nouvelle résistance en attendant que la lutte pour lépanouissement humain puisse reprendre son élan.
1968 a donné un statut convenable à la psychiatrie et aux psychiatres. Mais les malades mentaux attendent encore la considération : la majorité dentre eux ne sont plus internés ni même hospitalisés, mais ils sont loin dêtre convenablement soignés. Des locaux adaptés et entretenus, des équipes suffisantes en nombre et engagées dans un procès de formation permanente sont les conditions préalables à tout travail psychothérapique dans les structures publiques et associatives. Dans la pratique privée, il convient que lacte psychiatrique cesse dêtre dévalorisé comme si la relation humaine ne valait rien. Le travail des psychologues cliniciens, titulaires dun D.E.S.S. ou dun diplôme équivalent, devrait pouvoir bénéficier dune prise en charge. Mais il convient de laisser libre lexercice de la psychanalyse et des psychothérapies, car nous savons que de grands psychanalystes sont venus à sa pratique à partir de formations très diverses. A une époque où beaucoup de nos malades, mais aussi nos chefs dEtat, consultent des voyants et des astrologues plus nombreux que les psychothérapeutes, il est vain de légiférer : aucune loi ne pourra éliminer les charlatans dans tous les domaines !
En période de crise économique, tout coûte trop cher (en particulier, la santé), et cest dans ce contexte quon veut tout mesurer. Les évaluations proposées sont conçues pour des gestes techniques quantifiables, comme il en existe relativement en médecine et en chirurgie. Toutefois, elles poussent à un retour à linhumanité dans les hôpitaux puisque les temps de parole avec le patient à loccasion des soins nétant pas prévus, ils sont considérés comme du temps perdu. Elles méconnaissent limportance des relations humaines privilégiées que suppose lexercice de la psychiatrie, le fait que les soignants ne sont pas interchangeables auprès des divers patients et la nécessité de respecter les rythmes propres des soignants et des soignés si nous voulons un travail de qualité. Nous devons dire et répéter sans cesse que, en psychiatrie, le plateau technique, cest les personnes.
Les futurologues se trompent. Personne navait prévu les événements de 1968. Je pense quand même que notre société va se remettre en question plus ou moins brutalement ces années-ci. Pourquoi pas à loccasion du changement de millénaire ? Cela narrive quune fois tous les mille ans ! Pour la psychiatrie comme pour lhumanité, les aspirations de liberté, dégalité et de fraternité sont encore un programme neuf. Foin des décisions qui tombent den haut, loin des problèmes du terrain, et qui ne sont ouvertes à la concertation que pour leur application. Nous avons besoin de limagination de tous les personnels médicaux, paramédicaux, techniques et administratifs pour résoudre au mieux des problèmes difficiles : ceux-ci ne la déploieront que dans un climat vraiment républicain où ils ne craindront pas que les innovations venues de la base soient mal accueillies. Si, contrairement au slogan de 1968, limagination ne prend jamais le pouvoir, elle ne permet pas moins de contribuer à changer le monde.
Claude NACHIN
Amiens
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Sur
une note
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Dans un précédent numéro, nous nous inquiétions de la mention de la raison médicale sur les arrêts de travail. Il nous paraît important de signaler que la LDH (Ligue des Droits de lHomme) et le collectif "Pour le droit des citoyens face à linformatisation de laction sociale" se sont, de leur côté, vigoureusement élevés contre cet article 18 du PLFSS, "en raison du risque manifeste datteinte au secret médical". Ils insistent sur le nombre élevé de personnes qui traitent les documents darrêt de travail, ce qui multiplie les risques de divulgation des éléments médicaux. De plus, pour les cinq millions de fonctionnaires, les trois volets de larrêt de travail sont adressés à lemployeur et parviennent aux services du personnel sans aucun filtrage médical. Ils observent également, à juste titre semble-t-il, quen utilisant pleinement les procédures existantes (convocation par le contrôle médical, prise de contact du médecin-conseil avec le praticien), les Caisses ont déjà les moyens de lutter contre déventuels abus (LDH-Info, déc. 1999, N° 84).
Un exemple récent ne peut quinciter à la plus grande vigilance : un employeur avait montré à tout son personnel larrêt de travail établi par un psychiatre pour lune de ses employées, en lassortissant de commentaires désobligeants. Fort heureusement, la patiente était alors suffisamment "solide" pour ne pas en être affectée outre mesure.
J-Y.F.
Dans la perspective dun prochain dossier nous demandons aux collègues concernés quelle est leur expérience de lobligation de soins, prescrite parfois par la justice pénale, qui conduit certaines personnes vers le cabinet des psychiatres : quelles sont leurs remarques et les éventuelles difficultés à lusage.
La rédaction
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Les
flancs de l'Aventin
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Au cours dun colloque tenu le 25 février, la FNAPPsy* sinterroge sur la place du malade pour les professionnels de santé mentale.
Bien entendu, on pourrait donner une réponse démagogique, séductrice, humanitaire ou humaniste à cette question. Mais on peut surtout apporter une réponse technique : si la psychiatrie sest officiellement créée (autonomisée) en 1968, cest en fonction dune certaine idée de la maladie, du malade et du soin, selon laquelle il existe des maladies et des dysfonctionnements psychiques (cest donc une part de la médecine), qui eux-mêmes entament ou entravent la liberté de penser du patient, par le biais de langoisse, du refoulement, des mécanismes de défense, etc.
Mais il reste une marge de manuvre vivante, même dans les situations de détresse ou de détérioration les plus spectaculaires. Et cest avec cette part vivante que nous travaillons, cette part toujours présente dappétence relationnelle.
Comme nous savons, en outre, que la gradation entre normal et pathologique est variable et labile, nous travaillons moins contre la part malade (il y a des instruments pour cela, pour la soulager ou la masquer : les médicaments) quavec la part vivante, saine, dynamique. Ce devrait être la cas pour tous les médecins. Mais, pour les psychiatres, cest cette part avec qui est la plus importante, lessentielle, lincontournable.
Simon-Daniel
KIPMAN
Paris
* Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-Patients en Psychiatrie
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Actualité
professionnelle :
le point |
Pour des raisons dédition, cet article dinformation rédigé fin février ne prend pas en compte lactualité survenue ultérieurement.
1. Télétransmission
Les pressions des Caisses saccentuent. Certaines commencent à réclamer le remboursement de la prime de 9.000 F, dautres menacent de ne plus participer aux prises en charges des cotisations sociales des médecins du secteur 1, dautres encore adressent aux médecins des menaces de déconventionnement à peine voilées. Le directeur de la CNAMTS évoque un paiement des feuilles de soins "papier" à partir du 1er juillet 2000, ce qui nest pourtant pas prévu dans lavenant conventionnel.
Nous rappelons que notre consigne est de retarder le plus possible la mise en route de la Télétransmission puisque les conditions actuelles sont inacceptables. Aussi, :
- ne pas céder à la pression de la CPAM ;
- nous adresser rapidement copie de ses courriers afin que nous lui répondions directement (avec copie pour vous) ;
- en cas de demande de remboursement de la prime de 9.000 F, répondre que le contrat stipule, dans son article 7, que la récupération individuelle de cette somme nécessite dêtre préalablement soumise pour avis à la CCPL qui a deux mois pour se prononcer, et que ce nest quaprès son accord éventuel ou une fois ce délai expiré que la CPAM peut engager une procédure de recouvrement : donc, refuser de rembourser cette somme dans ces conditions dillégalité et nous en cas de "harcèlement" par votre Caisse, nous proposons à nos adhérents la démarche suivanteadresser copie de léchange de courriers à ce sujet.
2. Enquête sur loffre de soins en psychiatrie
Une enquête diligentée par le Ministère de lEmploi et de la Solidarité, sur lhospitalisation complète en psychiatrie montre, de 1990 à 1997, une diminution de 27,4 % du nombre de lits, soit une suppression de 27.000 lits qui nont été remplacés que par 5.000 places dhospitalisation partielle. La psychiatrie est ainsi lune des spécialités qui a le plus contribué, ces dernières années, à la restructuration du paysage hospitalier français. Mais de très importantes inégalités régionales demeurent qui demandent à être corrigées.
3. Les dépenses de soins en 1999
Les dépenses de soins remboursables à fin décembre 1999 pour les trois régimes :
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HONORAIRES
Évolution 99/98 |
PRESCRIPTIONS
Évolution 99/98 |
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| Omnipraticiens |
+
0,8 %
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+
4,9 %
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| Spécialistes |
+
1,1 %
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+
6 %
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| Psychiatres |
+
0,8 %
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+
9,3 %
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| Neuro-psychiatres + psychiatres |
-
0,2 %
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+
7,6 %
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Si lon constate pour 1999 une progression des honoraires plus faible pour les psychiatres que pour lensemble des spécialistes, lensemble neuropsychiatres et psychiatres accuse une baisse légère de 0,2 % ! Par contre, les prescriptions accusent une progression supérieure à celle de lensemble des spécialistes. Linterprétation de ces résultats reste à faire.4. Rencontre entre la CNAMTS et les Syndicats horizontaux
La loi de financement de la Sécurité Sociale impose aux Caisses une négociation avec les syndicats médicaux afin de déterminer lévolution des dépenses dhonoraires et le respect des objectifs de maîtrise :
- pour les généralistes, signataires dune convention, il reviendra à MG France de négocier un avenant tarifaire ;
- pour les spécialistes, soumis au règlement conventionnel minimal, il ne sagira que dune simple consultation afin que la Caisse détermine seule du contenu de lavenant tarifaire ! À la suite immédiate de la rencontre du 15 février, la Caisse na fait aucune proposition. Pour le 22 février et comme convenu, elle a annoncé la revalorisation de quelques lettres-clé concernant les dentistes, les sages-femmes, les kinés et dautres paramédicaux, ainsi que celle de la rémunération du médecin-référent et celle de la visite du généraliste au domicile des personnes âgées. Dans ce cadre, il est également prévu pour les spécialistes une provision de 250 millions F destinée à déventuelles revalorisations tarifaires "ciblées", à compter du 1er juillet, qui pourraient concerner les chirurgiens, les pédiatres, les radiologues et les gynécologues, après propositions faites à la CNAMTS par les syndicats des spécialités correspondantes. Il devrait sagir de "revalorisations structurantes" qui, cependant, seraient rabaissées en cas de "dérapage" par rapport à lobjectif prévu. Quid des psychiatres ? Le SPF réfléchit aux propositions quil pourrait faire dans ce domaine (et pour lesquelles il ne manque pas didées).
Il ny aura probablement aucune négociation en vue de létablissement dune convention pour les spécialistes car les syndicats refusent de négocier dans la logique actuelle dune maîtrise comptable avec sanctions des professionnels, et les Caisses saccommodent finalement très bien de cette situation qui leur permet de décider seules !
5. Modernisation du système de soins
Toujours le plus grand flou sur les projets. Trois volets semblent pour le moment retenus :
- le droit des malades,
- le dossier médical,
- le statut du médecin.
Le silence de notre nouvelle Secrétaire dEtat à la Santé à ce sujet est toujours aussi assourdissant !
6. FMC : les projets de lUNAFORMEC
LUnaformec vient de rendre publique une "plate-forme FMC" (sur laquelle elle va demander à chaque centrale syndicale de sengager avant les élections aux Unions Professionnelles) qui préconise une clarification du financement de la FMC en le détachant des conventions médicales et en séparant clairement le financement de la formation des cadres syndicaux à la vie conventionnelle de celui de la formation des médecins à leur exercice professionnel. Elle propose également de soumettre lensemble du système de formation au contrôle du "quadripartisme égalitaire" : lOrdre des médecins, les Syndicats médicaux, lUniversité et les Associations de formation continue. Enfin, elle milite pour des "procédures dassurance qualité" reposant essentiellement sur les Associations régionales et non plus uniquement sur les grandsthèmes de santé publique déterminés nationalement.
7. Manifestations hospitalières franciliennes
Lintersyndicale des psychiatres publics de Paris et dIle de France a vivement manifesté pour dénoncer létranglement dont sont victimes les quatre hôpitaux psychiatriques et pour demander des attributions budgétaires adaptées.
8. Négociations statutaires hospitalières
Le SPF, comme tous les syndicats, est exclu des négociations en cours. Le Ministère ne reçoit plus les syndicats pour ce type de négociations, mais seulement les trois confédérations syndicales, dont deux se détachent plus particulièrement : la Confédération des Hôpitaux Généraux (CHG) et lIntersyndicale nationale des PH (INPH). Nous envisageons dadhérer à lune delles afin davoir accès aux négociations en cours ou futures.
9. Rapport du Haut Comité Médical
Un rapport préparatoire à la Conférence Nationale de Santé préconise que la définition du "panier de biens et de services de santé" (le panier des soins remboursables) ne doit pas se baser, comme dans le cas de la CMU, sur une approche uniquement comptable mais quil doit reposer sur des critères scientifiquement reconnus et intégrant les besoins de prévention. Il estime par ailleurs que tous les soins ne peuvent pas être pris en charge par lassurance maladie, que la couverture complémentaire doit jouer son rôle, et enfin que, dans un souci déquité daccès aux soins de base, une suppression progressive du ticket modérateur simpose.
10. Assemblée générale du SPF.
Celle-ci aura lieu le 25 mars à Paris. Les membres du Bureau exposeront leurs réflexions et leurs actions réalisées de mars 99 à mars 2000.
Pierre
STAËL
Secrétaire
Général SPF
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Unions
régionales des médecins libéraux : VOTEZ !
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La date des élections aux Unions régionales est fixée au 29 mai. Les résultats de ces élections auront une influence considérable sur lévolution de la pratique médicale libérale dans les régions pour les six années à venir, mais aussi, au plan national, sur la représentativité des grands syndicats médicaux. Il est du devoir de chaque médecin de participer à ce vote pour défendre à la fois son mode dexercice et ses idées sur lévolution de la pratique médicale en France.
Les Unions régionales
Nous avons rappelé dans notre numéro de septembre 99 (N° 87, pp. 11-12) les rôles principaux de ces organismes créés par la loi Teulade en 1993, et encouragé les psychiatres à présenter leur candidature. Elles sont un outil au service
des médecins libéraux dans le domaine de lévaluation et de labord médico-économique comme au niveau de leurs rapports avec les autorités sanitaires et les Unions régionales des Caisses dassurance maladie. Leurs membres sont élus pour six ans sur des listes présentées par les syndicats médicaux reconnus comme représentatifs.
Des raisons régionales et générales de voter
- Des raisons régionales :
La plupart des décisions concernant lévolution future des pratiques médicales, tant hospitalières dailleurs que libérales, se prendront probablement au plan régional : accréditation, évaluation, expériences diverses (dont le travail en réseau), rénovation des systèmes de garde et de soins urgents, voire mise en concurrence des divers organismes assureurs... Les Unions régionales auront un rôle primordial à y jouer. Rappelons
La plupart des décisions concernant lévolution future des pratiques médicales, tant hospitalières dailleurs que libérales, se prendront probablement au plan régional : accréditation, évaluation, expériences diverses (dont le travail en réseau), rénovation des systèmes de garde et de soins urgents, voire mise en concurrence des divers organismes assureurs... Les Unions régionales auront un rôle primordial à y jouer. Rappelons
La plupart des décisions concernant lévolution future des pratiques médicales, tant hospitalières dailleurs que libérales, se prendront probablement au plan régional : accréditation, évaluation, expériences diverses (dont le travail en réseau), rénovation des systèmes de garde et de soins urgents, voire mise en concurrence des divers organismes assureurs... Les Unions régionales auront un rôle primordial à y jouer. Rappelons simplement le décret sur lévaluation des pratiques médicales paru le 28.12.99 (cf. qualité des soins et évaluation) qui donne lentière responsabilité de lévaluation des médecins libéraux, à partir de critères fournis par lANAES, aux sections (soit généraliste, soit spécialiste) des Unions. La présence effective des psychiatres parmi les élus aux Unions régionales et le poids des syndicats respectifs qui les représentent le mieux, seront encore plus déterminants pour les psychiatres que pour dautres spécialistes. En effet, dune façon générale, certaines spécialités chirurgicales ou techniques peuvent facilement se représenter les unes les autres car leur mode de travail et leurs conditions économiques sont semblables. La spécificité du travail des psychiatres (prédominance de la clinique, nécessité du libre accès, actes répétitifs, suivi au long cours et pratique psychothérapique) ne peut se comparer avec aucune autre spécialité si ce nest, peut-être, la médecine générale.
- Des raisons générales :
La représentativité ultérieure des Syndicats médicaux nationaux dépendra du score quils obtiendront à ces élections. Le syndicalisme médical en France nest que relativement développé. Pourtant, linfluence des syndicats déborde largement le nombre même de leurs adhérents. Il en est de même, par exemple, pour les syndicats de salariés : leur véritable influence se mesure en général à leurs résultats lors des élections de leurs représentants à lURSAFF ou aux ASSEDIC. On sait même que cest une des raisons pour lesquelles ces élections sont si rares !... Les médecins, eux, ont la chance de pouvoir donner leur avis tous les six ans. Il est important quils le fassent et quils en profitent pour appuyer les organisations les plus proches de leurs idées. Les conséquences peuvent en être très concrètes. Prenons lexemple du libre accès au spécialiste : il dépendra en grande partie des succès obtenus à ces élections par les défenseurs du médecin-référent (MG France) ou dune médecine plus ouverte (UNOF, branche généraliste de la CSMF). De même, la représentation des spécialités cliniques, dont fait partie la psychiatrie, et la valorisation de leurs actes dépendront de léquilibre des forces entre les syndicats de spécialistes.
Pour qui voter ?
Sagissant dun scrutin de listes présentées par les syndicats représentatifs, il nest pas possible de voter directement pour le candidat de son choix. On votera donc soit pour une liste présentant, en position éligible, le candidat que lon veut soutenir, soit pour une liste défendant des idées dans lesquelles on peut se reconnaître, au moins partiellement.
Rappelons les forces en présence.
- La CSMF : la Confédération des syndicats médicaux français est le plus ancien organisme représentatif des médecins. De par sa structure confédérale, elle réunit aussi bien les syndicats départementaux que des syndicats nationaux, tels ceux des spécialistes (dont le nôtre). Sétant toujours définie comme "libérale et sociale", elle a été le moteur de la politique conventionnelle jusquau plan Juppé qui la fait entrer dans une opposition rigoureuse. La Confédération représente à la fois les médecins généralistes et les médecins spécialistes. Aux élections de 94 lUNOF avait recueilli 26 % des voix des généralistes (59 % pour MG France), et lUMESPE 55 % des voix des spécialistes. De la scission de la CSMF sont nés dautres syndicats soit par désaccord idéologique, soit par querelles de personnes, soit pour défendre des intérêts plus particuliers. Nous ninsisterons pas sur MG France qui ne représente que les médecins généralistes qui se sentaient mal défendus dans le cadre confédéral.
- La FMF : la Fédération des médecins de France, créée pour défendre les intérêts des titulaires du DP est bien représentée dans quelques grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille. Elle a recueilli 10 % des voix des spécialistes, en 1994.
- Le SML : le Syndicat des médecins libéraux a été fondé pour défendre la liberté des honoraires et en particulier celle des médecins qui avaient choisi les honoraires libres. Il milite toujours pour la réouverture de ce droit et il est actuellement assez proche de la CSMF depuis que celle-ci refuse obstinément la maîtrise comptable des dépenses de santé. Il avait recueilli 20 % des voix, en 1994.
- LUCCSF : lUnion des chirurgiens et spécialistes de France, de création récente (elle a été créée de toutes pièces pour soutenir le plan Juppé), représente surtout des chirurgiens et spécialistes apparentés. Son projet prioritaire est la revalorisation du KC. Elle avait obtenu 13 % des voix des spécialistes, en 1994.
Cette présentation des grandes centrales syndicales est volontairement lapidaire. En fait, comme dans les partis politiques, les différences sont surtout caricaturales au niveau de leur représentation nationale. Sur le terrain, et les Unions régionales travaillent surtout à ce niveau, les nuances sont plus subtiles et dépendent souvent de la personnalité des élus. En dehors des blocages provoqués par MG France, elles nempêchent pas la considération et le respect mutuels nécessaires à un travail en commun. Il nest dailleurs pas certain que la multiplication des syndicats ait servi la cause générale de la médecine ni celle des médecins.
Au cours de sa réunion du 22 janvier 2000, le Conseil du SPF a proposé à ses adhérents
et au-delà, à tous les psychiatres, les priorités suivantes.Il est impératif :
1. de voter :
labstention est fautive, comme toujours dailleurs, car elle entraîne une sur-représentation des positions minoritaires et radicales. La participation au vote renforcera les Unions et les représentants de la profession organisée ;
2. de voter pour les listes présentant un psychiatre en position éligible :
il ne sagit pas simplement dun vote corporatiste ; nous avons expliqué plus haut la difficulté pour le fait psychiatrique dêtre représenté par dautres spécialités ;
3. de voter, à défaut de candidat psychiatre, pour les listes CSMF-UMESPE :
les deux syndicats représentant les psychiatres libéraux, aussi bien nous, le SPF, que le SNPP, adhèrent en tant qu"organisations verticales" à la CSMF et à lUMESPE qui défendent à la fois :
- le maintien du libre accès aux spécialités,
- la revalorisation des actes cliniques,
- ladaptation des impératifs économiques aux nécessités de la santé.
Rappelons quaux dernières élections la quasi-totalité des psychiatres avaient été élus sur les listes CSMF-UMESPE et marginalement, sur celles du SML.
Michel
EISELE
Vice-Président
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Psychothérapies,
Psychothérapeutes
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Historique et développement de lanalyse du Syndicat
1. Depuis plus de vingt-cinq ans, le SPF, sappuyant sur la circulaire Sournia, a toujours défendu lassimilation de la pratique des psychothérapies à la consultation psychiatrique (CNPSY). Nous nous sommes toujours opposés à une différenciation dun acte de psychothérapie qui aurait été, en tant quacte isolé, sous-coté par rapport à la consultation et qui aurait pu être considéré comme un acte technique autonome pouvant être pratiqué par des "auxiliaire " médicaux. Cette lettre-clé unique a en fait rendu possible des pratiques très diverses, sans grande contestation de la part des Caisses, et les rares problèmes rencontrés ont toujours pu être réglés rapidement après intervention syndicale. Globalement, en terme de nomenclature, le système donnait dans lensemble satisfaction (en dehors bien sûr du problème de la sous-valorisation financière constante de la lettre-clé).
2. Après que la première étape de la refonte de la nomenclature des actes techniques fut terminée, celle des des pratiques cliniques sest engagée il y a maintenant un an. Les psychiatres, dont la pratique et la dimension psychothérapique de leur consultation étaient totalement ignorées (il nétait question que dexamen somatique), sont parvenus à faire reconnaître dune part la dimension psychothérapique de la consultation psychiatrique et, dautre part, lindissociabilité entre psychothérapie et consultation elle-même, ainsi que la quasi-exclusivité de la pratique des psychothérapies par les psychiatres. Rien nest encore définitivement acquis puisque ces négociations en sont à leurs débuts et doivent franchir beaucoup dobstacles, mais nous sommes actuellement plutôt sur la bonne voie.
3. Prévoyant des difficultés pour la pratique des spécialités cliniques (et notamment pour la psychiatrie), nous avons au SPF constitué depuis plus de deux ans des groupes de travail et de réflexion qui ont publié différents textes, notamment sur :
- la spécificité de la consultation psychiatrique,
- les psychothérapies du psychiatre,
- le champ de compétence de la psychiatrie.
Il sagit de textes à usage syndical, écrits dans un langage accessible à des non-psychiatres ou à des non-médecins, et destinés à nos partenaires tant médicaux que gouvernementaux ou administratifs, que nous avons utilisés lorsque lactualité en a imposé la nécessité.
4. La pression des psychothérapeutes non-médecins pour faire reconnaître un statut de psychothérapeute sest brusquement accentuée avant lété 99, de façon agressive à lencontre des psychiatres, rabaissés au rang de "dinosaures prescripteurs". Les psychothérapeutes non-médecins nhésitent pas à sestimer les seuls psychothérapeutes valablement formés et compétents (mais ils se déclarent cependant prêts à labelliser les psychiatres qui accepteraient de suivre leur cursus) ! Leur but est dobtenir une reconnaissance dans un quelconque pays européen pour létendre ensuite à lensemble de la Communauté. Dans le même temps, ils tentaient une démarche auprès de notre Ministre de la Santé.
5. Cest ainsi quen juillet 1999, à la demande du Ministère, sous légide de lIGAS et à partir dun travail de définition des psychothérapies confié à lAFNOR par les psychothérapeutes non-médecins, se sont réunis un certain nombre de partenaires concernés, dont les syndicats horizontaux de médecins, lOrdre national des Médecins, la FFP et le SNPP. Nous avions, au SPF, refusé de répondre à lenquête de lAFNOR en arguant du fait quil sagissait dunorganisme denormalisation industrielle, qui ne pouvait se prévaloir daucune compétence en matière de soins et de médecine, et que nous ne comprenions pas son intervention dans un domaine strictement médical (nous navons donc pas été invités à cette réunion à laquelle nous naurions dailleurs pas accepté de participer). La CSMF sest rangée derrière la position de lOrdre des Médecins qui a été claire et lapidaire, à savoir que les psychothérapies étant des soins médicaux, elles relèvent de la médecine et donc des seuls médecins ! Nous avons ensuite, avec le SNPP, demandé à la CSMF de confirmer cette position par écrit au Ministère.
6. Il nous a paru alors indispensable de nous positionner officiellement sur ce sujet de la pratique des psychothérapies et de le faire connaître tant au plan national queuropéen (via lUEMS). Cest ainsi que le Conseil a (difficilement) rédigé le texte ci-dessous : il nest pas parfait mais le résultat dun choix politique. Nous avons abandonné la position pourtant confortable de lOrdre afin de tenir compte de la réalité de la pratique hospitalière qui délègue volontiers, et depuis longtemps, la pratique des psychothérapies aux psychologues des services sur indication des praticiens et sous leur supervision. Il ne nous a pas échappé que cette " concession " risquait de se faire au détriment des libéraux qui auraient été "confortés" par la position plus simple de lOrdre, mais nous sommes restés fidèles à notre vision globale et unitaire de la pratique psychiatrique.
Toutefois, il est devenu alors indispen-sable de différencier les psychothérapies du psychiatre dans leur dimension globale, médicale et psychiatrique (diagnostic psychiatrique et organique si besoin, possibilité dexamens complémentaires et de prescriptions) sinscrivant dans le cadre de la consultation médicale spécialisée (CNPSY), de celles pouvant être pratiquées par dautres (tels les psychologues, par exemple) qui nont pas cette dimension ; les unes et les autres ne peuvent ni ne doivent être confondues, ni dans les faits ni dans leurs cotations éventuelles, afin quune éventuelle reconnaissance (même si elle paraît peu probable) dun acte psychothérapique (et sa sous-cotation inéluctable) ne puisse se confondre avec les psychothérapies pratiquées par les psychiatres dans le cadre de leur CNPSY. Il en va du devenir des psychiatres libéraux !
7. Cest en octobre 1999 que nous avons appris, par Christian Vasseur, Secrétaire général AFP, le dépôt de la proposition de loi sur lusage du titre de psychothérapeute par le député Bernard Accoyer. Ce projet, dont nous ne sommes pas demandeurs, est probablement dû à linstigation des psychologues, puisquil prône ce titre uniquement pour les psychiatres et pour eux. Notons que le député initiateur sest bien gardé de nous consulter malgré le fait que nous lui ayons écrit à deux reprises à la même période (au sujet du PLFFS et de lobligation de mention de la raison médicale des arrêts de travail) : il nous avait alors répondu sur ces sujets, confirmant ainsi quil nignorait pas notre existence ! Cette proposition de loi ne nous gêne pas puisquelle va dans le sens que nous défendons (à condition que la formation des psychologues concernés réponde à une véritable formation clinique). Mais on peut craindre que cette proposition ne soit combattue par les psychothérapeutes non-médecins, et rien ne dit quelle sera adoptée en létat puisquelle émane de lopposition parlementaire(1).
8. Notre position officielle au SPF sur la pratique des psychothérapies suscite de nombreuses réactions, souvent passionnelles, de la part de confrères qui nhésitent pas, sous prétexte de purisme ou de dogmatisme, à défendre des positions valables sous certains aspects mais qui iraient au détriment direct des psychiatres eux-mêmes et de leur pratique.
Un syndicat de psychiatres se doit de promouvoir et de défendre les conditions dexercice spécifiques aux psychiatres et, parce quil est aussi un Syndicat de médecins, de veiller à la santé publique et à la qualité des soins, et donc à la qualification de ses collaborateurs. Mais il na pas, par contre, à se substituer aux autres Syndicats de professionnels. Cest pour cette raison que, dans notre prise de position sur lexercice des psychothérapies, comme dans le courrier adressé au député B. Accoyer (cf. Prise de position du SPF), nous avons insisté sur les deux points qui nous paraissent fondamentaux :
- lincontournable nécessité préalable dun diagnostic médical et psychiatrique, puis létablissement de lindication des traitements psychothérapiques par un psychiatre,
- une formation universitaire et surtout clinique de la part des seuls autres professionnels susceptibles dune pratique des psychothérapies, les psychologues, et à la condition dune prise en charge conjointe avec un psychiatre responsable ou superviseur.
9. Un dernier point : il faut améliorer encore puis garantir la formation des psychiatres aux psychothérapies, tant initiale que continue, en relation avec les Universitaires, les Sociétés savantes et en harmonisation avec les instances européennes. Il sagit pour nous, au SPF, dune question prioritaire. Non pas quil nous appartienne de la formaliser (ce nest pas dans les attributions dun syndicat), mais nous devons en susciter la réflexion et la démarche auprès des différentes instances dont cest la compétence et la responsabilité.
Pierre
STAËL
Michel EISELE
Nous attendons avec intérêt les résultats du Colloque mis en place à ce sujet par lAFP, à lAssemblée Nationale, le 23 mars.
LEXERCICE DES PSYCHOTHÉRAPIES EST UN ACTE MÉDICAL QUI NE PEUT ÊTRE PRATIQUÉ QUE SUR PRESCRIPTION ET SUPERVISION PSYCHIATRIQUES. Cest la condition indispensable pour garantir à la population la qualité des soins.
Par ailleurs, il nous paraît important que soit très clairement différencié ce qui a à voir avec le psychopathologique et le thérapeutique, et qui seuls renvoient à la notion de psychothérapies, des multiples méthodes qui visent à lépanouissement personnel et qui ne sont en rien thérapeutiques ou psychothérapiques.
La prescription des psychothérapies
Cest au spécialiste quest le psychiatre que revient le rôle, de par sa formation et sa compétence médicale globale et psychiatrique, de poser les indications de traitements psychothérapiques structurés en intégrant la psychothérapie proposée dans la meilleure stratégie thérapeutique possible dans un but curatif et préventif. Sa qualification, quil est de surcroît seul à offrir, constitue par ailleurs la recon-naissance de sa compétence dans ce domaine et représente précisément la garantie de qualité recherchée.
La pratique des psychothérapies
1) Par les psychiatres.
Lexercice du psychiatre repose sur une reconnaissance universitaire et légale de sa compétence.
Si la spécificité de la consultation du psychiatre est sa dimension demblée psychothérapique, la psychothérapie du psychiatre est, de même, indissociable de la consultation psychiatrique dont elle fait partie intégrante. Elle tient sa spécificité dune part des aspects particuliers de la Maladie Mentale et de leur approche indirecte par le biais relationnel et, dautre part, de la place, de la fonction et de la nature de la formation et des connaissances du psychiatre, à savoir :
2) Par dautres, non-psychiatres, sur prescription psychiatrique. Elles nont pas la dimension médicale et globale de celles du psychiatre et ne sauraient donc se confondre avec elles. Il sagit de techniques psychothérapiques qui peuvent être pratiquées par des personnes qualifiées dans le cadre dune indication et dun suivi, voire dune prise en charge conjointe, avec un psychiatre responsable qui assurerait la supervision médicale dans une structure adaptée (travail en institution ou en réseau) et à condition que ne leurs soient pas confiées les pathologies particulières et lourdes qui relèvent spécifiquement de la prise en charge spécialisée des psychiatres.
Ces auxiliaires médicaux devraient pouvoir justifier dune formation universitaire et clinique jugées comme adéquates.
Le Bureau
Courrier
au député
B.
Accoyer, le 08.12.99
Monsieur le Député et Cher Confrère,
Nous vous remercions vivement de nous avoir communiqué le texte de la proposition de loi relative à lusage du titre de psychothérapeute que vous venez de déposer sur le Bureau de lAssemblée Nationale.
Nous souhaiterions faire deux remarques à ce sujet :
Nous vous prions ...
Simon-Daniel
KIPMAN
Président
SPF
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Qualité
des soins et évaluation
|
La qualité des soins est devenue le seul argument opposable tant à la population quà nos partenaires institutionnels. Cest elle aussi qui peut, juridiquement et médiatiquement, protéger le corps médical des attaques de plus en plus nombreuses dont il est lobjet. Mais la qualité doit se prouver. Son objectivation a pour corollaire incontournable son évaluation. Plusieurs projets dévaluation ont vu récemment le jour, dont trois nous paraissent importants :
Devant limportance pour la profession de participer à la définition de son évaluation plutôt que de la subir passivement, et le fait que toute demande de moyens nouveaux (ne serait-ce quune augmentation dhonoraires) doit être désormais justifiée par une augmentation des exigences de qualité, comme la médecine hospitalière en fait quotidiennement lexpérience, voici lanalyse critique faite par le SPF du décret n° 99-1130 du 28.12.99 relatif à lévaluation des pratiques professionnelles et à lanalyse de lévolution des dépenses médicales.
Ce décret organise :
- lévaluation individuelle des pratiques professionnelles,
- lévaluation collective,
- lanalyse de lévolution des dépenses.
On note demblée que lévolution des dépenses est mise sur le même plan que lévaluation des pratiques. Si lon prend en compte que ce décret a été publié par la Ministre de lEmploi et de la Solidarité et que lanalyse des chiffres est toujours plus facile que celle des pratiques, on perçoit que le facteur économique est son véritable objet. Pour le gouvernement, il remplace sans doute avantageusement tous les projets avortés dorganisation de la Formation médicale continue. Lorganisation pratique de cette évaluation est confiée aux Unions régionales des médecins libéraux. De ce fait, elle remet en selle ces organismes, leur donne une nouvelle légitimité et résout le problème du financement de cette évaluation puisquil sera assuré, via les Unions, par les cotisations des médecins. Le décret est formulé assez habilement pour dépasser les blocages récents des Unions, en précisant à chaque paragraphe que ce sont les sections constituant les Unions, cest-à-dire soit les sections de généralistes, soit les sections de spécialistes, qui organiseront lévaluation.
Laspect scientifique de lévaluation est confié à lAgence nationale daccréditation et dévaluation en santé (ANAES), organisme rodé en matière de références médicales et daccréditation.
1. Lévaluation individuelle des pratiques professionnelles
Chaque médecin pourra, à sa demande, être évalué et disposer ainsi dune appréciation et de recommandations formulées par ses pairs sur la qualité de ses pratiques en matière de prévention, de diagnostic et de thérapeutique. Cette évaluation se fera à son cabinet par des médecins habilités, à partir de guides dévaluation professionnelle élaborés par lANAES. Elle prendra en compte les recommandations de bonne pratique, les référentiels de pratiques, et les références médicales. Elle sera organisée localement par la section delUnion. Le (ou les) médecin(s) habilité(s) pourra(ont) consulter les dossiers médicaux rendus anonymes. Après une phase contradictoire, ils formuleront par écrit au médecin concerné leurs conclusions et leurs recommandations visant à lamélioration de ses pratiques. Lorsque le cycle de lévaluation sera terminé, lUnion informera le Conseil départemental de lOrdre. Lorsque lévaluation aura été satisfaisante sans réserve, lUnion adressera à ce médecin et au Conseil départemental une attestation qui pourra être utilisée par le médecin dans les limites du Code de déontologie. Lorsque lévaluation aura mis en évidence des faits mettant en jeu la sécurité des patients, les médecins évaluateurs le signaleront au médecin et proposeront des mesures correctrices. En cas de refus par le médecin, les médecins évaluateurs seront tenus de transmettre immédiatement un constat circonstancié à lOrdre des médecins.
Remarques :
- Cest lANAES qui habilite les médecins évaluateurs ; ceux-ci doivent être eux-mêmes évalués et formés. Il est prévu quils soient dexercice libéral (mais leur spécialité nest pas mentionnée) et le directeur de lAgence peut définir des modalités particulières au cas où ils ne le seraient pas. On peut penser quil sagit là dune mesure visant à empêcher le blocage de linstitution par un manque de vocations de médecins évaluateurs, mais cette particularité peut aussi être dangereuse.
- Globalement, cette évaluation paraît "douce" et conviviale puisque le médecin doit la demander, quil reçoit des pairs à son cabinet, quelle est contradictoire et que la seule sanction est labsence dattestation, lorsque le médecin na pas satisfait sans réserve à lévaluation de sa pratique. On peut néanmoins craindre quau fil du temps, le fait de ne pas avoir demandé lévaluation ou, a fortiori, de lavoir demandée et de navoir pas satisfait à ses exigences, pourrait nuire aux médecins.
- Dun autre côté, ce projet rejoint une proposition que la profession a faite : création dun secteur optionnel à honoraires majorés et remboursés sous certaines conditions. Il existe déjà des certifications facultatives dans dautres pays, comme aux USA (ou même en Europe, parrainées par lUnion européenne des médecins spécialistes). Ces attestations peuvent être utiles pour solliciter un emploi salarié, une fonction dexpert auprès dune compagnie dassurance. Il est certain quune telle attestation serait un bonus pour un médecin qui, en cas de privatisation de lAssurance maladie, voudrait être agréé.
- La mise en place de cette évaluation individuelle risque cependant de prendre beaucoup de temps : créer un guide dévaluation, ladapter à chaque spécialité, former des évaluateurs, sur une liste dattente... Gageons quil faudra bien cinq à dix ans pour que le système puisse produire un nombre significatif de "promus" ! Par contre, la publication des guides dévaluation aura sans doute un effet démulation sur lensemble de la profession.
2. Lévaluation collective des pratiques
Beaucoup plus facile à organiser par les Unions, lévaluation collective vise à permettre à chaque praticien de confronter ses pratiques à celles de ses confrères ou à des référentiels validés par lANAES. Elle peut se faire sous forme de réunions associant des médecins dactivité similaire en vue de lanalyse de cas cliniques ou de lanalyse des écarts entre lactivité de ces médecins et les références. Cette forme de réunion, de type " cercle de qualité ", existe dans de nombreuses professions (en particulier dans lindustrie), mais aussi pour les médecins dans certains pays (la Suisse, par exemple, où les assurances paient les médecins pour se réunir, estimant que cette dépense est largement compensée par les gains résultant de leur pratique, sans autre mesure coercitive). Ces réunions seront, elles aussi, conduites par les médecins évaluateurs cités précédemment.
3. Lanalyse de lévolution des dépenses
Lanalyse de lévolution des dépenses doit être réalisée trimestriellement par les sections des Unions à partir des données transmises par les Unions régionales des Caisses dAssurance maladie. Cette fonction de présentation et de comparaison de lactivité et des prescriptions, spécialité par spécialité, reprend ce qui se faisait dans les Commissions conventionnelles paritaires locales des Caisses primaires, commissions ne se réunissant plus en raison du vide conventionnel. Ces réunions devraient permettre dexpliquer aux Caisses lorigine de lévolution ou du dérapage de certaines dépenses, mais serviront surtout de justification aux lettres-clé flottantes. Globalement, les membres de la commission portent un regard nuancé sur ce décret : il est intéressant puisquil essaie de formaliser une évaluation des soins ; par contre, il est nettement orienté vers une évaluation quantitative et formelle. Même dans lévaluation individuelle des médecins, cest davantage le respect des textes réglementaires qui est observé plus que lefficacité des soins, la qualité du geste thérapeutique ou celle de la relation médecin-malade. On peut craindre davantage lutilisation tendancieuse de ce décret que son application "à la lettre" : la hiérarchisation des médecins et le fait de détourner leur activité thérapeutique vers une attention exagérée aux pratiques référentielles, risquent de nuire à leurs qualités découte et dadaptation aux besoins des patients.
Le décret risque aussi de convenir à déventuels assureurs privés en leur préparant des médecins "évalués". Pour la petite histoire, on pourra noter la rémunération des médecins habilités : elle sera au maximum de 3 C par heure de travail. Serait-ce un repère pour de futures négociations tarifaires ?
Ce décret impose dans limmédiat une action syndicale dans deux directions :
- le principe de lévaluation étant imposé, les psychiatres se doivent dêtre présents dans lélaboration des guides et des référentiels concernant leur exercice ; cela se fera à travers lAssociation française de psychiatrie et la Fédération qui désigneront des experts à lANAES ;
- les psychiatres se doivent aussi dêtre présents au niveau des Unions professionnelles régionales, si possible en étant élus, au moins en votant et en soutenant la CSMF qui les représente (cf. les élections du 29 mai).
Michel EISELE
Vice-Président
Le Prix Charles Brisset 1999 :
Le Trou du Rat
de Jacques TEPHANY
Edition Buchet Chastel
TÉPHANY est un conteur...
... celui quon aimerait entendre sous les platanes dun village du Vaucluse quand " le soleil brille fort et donne à notre pénombre une sorte de lumière intérieure ";
... celui qui par courtoisie nous parle en français gardant du provençal, à demi-cachées, ses ailes doiseau chanteur et coloré.
Sur la place, il y a un conteur et peut-être sur le mur "une vieille affichette, image de deux clowns qui se tapent sur le ventre"..., mais les clowns sont morts tous les deux à Auschwitz.
Sur la place, il y a un conteur. Après les massacres et la terreur et la trahison, plus de clowns, plus de bateleur. Reste le récit dune épopée brève et dune longue nostalgie. De mille morts le conteur recrée la vie. De ses paroles, de ses gestes sélève un vol doiseaux poètes qui narguent les corbeaux, les prédateurs, les " esthètes de la terreur ".
TÉPHANY est un conteur...
O lecteur homme de cabinet et de bibliothèque, tu ne sais plus lire avec ta voix..., tu las désappris depuis bien longtemps et tu nentends plus la voix du texte entre les lignes.
Pourtant Le Trou du Rat ça parle, ça dit à qui veut lentendre quil ne sagit plus dun récit de " styliste " : " Ce nétait ni Stendhal ni Chateaubriand qui menchantaient, cétait le plaisir de Berguier à men entretenir ", et le plaisir de relire ensemble quand tout paraît sêtre apaisé, une phrase de Céline (il faut sen méfier comme de la peste) : " et puis il sest passé des choses et encore des choses quil nest pas facile de raconter à présent à cause que ceux daujourdhui ne les comprendraient déjà plus ".
Louis Gassin évoque un tout autre Voyage au bout de la nuit, son voyage au Trou du rat et ce nest certes pas un rat de bibliothèque.
Ami lecteur, lisons ensemble à voix haute ou, comme à la veillée, à mi-voix. Cela commence par " Nous "... et sachève, 150 pages plus loin : "Nous nous sommes toujours vouvoyé avec Berguier".
Vous découvrez, lecteur, la brutalité..., labsurdité dune rafle et tout de suite les personnages sont en place :
ceux qui cognent, cravachent,
frappent, saffairent à torturer,
et ceux qui souffrent, subissent,
hurlent de douleur,
et la chair est à vif,
et le texte parlé, de ses phrases courtes revêt les corps, se moule sur les mouvements violents qui les agite, enveloppe de noir, darmes et de casques les lourds automates de la mort.Ici et là, les pointillés du texte, son halètement -cest à couper le souffle- exhibent les déchirures, les plaies, les labours des corps suppliciés. Sombre archange, le traite Lamblard officier des Waffen SS règle ces atrocités sous les fresques dun plafond de bordel peint danges nus, de chairs damour, roses, blondes.
Tout ira sous terre..., ils sont faits comme des rats..., psalmodie le chur.. quon imagine autour du conteur.
Lauteur, sil sait presser la parole, hâter le pas des bourreaux, bousculer le récit, sait encore "carder", tisser sa trame. Ainsi le Rat nous fait signe dune étape à lautre tandis que le soleil...
"la bâche est fermée, il fait sombre mais de courts rayons de soleil se posent sur des visages, des mains comme dinfatigables oiseaux".
Le soleil... et la métaphore, le symbole vivifient le second acte du conte où lon ira, comme une initiation, jusque sous terre dans le royaume des morts.
Que les bourreaux manquent de peu leur cible et voici Gassin, seul, habitant dun corps en ruine.
Sujet dun monde en perdition, dune Apocalypse, il senfouit dans la fange, senterre dans un cimetière de campagne, rampe au creux dune faille géologique "le Trou du rat".
"Le Corps, la mère, la Terre sont les racines de la conscience", écrivait Hüsser. Le corps défait se blottit dans une matrice doù surnagent le rêve, les souvenirs denfance, la tendresse maternelle. Entre mort et vie, les "limbes" du Lubéron évoquent un certain Robinson qui, dans les entrailles de son île, redécouvrait loriginaire.
Mais Michel Tournier griffe et gratte sa page dans la tradition du "styliste", Jacques TEPHANY "conte"... et si les phrases sallongent elles gardent la mesure du souffle et linflexion du geste qui les courbe.
Cependant, dans cette histoire de nuit, de forêts, de montagnes, les phrases se regroupent en bouquets de petits bonheurs et de grands élans du verbe qui se fait fougères, lune ou chevreuil.
"Deux yeux sont dans la nuit couronnés de branches et détoiles comme un masque cloué au ciel avec deux naseaux palpitants
Un chevreuil veille sur moi ",Et puis tout à coup cela déboule en staccato :
" Oublié...
Tant de souffrances et de peurs...
Tout oublié...
Cest incroyable...
Oublié...
Tout.
Mais maintenant je me souviens ".Le rat sarrache au plus profond de son histoire. Il se hisse vers le soleil qui sécoule à grands jets droit dans la gorge. Né de la terre, sorti de ses entrailles, il émet des cris denfant.
Le versant du salut, cest limage de cette femme sous le grand platane dune terrasse, une maison... et puis le galop de la belle Delage, celui de la locomotive Haut-le-pied, les coursiers de la délivrance.
"Nous avons dit "je" tout du long... jusquau moment où les événements par chance nous ont reliés les uns aux autres".
Le conteur nous ramène à lamitié du chirurgien qui guérit Gassin de ses blessures. Cest encore la guerre, les corps déchirés : médecin, ou presque, Gassin aide Zuccharelli : cest le monde du "nous", du soin, de la compassion... de la vengeance aussi : non pas "ma" vengeance mais bien plutôt "Notre vengeance".
Cinquante ans plus tard, ils parlent, ils se parlent, Berguier et lui, des vies ... des rencontres, des amours, des morts.
Le conteur prolonge dune coda le temps du récit et Berguier prend ici toute... sa stature.
Il est là... toujours là, il était "déjà là", comme lanalyste de Lacan..., comme le peintre dans le tableau des Ménines : "Un dernier détail idiot : nous noussommes toujours vouvoyé avec Berguier". Un moment, vous écartez les livres des "stylistes" ; le conteur, dites-vous, a su vous toucher !
Nous remercions lAlliance Solvay Pharma et Pharmacia & Upjohn qui soutient le Prix depuis huit ans et qui a fait réaliser une édition spéciale de 8.000 exemplaires du Trou du Rat, remise par leurs collaborateurs à chaque psychiatre qui leur en fera la demande.
Michel DEMANGEAT
Président du JuryLes membres du jury 1999 étaient Jacques-David Beigbeder, Jean-Louis Brenot, Claire Brisset, Rossella Castro, Michel Demangeat, Serge Frajerman, Jean-Louis Griguer, Simon-Daniel Kipman, Jean-Pierre Rumen, Annie Triniac, Christian Vasseur, Florence Depery (Solvay Pharma), Véronique Jamagne (Pharmacia & Upjohn).
LA DÉCOMPOSITION
"Oui !"(1)
Oui, cest bien, comme tous sy attendaient, cest bien "La décomposition" de Anne F. Garréta(2) qui na pas obtenu le Brisset.
Je dis "le" Brisset, comme on dit "le" Goncourt, parce que si nous voulons un peu décho dans les gazettes(3) il faut commencer par y croire nous-mêmes : il faut "se croire". Et nous avons, nous les jurés du Brisset, fait de ce point de vue un effort méritoire : nous avons fréquenté la même cantine que les Goncourt.
Seul des livres en compétition "La décomposition" aura déchaîné les passions, seul il aura entraîné cette " hainamoration " si particulière qui auréole certaines uvres. Et que seraient, ô mânes de Hugo, de Gauthier, dArtaud, une littérature, un théâtre sans tumulte, consensuels ? Un grand défi pour le troisième millénaire ? Ici, le scandale cest de pourfendre à nouveau cet increvable : le Roman, de tenter dachever ce que Proust a si bien entamé, et de lachever précisément sur le texte de "A la recherche du temps perdu".
II sagira, pour cela, déradiquer les personnages, de trucider des tenants lieu de Swann, de Mme de Saint-Loup, de Françoise, de Bergotte après quils sont baptisés au terme dun subtil comput. Cest une mise en acte de la nomination comme mort de la chose, du baptême comme promesse de mort.
De Quincey et les Beaux-Arts, Breton et la Folie sont apostrophés pour avoir craint de poursuivre jusquà limmotivation. Immotivation psychologique du meurtre qui aura à référer au seul signe et à son immotivation linguistique. La littératuerie népargne rien. Surtout pas nos illusions, nos explications psychologiques, romanesques, cette inflation du Moi dans laquelle nous nous leurrons comme se leurrera Françoise qui, à ce seul Sésame : "Cest moi , ouvre la porte à son assassin.
Nous voici donc amenés à "quelque manière nouvelle dappréhender lintimité, le mystère des êtres", comme le souhaitait le Président du Jury pour notre prix : prix littéraire de psychiatres qui peuvent bien rêver à un acte décriture qui passerait "là où les discours philosophiques et psychologiques ne passent pas", comme Michel Serres laffirmait quelque jour, et qui conférerait un caractère dévidence à notre constitution par ce nouage de signifiant, dimage et de viande appelé dans son ensemble et en chacun de ses constituants, à la décomposition.
La mort infligée aux supports de lidentification proustienne ne prendrait pas toute sa valeur sans la possibilité nouvelle deffacement radical quoffre lenregistrement des textes sur Internet. Là, on touche au fantasme sadien danéantissement, de seconde mort, de celle quon tenta dinfliger à Heine qui figure ici anonymement comme on le fit figurer dans les manuels de lère de la peste brune. Mais la vieille chanson de la Lorelei, tapie dans les mémoires (vives?) revient et annule ce projet. La réminiscence contredit à linstallation de la mort comme maître, de la même façon quobsession et hystérie se contredisent, en faisant couple, pour aboutir à cette unification sexuée que nous présente lauteur en son apparence, comme en son expression : au neutre.
Sa splendide et diabolique adresse décriture permet enfin à Garréta de convoquer à son sabbat toute la littérature, demprunter tous les styles, tous les masques comme on évoque les esprits pour les contraindre à répondre.
Et à moi Desnos souffle que Rrose Sélavy admire "La décomposition" mais ne sait si elle admirera la position dès quon la lui fera valoir...
Jean Pierre RUMEN
Ajaccio(1) Racine (J.) : Athalie, Acte 1, Scène 1, Paris, 1691.
(2) Bernard Grasset, Paris, 1999.
(3) NdT : impact médiatique.
Liste des associations nationales de psychiatres de l'Union Européenne et des pays associés
Listing of the National Associations of Psychiatrists from the European Union and from Associate members
LAssociation Française de Psychiatrie (AFP) et le Syndicat des Psychiatres Français (SPF) ont le plaisir de vous présenter la première liste des Associations Nationales de Psychiatres dans lUnion Européenne, avec leur nom officiel, leurs dirigeants et leurs adresses. Cette liste nest exhaustive que pour les pays de lUnion Européenne, car de nombreux autres pays européens ne nous ont pas répondu ou nont pas les structures nécessaires. Cette liste constitue un moyen déchange et de communication indispensable dans une Europe de plus en plus communautaire. Elle demandera à être mise à jour régulièrement et nous espérons pouvoir le faire grâce à laide de tous ceux qui y ont déjà contribué et que nous remercions ici. Nous espérons quelle correspondra à vos attentes.
The "Association Française de Psychiatrie" and the "Syndicat des Psychiatres Français" are very glad to present you the first listing of the National Associations of Psychiatrists in the European Union, with their official name, addresses and leaders names. This listing is not limited, excepted for the countries of the European Union, because many others countries did not answer or did not have similar structures. This listing constitutes an indispensable way of communication and exchange in a more communitary Europe. It will demand to be up-dated and we hope to have the possibility to do it with the collaboration of all of you who participated in the work of this first listing. Thank you to all of you and we wish that this listing will be useful to each other.
Harald SONTAG
Strasbourg
Chargé de mission Europe
SPFCOUNTRIES OF THE EUROPEAN UNION
PAYS DE LUNION EUROPÉENNE
1 AUSTRIA AUTRICHE 9 ITALY ITALIE 2 BELGIUM BELGIQUE 10 LUXEMBURG LUXEMBOURG 3 DANMARK DANEMARK 11 NETHERLAND PAYS-BAS 4 FINLAND FINLANDE 12 PORTUGAL PORTUGAL 5 FRANCE FRANCE 13 SPAIN ESPAGNE 6 GERMANY ALLEMAGNE 14 SWEDEN SUÈDE 7 GREECE GRÈCE 15 UNITED KINGDOM ROYAUME-UNI 8 IRELAND