N°94

AVRIL 2000

Sommaire

 

Éditorial

Didier Anzieu

Les flancs de l’Aventin

AFP
Les psychothérapies et la loi
Penser la psychose
Responsable mais pas coupable
Assemblée Générale et Conseil

SPF
Actualité professionnelle
Assemblée Générale et Conseil
Motion
Unions professionnelles

Jubilé

Communiqué CASP

Psychiatrie en Europe

Psychopathologies à La Santé

Psychiatrie Française

Courrier des lecteurs

Psychiatricus

Chemins de la connaissance

 

 

 

BRAVO, LES PSYCHIATRES !

 

Par votre engagement dans les fédérations syndicales hospitalières, grâce à votre détermination, vous avez arraché au Ministre de l’Emploi et de la Solidarité un accord qui engage l’avenir de tous les hospitaliers. Merci, Pierre (1) ! Merci, Rachel (2) !

Qui s’étonnera de cette victoire ?

Ceux qui pensent que les psychiatres sont les parents pauvres de la médecine ?

Ceux qui préfèrent les pleurs aux combats ?

En vérité la psychiatrie est porteuse d’un grand projet pour l’hôpital de demain.

Parce qu’être psychiatre c’est allier science et humanisme, parce que les psychiatres ont inventé -avec le secteur- la médecine de réseau, parce qu’ils respectent la demande et sont attentifs aux filières de soins, parce que leur mission s’étend -bien au-delà du soin aux malades- à des objectifs de santé mentale, ils font de la psychiatrie l’exemple à suivre.

Cet accord, vous l’avez obtenu par l’union, soutenus que vous étiez par l’ensemble des psychiatres : hospitaliers, associatifs, libéraux. Alors nous vous disons : continuez ! Continuez à rester solidaires et faites-nous franchir ensemble un pas de plus !

Le protocole dit en effet que nous seraient offertes, afin de nous "impliquer davantage dans les processus décisionnels", des formations spécifiques au management et à la gestion. Eh bien non, ce n’est pas de formation à la gestion dont nous avons besoin ; chacun son métier. C’est une place différente pour les praticiens hospitaliers que nous revendiquons. Nous demandons à être représentés dans les équipes de direction, pour faire que l’hôpital de demain ne soit pas seulement un dispensateur de soins évalués au coût par pathologie, mais une véritable institution au service de la santé des personnes et des populations, évaluée alors au prix de son rayonnement, de la qualité de son accueil, de son travail d’équipe et de son efficacité.

Et alors, seulement, tous les médecins s’y retrouveront.

Jacques-David BEIGBEDER
Les Mureaux

(1) Pierre FARAGGI, praticien hospitalier, psychiatre, Président de la CHG (Confédération des Hôpitaux Généraux). Retour
(2) Rachel BOCHER, praticien hospitalier, psychiatre, Présidente de l’INPH (Intersyndicale Nationale des Praticiens Hospitaliers). Retour

 

DIDIER ANZIEU (1923-1999)

 

Didier Anzieu est mort le 25 novembre 1999 après une longue maladie de Parkinson progressivement invalidante. Il l’affronta avec un courage admirable qui lui permit de poursuivre jusqu’au bout, malgré les obstacles, son activité d’analyste et certains travaux.

D. Anzieu fut un ami, un collègue analyste et un compagnon de recherche active au CEFFRAP.

Normalien, agrégé de philosophie, assistant de D. Lagache en Sorbonne, puis professeur de psychologie à Strasbourg, puis à Nanterre, D. Anzieu fut aussi et avant tout un psychanalyste, et de premier plan. C’est en tant que tel qu’il proposa de nouveaux concepts éclairant la dynamique de la cure certes, mais aussi les particularités des fonctionnements psychiques des personnalités aux limites incertaines : ainsi en fut-il du "Moi-peau", des "enveloppes psychiques", des "signifiants formels", "du transfert paradoxal", etc. Mais l’éventail des recherches et travaux entrepris par D. Anzieu déborde largement le champ de l’analyse. Didier Anzieu était animé du désir d’explorer de nombreux champs à la lumière de la psychanalyse, et en s’y engageant personnellement.J’énumèrerai ici quelques-uns des domaines de sa recherche : il fut l’homme des techniques projectives, il fut celui du psychodrame psychanalytique, en deux étapes d’élaboration différentes, il fut à la pointe de la formation des psychologues, il fut l’auteur du "Corps de l’œuvre". Dans cet ouvrage, il décrit les étapes qui vont de l’origine de l’œuvre, au cœur de la psyché de l’auteur dans un jaillissement créateur, jusqu’à son achèvement, son détachement et la séparation nécessaire à la vie de l’œuvre.

Dans "Becket et le psychanalyste", Anzieu montre l’implication de sa personne à tous les niveaux de sa recherche. Dans ce livre, il entrelace les œuvres de Becket, leur auteur dans sa vie et ses liens, son analyste Bion, et la psyché même de Didier, telle qu’elle est sollicitée en résonance fantasmatique. Cet ouvrage ne pouvait être que le travail d’un analyste et d’un grand analyste (auteur à l’occasion de contes fantastiques). Sans doute Anzieu a-t-il été en mesure de réaliser cet ouvrage après l’expérience qu’il fit dans la préparation de son "auto-analyse de Freud" et la découverte de l’intrication profonde entre les patients hystériques, leurs rêves et ceux de S. Freud, et la pathologie de Freud. Ainsi était ouverte la voie où se rencontrent deux psychés en lien profond et en découvertes mutuelles. L’autoanalyse de Freud eut un grand succès national et international. Il allait donc de soi que, parallèlement à ces ouvrages, Anzieu fut conduit à souligner que dans les métiers "relationnels" que sont les nôtres, le fonctionnement psychique du clinicien et du thérapeute est impliqué, et qu’il aura un effet (qu’il le sache ou non) sur le déroulement des échanges dans les consultations et dans les traitements. D’où la nécessité pour le clinicien de s’y préparer et de se sensibiliser à la dimension personnelle qui intervient dans son travail.

C’est ainsi qu’Anzieu souligna l’importance des expériences personnelles de psychodrame et aussi de participation à des petits groupes avec psychanalystes, à des séminaires réunissant plusieurs petits groupes, où les effets de liens de chacun à chacun des autres, et au groupe et aux autres groupes et à l’ensemble puissent être repérés dans leurs variétés et leurs impacts.

D. Anzieu fonda le CEFFRAP en 1962 à des fins d’explorer avec des psychanalystes le fonctionnement préconscient/inconscient des petits groupes. Ceux qui vécurent cette période gardent le souvenir de moments de travail clinique et de recherche (sur leur propre groupe) où le sérieux, l’élaboration et l’humour (ah, les calembours d’Anzieu) organisaient nos échanges.

Il publia en 1975 "Le groupe et l’inconscient" ouvrage qui fut suivi de deux éditions nouvelles apportant chacune les modifications théorico-cliniques que son expérience lui dictait.

Il prolongea ses recherches sur les petits groupes en favorisant le développement des psychothérapies psychanalytiques de groupe, celles des familles, et en ouvrant le champ des interventions d’analystes dans les institutions.

Didider Anzieu ne fut pas psychiatre mais à la psychiatrie et aux psychiatres, il apporta une somme de théories et de pratiques dont nous pouvons le remercier. Nous le perdons et sommes dans la peine, mais il nous laisse un immense héritage.

André MISSENARD
Paris

 

LES FLANCS DE L'AVENTIN

 

Il y a quelques contradictions entre le souci de revêtir la toge de lin blanc et pur, qui signale l’éthicien, et la nécessité de porter la salopette pleine de cambouis des combats politiques ; il y a tension entre le moraliste et le diplomate, même s’ils sont d’accord sur le fond. Ces tensions, ces " conflits " se retrouvent dans toutes les institutions et, bien sûr, dans nos réunions.

Ce n’est pourtant pas compliqué si - comme je le disais - on est d’accord sur le fond, sur les bases théoriques et idéologiques de nos actions. Il suffirait de sortir de cette classification tentante et peut-être inévitable, selon laquelle " si l’un est bien, l’autre est mal ". Les psychiatres devraient savoir l’éviter pour leurs propres actions, puisqu’ils sont censés pouvoir dépasser cette morale dichotomique face aux discours et aux comportements des malades.

Simon-Daniel KIPMAN
Paris

 

LES PSYCHOTHERAPIES ET LA LOI

 

"Il y a tout avantage à ne pas subir l’évolution spontanée des idées
et des choses et à rechercher des actions constructives,
entreprise ambitieuse qui ne saurait être que collective
"
Théophile KAMMERER

Un débat de fond au 2e sous-sol de l’Assemblée Nationale, où Freud aura reconnu les siens...

Le parallèle pourra sembler de très mauvais goût, mais il en est un peu de ce débat comme de celui sur l’euthanasie : légiférer ou non ? Poussons le bouchon plus loin : dans un contexte polémique, les traitements psychiatriques exclusivement chimiques reçoivent volontiers des appellations désobligeantes, que nous connaissons tous. Et si les psychothérapies étaient fondamentalement l’alternative à l’euthanasie psychique que nous sommes parfois injustement accusés de pratiquer ?

Ce n’était bien sûr pas le propos de la réunion du jeudi 23 mars dernier à l’Assemblée Nationale, co-organisée par Christian Vasseur, Secrétaire général de l’AFP, et notre confrère Bernard Accoyer, Député de Haute-Savoie, à la suite d’un projet préparé depuis plusieurs mois, et adopté lors de notre conseil d’administration du 22 janvier. La salle qui nous accueillait était pleine, le secrétariat avait du refuser des personnes qui voulaient s’inscrire jusqu’au dernier moment : c’est dire que l’enjeu a été perçu comme essentiel.

De ce point de vue, les intervenants à la tribune n’ont pas déçu l’auditoire, et nous saurons gré à Jean-Jacques Kress d’avoir présidé la table ronde des aspects théoriques avec tout le tact que nous lui connaissons. La plupart des participants ayant été annoncés dans notre numéro de février (cf. N° 92 p. 17), nous ne pouvons les citer tous ici. Mais nous reprendrons quelques phrases qui nous ont semblé souligner des aspects importants du problème traité.

C’est ainsi que Madame Dominique Clerc Maugendre a insisté sur le temps que prenait tout processus de spécialisation, sur l’interdépendance -en tout cas dans notre pays- entre la psychiatrie et la psychanalyse, et sur la nécessité de poser une bonne indication thérapeutique. Le Professeur René Roussillon rappelait les trois domaines "en concurrence" dans le champ des psychothérapies : cognitivo-comportemental, systémique-interactionniste, psychodynamique-psychanalytique. Il soulignait aussi la complémentarité du savoir-faire et du savoir-être, et a posé la question des procédures d’évaluation du savoir-être. Le Professeur Patrick Guyomard souhaitait qu’on ne dissocie pas la réflexion sur les psychothérapies d’une réflexion sur ce qu’était devenue la pratique de la psychiatrie. Il semblait attaché à différencier la psychothérapie de la psychanalyse, pour que celle-ci reste psychanalytique. Cela s’entend mais est souvent réduit à l’affirmation posée comme garante de sa pureté, que la psychanalyse n’est pas thérapeutique. Cette idée soulage peut-être les " polybalafrés du divan ", mais inquiète ou excite ceux qui en attendent quelque chose, et intéresse de manière ambiguë tous ceux qui, dans le champ de la santé mentale, ne veulent ou ne peuvent pas comprendre la place de la psychanalyse (ou encore veulent la prendre...). Une compréhension du psychisme qui méconnaîtrait que la mise en lien, la Bindung, ou la symbolisation soient du côté du "mieux", serait assurément bien curieuse.... De là, on peut comprendre l’embarras des pouvoirs publics, peut-être pas si désintéressés que ça en face de nos contradictions et perplexités. Heureusement, à l’Assemblée nationale, elles n’explosèrent pas, et Bernard Accoyer a réélaboré sa proposition de loi au fur et à mesure des interventions (cf. Communiqué).

Le Docteur Daniel Grunwald représentait le Conseil National de l’Ordre des Médecins, et a dénoncé un usage souvent parfaitement anormal du titre de psychothérapeute, sectaire et charlatanesque. L’Ordre souhaiterait un éclairage pour mieux définir son attitude : peut-on envisager que le titre de psychothérapeute soit ajouté à certains professionnels de santé, en évitant toute ambiguïté, de manière à garantir la qualité des professionnels, tout en répondant à la demande de clarification des patients ?

Parlant au nom de la FFP, le Professeur Jean-François Alillaire soulignait, de la salle, la grande confusion médiatique à propos des psychothérapies, et estimait que seule la profession de psychiatre, avec sa garantie médicale, avait l’ampleur souhaitable pour assurer diagnostic, indication thérapeutique et réalisation thérapeutique. Notre ami Alain Ksensee faisait remarquer qu’il ne se reconnaissait pas dans les internes actuels, en raison de la pauvreté de leur expérience psychothérapique. Un autre collègue s’inquiétait des psychothérapeutes autoproclamés, qu’il comparait au boucher de la rue Daguerre qui s’installerait comme neurologue, au motif d’une communauté de viande tranchée... Pour lui, ni le DSM ni les stages cliniques ne formeraient à la psychothérapie. Une autre intervenante s’est assez violemment indignée qu’il n’y eût que des psychanalystes à la tribune. Christian Vasseur lui a répondu, ainsi qu’aux autres sceptiques, "qu’il était tombé dedans [la psychanalyse] quand il était petit", et qu’il assumait ses convives et son plan de table : "La psychiatrie française s’est faite par imprégnation de la psychanalyse, c’est un fait historique", à quoi nous ajouterons aussi nos nombreux aînés fondateurs et hospitaliers qui étaient membres du PCF, et pour certains aussi psychanalystes... L’histoire de la psychiatrie nous donnerait ainsi raison de refaire une halte (bienfaisante ?) du côté du politique, sans même qu’il s’agisse de choix partisans : n’oublions pas que c’est à l’initiative législative d’un élu du peuple que nous devons la tenue de ce débat, étape nécessaire même si elle n’est pas encore suffisante, sur le chemin de la reconnaissance de notre travail tant syndical qu’associatif. Pour sa part, François Kammerer a rappelé l’urgence qu’il y avait à protéger les patients à propos des titres, que c’était une question de santé publique, le débat sur ce qu’était la psycho-thérapie relevant lui des associations scientifiques. Madame Jeannine Chasseguet-Smirgel a rappelé le nom de quelques célèbres médecins non-psychiatres mais psychanalystes, qui pourraient se retrouver hors-la-loi...

La Secrétaire d’État à la Santé était représentée par le Docteur Olivier Obrecht, qui est brièvement intervenu pour parler des inquiétudes qu’avait suscitées la proposition de loi au ministère. Il estimait qu’il fallait laisser la psychanalyse vivre sa vie de "grand-mère", ce qui a bien sûr tinté aux oreilles de certains d’entre nous : si la psychanalyse a un âge vénérable, les fils de Freud ne se sont pas montrés aussi fatigués que cela(1)... Ce quasi faire-part est d’ailleurs peu compréhensible, sauf à y voir les effets des erreurs de ceux qui parmi nous confondent débats internes et externes. Cela profite toujours aux résistances à la psychodynamique, d’où qu’elles viennent. Il y a enfin un autre aspect à cette question : a-t-on déjà reproché à un chirurgien d’être un successeur d’Ambroise Paré ? Il n’y eut pour nous qu’un Freud et qu’un Lacan, et ils ne sont historiquement pas si loin de nous...

Bernard Accoyer a insisté sur le problème de sécurité sanitaire et de droit des malades qu’il avait voulu soulever en déposant sa proposition de loi.

Le Professeur Roger Mises est revenu sur les critiques faites à la formation des psychiatres, en rappelant que certaines universités faisaient d’indéniables efforts en ce domaine. Il a rappelé aussi avec force que le découpage théorie/pratique ne s’appliquait pas aux psychothérapies, les deux versants étant indissociables, la pensée théorique permettant au thérapeute d’apporter des réponses à la singularité de la rencontre. Il a insisté aussi sur les nouvelles formes d’aide psychothérapique aux enfants : dépistage, médiations et thérapies brèves ne sont pas réductibles à leur technicité ; une formation polyvalente et étendue est donc exigée.

Fort d’une expérience de forum citoyen sur la santé, le Docteur Bernard Jolivet a opportunément rappelé que le système de soins psychiatriques restait encore pour le public d’une grande opacité, ce qui pouvait conduire les usagers à d’autres recours. Il déplorait aussi qu’il n’y ait toujours pas de politique d’ensemble de la santé mentale, et se faisait l’écho d’une préoccupation sécuritaire des patients : à qui se confier devant l’atomisation des fonctions et la dilution des titres ? Madame Marilia Aisenstein a décrit le fonctionnement de l’hôpital de la "Poterne des Peupliers", avec la spécificité d’une approche psychosomatique, à laquelle participent médecins et psychologues.

Le Docteur Christine Lamothe a su donner une note plus légère au terme de ce débat long et argumenté : "Le soin psychothérapique fonctionne comme un couple amoureux... Le risque zéro n’existe pas, et on ne peut légiférer ce qui fait qu’un patient choisisse un thérapeute plutôt qu’un autre", pas plus qu’on ne peut vraiment l’expliquer.

Au milieu de toutes les insécurités du monde contemporain, la psychothérapie offre la fragile sécurité d’une prise de parole en toute confidentialité : toute nouvelle loi devrait s’attacher avant tout à protéger cette possibilité, la question de la part du plomb(2) de la suggestion et de l’or pur de l’analyse ne devant pas faire écran à l’urgence d’un débat maintenant largement amorcé : s’agit-il d’une nouvelle version du fameux passage de l’enfer psychique à la place publique ?

Jean-Yves Feberey
Nice

(1) A lire chez Freud :

(2) Les voies nouvelles de la thérapeutique psychanalytique, PUF, 1953, 6° éd. 1977. La traductrice, Anne Berman, a pris la liberté de parler de mêler à l’or pur de l’analyse [le] plomb de la suggestion directe, alors que Freud parlait de cuivre (Kupfer), et employait le verbe [reichlich... zu] legieren, qui renvoie directement à la pratique de l’alliage en orfèvrerie. Renseignement pris, l’or est en effet régulièrement un alliage de cuivre, or et argent (les homéopathes s’y retrouveront donc aussi...), la quantité de cuivre donnant à l’or sa tonalité plus ou moins rouge ou rose. De même l’adverbe reichlich, qui signifie copieusement, abondamment, à profusion, pourrait suggérer que le fondateur de la psychanalyse n’était évidemment pas dupe des concessions à faire.

 

La psychothérapie et la loi :
une rencontre longtemps évitée

Chacun de ceux qui ont pris la parole lors de cette rencontre ont eu à faire un considérable travail de concision, de synthèse et de sélection pour dégager les dimensions fondamentales de l’activité psychothérapique et en dire l’essentiel des exigences. Etait-ce la qualité des intervenants, la nature du lieu, la présentation adéquate du projet ou le rapport à la solennité de la loi et de sa genèse ? Nous avons eu le sentiment d’une clarification nécessaire et d’une synergie positive pour que nous avancions dans ce domaine d’ordinaire si confus.

Il s’est dégagé un accord ferme sur la nécessité, pour la pratique de la psychothérapie, d’une formation reposant à la fois sur la connaissance et sur l’expérience. La connaissance concerne la psychopathologie, les théories du fonctionnement psychique, la spécificité des méthodes psychothérapiques et de leurs liens aux théories, ainsi que l’existence de possibilités thérapeutiques alternatives.

L’expérience est celle de la clinique de la relation de soin face à la souffrance psychique et de la capacité de discerner les indications pour chaque méthode employée en regard de la singularité subjective.

Furent aussi explorées les ambiguïtés de la psychothérapie dont le champ est si vaste et composite entre le trouble mental d’une part, la relation d’aide et l’aspiration au mieux-être

d’autre part, ainsi que les oppositions entre les diverses théories du fonctionnement psychique. Fut enfin posé, selon des orientations diverses, le problème des rapports entre la psychanalyse et les psychothérapies. Toutes ces ambiguïtés contribuent à laisser le public dans l’ignorance et la perplexité, elles sont pour l’essentiel à l’origine des pratiques abusives en psychothérapie.

Le dialogue ainsi amorcé entre les responsables des diverses institutions et ceux qui ont en charge l’élaboration législative devrait contribuer à clarifier la question de l’habilitation à pratiquer la psychothérapie pour les professionnels de la santé mentale sans qu’elle ne se fige en un titre.

De plus, dès maintenant, l’effort de réflexion ainsi engagé devrait avoir pour effet d’inciter les responsables de la formation des psychiatres et des psychologues à situer plus nettement la part de la formation psychothérapique au sein des cursus de ces disciplines.

Jean-Jacques KRESS
Brest

 

Deux points de vue syndicaux

I Nous n’étions pas, au SPF, demandeurs de la proposition de loi sur l’usage du "titre de psychothérapeute". Mais nous pensons que, vu les circonstances et les fortes montées en ligne des psychothérapeutes non-médecins européens, Christian Vasseur et le Conseil de l’AFP ont eu raison de ne pas laisser passer cette occasion de mettre enfin à plat cette question rémanente et toujours reportée des psychothérapies et de leur pratique. Cela a d’ailleurs permis au Conseil du SPF d’adopter une attitude d’observation et ainsi de pouvoir intervenir sur un plan différent et plus syndical. Nous apprécions également que l’Association se soit préoccupée avec rapidité, détermination et diligence d’un problème de pratique quotidienne, dont l’importance dans la pratique psychiatrique de consultation n’est plus à rappeler, notamment dans sa composante libérale.

Les risques de dérapage d’un tel colloque étaient importants et redoutés. Mais cette réunion fût d’une tenue de haut niveau, tant par la qualité des intervenants que par la réflexion qui s’y est dégagée. On pouvait regretter l’uniformité des courants théoriques représentés, mais Christian Vasseur s’en est expliqué comme résultant d’un choix stratégique volontaire et réfléchi.

Cette réunion a eu au moins deux mérites :

Mais les choses n’en sont pas pour autant terminées. Nous n’en sommes qu’au début. D’autres propositions de loi sur les psychothérapeutes ou les psychothérapies existent et rien ne peut préjuger de ce qui sera voté à l’automne, lors de la loi de modernisation du système de santé. Par ailleurs, un certain nombre de points soutenus par le SPF restent en suspens, comme la dévolution de la prescription des psychothérapies et la non-confusion entre celles pratiquées par les psychiatres dans leur dimension globale, médicale et psychiatrique, et celles pratiquées par d’autres. De plus, quelle sera la position médicale et éthique de l’Ordre national des Médecins ? Quelle sera la position de la DGS et du gouvernement ?

À suivre, avec vigilance….

Pierre STAËL.
Secrétaire général SPF.

II Entamer une discussion sur les psychothérapies autour d’une table réunissant des psychiatres est souvent une gageure : on y risque migraine et dispute avec ses meilleurs amis. Dans ce sens, le débat organisé par Christian Vasseur à l’Assemblée Nationale a dérogé à la règle. D’après tous les participants, les exposés ont été d’une valeur scientifique incontestable et le climat consensuel. Il est vrai que n’y avaient été invités que des psychanalystes universitaires ou des chercheurs authentiques.

Que nous apporterait une loi réservant la psychothérapie aux psychiatres et aux psychologues dûment formés ? Peu de chose pour les psychiatres. Les psychiatres salariés bénéficient depuis longtemps du concours des psychologues dans leurs services. Pour les psychiatres libéraux, la reconnaissance du travail thérapeutique des psychologues entraînerait des réactions plus ambiguës. Dans la pratique actuelle, ces deux professions peuvent parfois se sentir en concurrence, la ligne de démarcation les séparant paraissant bien être, pour une certaine clientèle, le remboursement ou non de l’acte par la Sécurité Sociale. Si les psychologues devaient obtenir le remboursement de leurs actes, la crainte pour les psychiatres pourrait être moins celle d’une perte de clientèle, que celle d’une baisse de la valeur de l’acte psychothérapeutique qu’il faudra bien codifier, limiter et évaluer.

Dans beaucoup de pays européens, les actes thérapeutiques des psychologues sont remboursés mais, dans ces pays, la démographie psychiatrique est bien plus faible et la fonction des psychiatres davantage orientée vers la consultation. On peut cependant penser que d’ici dix ou vingt ans, avec le maintien du numerus clausus actuel, la situation deviendra plus tolérable en France. Mais la pratique psychiatrique aura alors changé de visage.

Réserver la pratique des psycho-thérapies aux psychiatres et aux psychologues, objet principal de la proposition de loi, protégera-t-il les patients de la population des guérisseurs, des charlatans ou des sectes ? Rien n’est moins certain car les dénominations protégées n’empêche en rien les pratiques sous un autre nom. Les médecins le savent bien.

Pour être véritablement efficace, une loi sur la psychothérapie devrait pouvoir non seulement définir les différentes formes de psychothérapies, mais ce qu’il en est de la psychothérapie du psychiatre, du médecin, du psychologue, des infirmiers, etc… Elle devrait aussi pouvoir définir en quoi certaines de ces pratiques sont thérapeutiques et d’autres visent le développement personnel. Bon courage !

Comme nous le pressentions, légiférer dans ce domaine est délicat. L’Association Française de Psychiatrie qui se veut partie prenante, à juste titre, dans cette aventure qu’elle n’a pas souhaité, n’en a que plus de mérite. Elle y gagnera peut-être un regain d’intérêt pour la formation en psychothérapie des psychiatres !

Michel EISELE
Vice-Président SPF

 

Le 23 mars, à l’Assemblée Nationale

D’autres le rapportent par ailleurs, la réalisation fut belle et se déroula sans accroc. Ne vit-on pas un législateur réélaborer sa proposition de loi au fur et à mesure des témoignages des scientifiques concernés, en présence des représentants de la DGS intéressés et de celui de l’Ordre National des Médecins tout à fait attentif !

Bien sûr, il est trop tôt pour en apprécier toutes les conséquences, mais il n’empêche ; les autorités scientifiques de la psychiatrie, de la psychologie, et de la formation psychanalytique ont redégagé le vertex théorico-clinique originaire des psychothérapies, et l’ont fait entendre en un lieu symboliquement significatif. L’accord des intervenants (cf. Communiqué) est élémentaire, raisonnable, ouvert et devrait permettre à tout soignant opérant dans le champ de la santé mentale, et surtout et d’abord à tout sujet en demande, de s’y retrouver.

La question de la formation aux différentes techniques psychothérapiques reste le domaine prioritaire de l’Université, en collaboration avec les Sociétés Savantes reconnues. A eux tous de continuer de qualifier et de structurer un soin médical dont la méconnaissance par la société et les pouvoirs publics devait être levée. C’est chose faite.

Je tiens à remercier le Conseil de l’AFP qui, le 22 janvier, a décidé de s’associer à ma décision, d’étoffer la démarche de réflexion d’un homme politique confronté à son devoir de législateur dans un domaine qui nous concerne. Comme nous le savons maintenant, d’autres propositions concernant un statut du psychothérapeute étaient en préparation et nous étions exclus de leur élaboration, et pour cause ! Co-organiser un débat, même scientifique, à l’Assemblée Nationale, avec un député, et de l’opposition qui plus est, n’a pas été sans émouvoir ceux qui, inconsciemment ou non, sont marqués par une idéologie politique, un profil de carrière ou même des ambitions politiques.

Or, dans les affrontements qui s’annoncent, il sera capital, pour continuer à être crédibles, que les acteurs du débat qui nous représenteront aient la santé publique pour seul souci et que leurs arguments soient scientifiques.

Dans cette idée, j’ai été particulièrement heureux de la présence et de l’accord du Secrétaire général du Syndicat des Psychiatres Français, Pierre Staël, et de son équipe rapprochée Jean-Yves Cozic, Michel Eisele, François Kammerer, Harald Sontag… La vivacité de mon engagement à soutenir l’élaboration de la proposition de loi de Bernard Accoyer a peut-être été cause d’une certaine circonspection prudente de départ, mais le déroulement des travaux du Colloque l’a levée.

Et puis, nos anciens étaient là. Si au départ du projet ils avaient émis des réserves, elles furent progressivement apaisées par nos débats internes préparatoires : échanges écrits et téléphoniques, réunion "à la maison" entre les intervenants et Bernard Accoyer que chacun voulait sentir (et inversement), et conférences téléphoniques pour coordonner les interventions. Bernard Jolivet, grand baroudeur en santé publique, Jean-Jacques Kress, homme de concision, de pondération et de fermeté, et Roger Misès dont l’esprit et le talent habillent la fermeté, surent garder au débat la hauteur de vue d’une vraie discussion scientifique.

Et puis, les intervenants étaient solidement charpentés et surent le faire entendre.

J’adresse ici encore un salut amical et reconnaissant à Christine Lamothe et à Jacques-David Beigbeder qui ont constamment réfléchi, discuté et étoffé avec moi cette action, ainsi qu’à tous les vieux compagnons de route dont la présence fut un soutien ; hé oui, l’entreprise était à risques !

Enfin, notre secrétariat fut une fois de plus impeccable, en tenant de bout en bout le cadre qui avait été fixé concernant, entre autres, les invitations. Annie Triniac et Céline Robin Massé encaissèrent sans broncher l’agressivité de tous ceux qui jugeaient leur présence indispensable. Or, étant donné les termes de la proposition de loi Accoyer, j’avais réservé les invitations aux psychiatres et aux psychologues cliniciens, avec une priorité aux membres de l’AFP/SPF.

Merci à tous,

À suivre, très prochainement…

Christian VASSEUR
Secrétaire Général AFP

 

LES PSYCHOTHÉRAPIES ET LA LOI

Communiqué (1) :
Droits des malades et sécurité sanitaire

Le 23 Mars s’est tenu à l’Assemblée Nationale un colloque intitulé "Les psychothérapies et la loi", à l’initiative de Bernard Accoyer, Député de Haute Savoie et de Christian Vasseur, Secrétaire général de l’Association Française de Psychiatrie.

Les travaux ont été marqués par une série d’interventions particulièrement denses de la part d’un plateau de spécialistes et d’universitaires de haut niveau : Mme Marilia Aisenstein, Dr Jean-Louis Baldacci, Pr Catherine Chabert, Mme Dominique Clerc Maugendre, Dr Jean Cournut, Dr Daniel Grunwald, Secrétaire général adjoint du Conseil National de l’Ordre des Médecins, Pr Patrick Guyomard, Pr Jacques Hochmann, le Dr Bernard Jolivet, Pr Jean-Jacques Kress, Pr Roger Mises, Pr René Rousillon, Pr Daniel Wildlöcher.

Ce colloque avait été organisé à la suite du dépôt, par Bernard Accoyer, le 13 octobre 1999, d’une proposition de loi n° 1844 co-signée par 81 députés qui visait à réserver l’usage du titre de psychothérapeute à des personnes titulaires de diplômes universitaires car, actuellement, quiconque le souhaite peut visser sa plaque de "psychothérapeute" et prétendre "soigner". Les débats avec une assistance nombreuse et active de spécialistes psychiatres et psychologues, ont dégagé plusieurs axes de réflexions et propositions. De l’avis quasi unanime, ce vide juridique constitue un réel danger pour la santé mentale, la santé publique et la sécurité sanitaire ainsi qu’une atteinte aux droits des malades.

Ces derniers devraient en effet pouvoir être clairement informés sur la compétence et le sérieux des thérapeutes car la situation actuelle rend possible toutes les dérives, notamment financières, physiques, voire sectaires.

Les psychothérapies doivent être considérées comme un véritablement traitement. A ce titre, c’est leur prescription et leur application qui apparaissent comme devant être réservées à des professionnels détenteurs de diplômes universitaires attestant d’une formation institutionnelle garantissant une compétence théorique doublée d’une expérience pratique et d’un travail sur soi.

Au-delà du vide juridique, la situation actuelle soulève plusieurs problèmes : la formation universitaire qui mériterait d’être revue, le nombre très insuffisant de médecins psychiatres, l’évaluation et la prise en charge des soins psychiatriques par l’Assurance Maladie. La question de la place des psychothérapies dans le panier de soins reste en débat.

Des représentants du cabinet du Secrétaire d’Etat chargé de la Santé et de la Direction Générale de la Santé se sont déclarés intéressés par le thème du colloque et conscients de la nécessité de faire progresser ce problème ancien et beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

À partir des interventions prononcées, il s’est donc dégagé l’idée qu’il convient, non pas de créer un nouveau titre, mais de réserver la prescription et la conduite des psychothérapies à des médecins psychiatres et à des psychologues cliniciens. Il faudrait néanmoins prévoir pour ceux qui disposent d’une solide expérience des psychothérapies, mais ne possèdent pas ces diplômes, une possibilité d’évaluation des compétences et de validation.

À l’issue de ce colloque, nombre de participants et les organisateurs souhaitent que la législation en matière de psychothérapies puisse évoluer, dans le but d’assurer la sécurité des soins et la transparence.

Ce débat trouvera naturellement toute sa place dans le prochain projet de loi de modernisation sanitaire, qui affiche l’ambition de renforcer les droits des malades.

(1) Texte du communiqué diffusé à la presse par Bernard Accoyer, à la suite du Colloque du 23 mars.

 

PENSER LA PSYCHOSE

 

L'ASSOCIATION DES PSYCHIATRES LIBÉRAUX STÉPHANOIS
et L'ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE
Numéro d’agrément FMC : 11.75.25040.75
co-organisent le Samedi 20 Mai 2000, à Saint-Etienne
Penser la psychose, avec Francis Pasche, Le bouclier de Persée

Confrontés aux problématiques psychotiques dès notre formation de psychiatre à l'hôpital, c'est avec cette souffrance particulière que nous avons fait nos premières armes. Mais nous sentons-nous réellement armés ? Dans la mythologie grecque, Athena a armé le bras de Persée pour lui permettre de venir à bout de la Gorgone Méduse sans se laisser pétrifier.

Nous ferons appel aux concepts théoriques psychanalytiques développés par Francis Pasche, en particulier ceux du "Bouclier de Persée" et de l'"antinarcissisme" pour nous aider à traiter avec une perspective psychodynamique les souffrances psychotiques qui, précisément, mettent à mal notre appareil à penser. Ces concepts ont pour nous fonction de tiers symboliques. Marie-Lise Roux, psychanalyste, nous offrira son concours tant à travers l'héritage de Francis Pasche qu'à travers sa propre pratique et son expérience de l'approche corporelle chez le patient psychotique.

Cette journée, ouverte aux professionnels de la santé mentale, a pour objectif de stimuler la réflexion et l'échange clinique entre les praticiens qui ont en charge le soin des patients psychotiques.

9 H : Accueil des participants, Danièle Guillaume, Présidente de l'APLS.

9 H 15 :Introduction, Christian Vasseur, Secrétaire Général AFP, Président de séance.

9 H 30 : Projection de film : L'interview de Francis Pasche, par Jacqueline Schaeffer, Marianne Persine.

10 H : Conférence : La psychose et la psychanalyse, à propos de l'œuvre de F. Pasche : Marie-Lise Roux. Modérateur : Christine Lamothe.

11 H : Pause

11 H 30 : Discussion avec la salle.

12 H 30 : Déjeuner sur place.

14 H : Trois exposés cliniques :

  • Romain, l'histoire dérobée : Céline d'Hondt,
  • Un patient psychotique à l'Urgence Psychiatrique : Christophe Cellier, Pierre Dufeal, Pascale Gallon, Monique Zancanaro,
  • Le rêve, appareil à songer : Catherine Deleage, Michel Marcon suivis chacun par une discussion avec Marie-Lise Roux et la salle. Modérateur : Christine Lamothe.

16 H 15 : Clôture des travaux, Christian Vasseur, Secrétaire Général AFP.

 

Comité d'Organisation : Chantal Artinian , Catherine Déléage, Catherine Gauthey, Danièle Guillaume, Michel Marcon, Philippe Merley

 

 

 

RESPONSABLE MAIS PAS COUPABLE
LE PSYCHIATRE AU BANC DES ACCUSES

 

Un soleil radieux sur Lyon, ce samedi 11 mars et pourtant les psychiatres n’ont pas regretté leur journée d’étude passée à l’ombre de la paisible demeure de Montchat. Je me propose d’apporter mes impressions, loin de pouvoir traduire le plaisir éprouvé à l’écoute des exposés denses, riches et d’une limpidité qui pourrait faire penser que le sujet est extrêmement simple.

À l’écrit, résumer l’intervention de Bernard Lachaux sans le plagier est une gageure, mais je m’y "risque". La croyance des usagers de la médecine dans un progrès absolu des connaissances est telle qu’elle fait évoluer la notion d’obligation de moyens à celle de résultats. Le psychiatre reste libre de ses soins mais a l’obligation d’informer son patient et d’obtenir son consentement ; bien qu’actuellement assez bien protégé, le psychiatre pourrait être amené à en donner la preuve. Le médecin était formé à la reconnaissance de ses compétences, il s’engageait sur sa parole. L’évolution actuelle de la société favoriserait la désorganisation morale et, par croissance inverse, entraînerait l’organisation éthique. L’évaluation de la probabilité du risque évolue vers celle de la gravité du risque, et celle du risque grave vers l’exceptionnel (défini théoriquement comme inférieur à 1 %). Il semble que la société, de surmoïque, évolue vers le mode narcissique et infantile : elle accepte de moins en moins les risques, à tel point de tous les mutualiser jusqu’à tendre vers le risque zéro. Celui-ci n’existant pas, il reste l’aléa thérapeutique pour lequel la société n’a pas encore légiféré, évoluant du droit pénal (faute et punition) vers le droit civil (dommage et réparation).

L’indemnisation coûte que coûte amène la recherche d’un coupable, d’où la notion de responsabilité sans faute. Non coupable d’un préjudice envers son patient, le psychiatre pourrait bien être porteur d’une responsabilité collective. Sa parole mise en doute est relayée par l’écrit (en médecine, le premier consentement par écrit date de la loi sur l’IVG, 1975). Le médecin se sentant suspecté est inquiet ; pourtant, la parade serait un consensus fort au sein de la profession. Ce qui éviterait l’imprévisibilité de la réponse des experts dans les situations délicates où ils donnent leurs impressions et leurs convictions.

Jacques Hochmann a présenté les usages et les mésusages de la notion de traumatisme en psychiatrie qui serait considéré comme un parasite, qu’il faudrait extraire et faire disparaître par la catharsis, et de la punition du coupable pour que la victime puisse s’en sortir et guérir. Comment passer du traumatisme réel au traumatisme de la séduction, de l’inénarrable que le sujet ne peut mettre en mots à la réparation symbolique ?

Ensuite plusieurs ateliers se sont mis en place :

  1. La délinquance sexuelle, une injonction thérapeutique pour le pervers ou pour le psychiatre ? M. Botbol, P. Lamothe, J-M. Elchardus.Pour cette question, le psychiatre est-il thérapeutique ? Constation est faite que la prise en charge s’arrêtant, le patient récidive ! Le psychiatre est mis en position de toute-puissance. Dans des pays limitrophes comme l’Allemagne et la Suisse, le psychiatre est responsable et coupable ; en France, il est relativement protégé de cette position, pour l’instant.
  2. Les décisions thérapeutiques et leurs risques : internement, prescription, suicide.J-J. Kress, A. Amar, J. Sabatini. Ethique d’obtenir un consentement dans le respect de la dignité de l’autre, éthique de la décision d’user de la contrainte, d’ordonner un médicament et / ou d’engager une psychothérapie. Il a été question des décisions thérapeutiques, suivant les données actuelles de la science (pour les médicaments par exemple, la référence est celle du Vidal). Puis la discussion est remontée à Babylone, ou les moyens de s’entendre par les dix paroles (donc, signes d’ouverture) mais faussement traduites par " les dix commandements ", ainsi entendus comme prescrits pour interdire : passer outre, entraîne la faute, la culpabilité et la sanction.
  3. Entre les demandes du patient et les exigences des instances sociales, quelles contraintes pour le secret médical et la liberté de prescrire ? O. Lehembre, D. Fasquel, J. Genoud ainsi que G. Khenaffou (pour le regard du magistrat).

Depuis 1992, applicable depuis 1994, de médical, le secret est devenu professionnel avec la notion de secret partagé. Comment respecter l’intime de l’autre avec l’interprétation du droit ?

Ceci renvoie à la notion précédente de consensus fort.

C’est au cours de cette journée très réussie, organisée par les maîtres d’œuvre C. Lamothe et G. Ribes, présentée par C. Vasseur, que le Prix littéraire Charles Brisset 1999 a été décerné par l’AFP au roman de Jacques Tephany, Le Trou du rat, paru chez Buchet/Castel (cf. N°93, pp. 13-14).

Catherine SAINT-QUENTIN
Saint Clair de la Tour

 

Association Française de Psychiatrie
ASSEMBLEE GENERALE et
CONSEIL D'ADMINISTRATION
Le 25.03.2000 sous la présidénce
de Simon-Daniel Kipman

 

L’Assemblée générale annuelle s’est tenue le 25 mars, la fièvre parlementaire du 23 autour de la psychothérapie n’étant pas encore tombée (cf. pp. 4 à 8), Simon-Daniel Kipman s’est inquiété de l’accent mis ces dernières années sur la FMC, qui avait un peu brouillé l’image de l’association. La FMC n’étant plus une urgence qui nous prend à la gorge, le temps semblait venu de donner les orientations pour l’année à venir et de préciser les références scientifiques.

Son rapport moral venant de paraître (cf. N° 92, pp. 8-10), Christian Vasseur en a donné lecture en précisant quelques points. En ce qui concerne notre collaboration avec l’Association Mondiale de Psychiatrie pour les Journées du Jubilé en juin prochain, il a clairement rappelé que nous y agissions à compte d’auteur, et a remercié Jean-Yves Cozic pour sa vigilance dans la préservation de l’équilibre financier. Il est revenu aussi sur le Colloque à l’Assemblée nationale du 23 mars, en nous apprenant qu’il y avait désormais cinq propositions de loi au sujet des psychothérapies à la DGS, ce qui confirme le bien-fondé de la décision de CA le 22 janvier : aller à l’Assemblée revenait à nous affirmer, là où le silence devenait suicidaire. Christian Vasseur a remercié chaleureusement les participants aux tables rondes sortis de nos "rangs", en particulier Bernard Jolivet, Jean-Jacques Kress et Roger Mises, qui avaient demandé un temps de réflexion avant de s’engager dans la démarche initiée à partir de la proposition de loi de notre confrère député B. Accoyer.

J.J. Kress s’en est très librement expliqué, indiquant qu’il avait suivi la tradition d’ouverture héritée de Théophile Kammerer et de Lucien Israël, et qu’il s’était trouvé très satisfait du déroulement des opérations à l’Assemblée. Il a évoqué les points de tension (mise en accusation régulière des universitaires quant à la formation dispensée, psychiatrie globalement en perte de vitesse, Associations de psychanalyse qui piétinent régulièrement la psychothérapie...), tout en insistant sur les exigences de la pratique psychothérapique (connaissances, expérience de la relation de soin, part de la subjectivité), "territoire d’ambiguïtés" s’il en est...Pierre Staël, secrétaire général du SPF, a rappelé son inquiétude préalable au Colloque dans une enceinte "politique", mais en a aussi apprécié la bonne tenue. Le SPF milite en effet depuis de longues années pour que soit reconnue à la consultation du psychiatre sa dimension psychothérapique.

Même s’il n’y eut aucun dérapage à déplorer dans les débats, Yveline Lorho s’est déclarée troublée par les propos du Dr Obrecht sur la psychanalyse, cette vieille dame (cf. Les Psychothérapies et la loi)... Ce fut aussi le sentiment de Michel Botbol, qui estimait que les oreilles ministérielles qui demandaient des avis étaient en réalité celles d’hommes d’action. L’élargissement de la concertation pouvait aussi bien être le prétexte à un retour en arrière, le choix final s’effectuant sur les positions les plus conservatrices. Michel Eisele a souligné l’évolution démographique en cours, conduisant à la raréfaction des psychiatres, et celle concomitante des psychothérapies que, par voie de conséquence, ils assureraient de moins en moins.

C. Vasseur a maintenu sa position sur le choix exclusif de psychanalystes à la tribune du Colloque pour défendre la psychothérapie telle qu’il l’entendait (et quelques autres avec lui...) : il ne fallait en aucun cas que la tribune explose sous le feu des polémiques, d’où la nécessité de critères de clarté et de références cliniques et théoriques indiscutables quant aux choix des invités... Jean-Michel Thurin est revenu sur la notion de compétence, qui est la capacité individuelle à mettre en œuvre la psychothérapie et est à ce titre distincte de la connaissance comme de l’expérience.

S.D. Kipman a voulu tempérer les ardeurs militantes des uns et des autres, en rappelant que les positions politiques étaient traditionnellement dévolues au SPF, bras armé des positions scientifiques de l’AFP.

Si celle-ci a été poussée à entrer dans le champ politique, n’y a-t-il pas un risque de dévier de certaines positions de principe qu’elle s’était données ? De même, la répétition récente de difficultés de fonctionnement ne tient-elle pas à l’oubli de certains de ses rituels ?

C. Vasseur estimait que la crise de la psychiatrie en France appelait une réponse urgente, en particulier sur les psychothérapies. P. Staël s’est réjoui de ce que l’AFP ait su prendre un problème aussi essentiel à bras-le-corps.

Le rapport moral a été adopté à l’unanimité des présents, moins deux abstentions.

Dans son rapport financier, Jean-Yves Cozic est revenu sur les ressources de l’AFP, en particulier sur celles de la publicité dans La Lettre de Psychiatrie Française. Comme l’a confirmé A. Triniac, ces recettes sont très irrégulières, les laboratoires ne prenant d’engagement que de mois en mois, avec des rentrées par conséquent insuffisamment prévisibles. Il est envisagé d’ouvrir nos pages à de nouveaux annonceurs. Pour le budget prévisionnel 2000, J-Y. Cozic a préparé une enveloppe pour le Congrès mondial organisé avec l’AMP, tout en n’ayant obtenu à ce jour aucune véritable assurance sur les retours financiers.

Les difficultés pour inviter des collègues étrangers disposant de peu de ressources ont été évoquées, pour aboutir à un constat amer sur la circulation des flux financiers, des voix et des postes à l’intérieur et autour de l’AMP. Beaucoup de participants ont exprimé critiques et réticences devant un système qu’ils perçoivent comme un peu "limite". Des journées régionales ("Provinciales") sont prévues en 2000, et une hausse modeste de la cotisation contribuera à préserver notre indépendance.

Le quitus est donné au trésorier, dont la gestion rigoureuse et prudente est saluée par tous.

Cette Assemblée générale, pour avoir connu quelques moments vifs, restera malgré tout une manifestation de la continuité dans les actions entreprises par l’AFP : si l’attelage peut parfois donner l’impression de tirer à hue et à dia, C. Vasseur n’a sans doute pas eu tort de rappeler que ce sont les candidats à l’épuisement et à la lassitude qui se retrouvent souvent à tirer la charrue...

Jean-Yves FEBEREY
Nice

 

ACTUALITE PROFESSIONNELLE :
LE POINT

 

Cet article étant, pour des raisons d’édition, rédigé fin mars, il ne peut évoquer les événements survenus postérieurement.

1. TÉLÉTRANSMISSION

Comme annoncé, le SPF adresse un courrier personnalisé aux Directeurs de CPAM chaque fois qu’un adhérent nous signale avoir reçu une lettre d’injonction à la télétransmission ou de demande de remboursement de la prime de 9.000 F. De plus, dans le deuxième cas, il est indispensable que chacun écrive aussi personnellement à la Caisse selon les termes proposés dans notre courrier du 1er mars.

Par ailleurs, le Comité d’Action Syndical de la Psychiatrie (CASP) auquel le SPF adhère vient de prendre une position commune à ce sujet s’élevant contre l’obligation de la télétransmission et rappelant les problèmes particuliers qu’elle soulève dans la pratique psychiatrique et auprès de nos patients (cf.CASP).

2. REVALORISATION DU STATUT DES PRATICIENS HOSPITALIERS

Au terme de rudes négociations un protocole d’accord a été signé le 13 mars entre les Intersyndicales de praticiens hospitaliers et le gouvernement. Cet accord apporte d’indéniables améliorations statutaires : revalorisation de la grille salariale pour les temps plein et les temps partiel et réduction de la durée des échelons ; prime pour les praticiens temps plein consacrant la totalité de leur pratique médicale aux activités de service public (cf. Editorial).

Ceci ne règle en fait pas tout des difficultés des hôpitaux, de la démographie médicale problématique, de la place du médecin à l’hôpital, des missions toujours plus lourdes imposées à l’hôpital public à qui il revient de plus en plus de jouer un " rôle d’amortisseur des effets de la crise économique ", pour reprendre l’expression de Gérard Vincent.

Le protocole d’accord prévoit des groupes de travail avec les organisations syndicales à qui il appartiendra de faire progresser de nombreux points.

3. CONFÉRENCE NATIONALE DE LA SANTÉ

Quelques représentations syndicales ont été modifiées peu de temps avant la réunion de cette instance, fin mars. De façon plus générale, c’est la mission même et les moyens de cet organisme créé il y a quatre ans qui sont remis en question, ainsi que son devenir.

4. PROJET DE LOI DE MODERNISATION SANITAIRE

Ce projet de loi qui devait être débattu au printemps est repoussé à l’automne. Il devrait contenir des dispositions sur le droit des malades, la régionalisation du système de santé et la réforme des études médicales.

5. STATISTIQUES

Dépenses remboursables des trois régimes à fin février 2000 par rapport à 1999 :

 
HONORAIRES
PRESCRIPTIONS

Psychiatres

Neuropsychiatres

Psychiatres + Neuropsychiatres

Ensemble des Spécialistes

- 2,7 %

- 11,1 %

- 3,6 %

+ 0,6 %

+ 9 %

- 1,3 %

+ 7,5 %

+ 5,2 %

 

Il est à nouveau constaté une diminution de l’activité des psychiatres libéraux qui se cumule depuis trois mois et qui ne correspond pas à l’augmentation des demandes ressenties très manifestement sur le terrain. On peut se demander si l’explication ne se trouverait pas dans l’important retard pris par la plupart des CPAM dans la liquidation des feuilles de soins depuis la même période ! Ce qui repose à nouveau la question de la fiabilité des statistiques produites par la CNAM. Par contre, l’augmentation importante du poste " prescriptions ", par rapport à l’ensemble des spécialistes, persiste.

6. MEDICO-SOCIAL et ARTT

Alors que nous nous réjouissons des avancées salariales et statutaires dont vont bénéficier nos confrères praticiens hospitaliers, le secteur social et médico-social reste une vive source d’inquiétudes et nécessite une vigilance et une mobilisation accrues.

Le passage aux 35 heures s’effectue souvent dans la difficulté, avec la diminution du temps médical et des conditions plus difficiles pour les psychiatres. La démédicalisation accrue, aggravée par la pénurie de psychiatres et les conditions précaires qui leur sont faites, posent un véritable problème de Santé publique.

Nous avons saisi, au plan syndical et intersyndical, les employeurs, les ministres de la Solidarité et de l’Emploi et de la Santé et le directeur de l’Action Sociale pour une rencontre rapide.

Le 24 mars, Pierre Staël et Jean-David Attia ont rencontré la CGT, à son siège confédéral à Montreuil, afin d’examiner nos convergences éventuelles. Nous reviendrons ultérieu-rement sur cette prise de contact avec cette grande centrale syndicale.

7. "LIVRE BLANC" DU COMITÉ DIRECTEUR POUR LA BIOÉTHIQUE du Conseil de l’Europe concernant la protection et la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux particulièrement celles hospitalisées contre leur volonté en établissement psychiatrique. Ce Livre Blanc est une récapitulation des recommandations de 1983, 1994 et 1997 concernant les malades hospitalisés en HDT, et qui ne sont plus d’actualité depuis les excès, puis la chute du communisme. Les autorités nationales sont chargées de consulter les Associations de chaque pays, et celles-ci sont invitées à présenter leurs commentaires aux questions posées par les juristes européens avant octobre 2000.

Pour mémoire, le Conseil de l’Europe, bien qu’il ait son siège à Strasbourg, n’émet que des recommandations qui peuvent ou non être ratifiées par les quarante et un Etats du Conseil de l’Europe, à la différence du Parlement Européen dont les directives ont force de loi dans les quinze pays de l’Union Européenne.

8. COLLOQUE SUR "LES PSYCHOTHÉRAPIES ET LOI" À L’ASSEMBLÉE NATIONALE, LE 23 MARS

Cette réunion organisée par Christian Vasseur, sous l’égide de l’AFP, à la suite d’une proposition de loi à l’initiative du Député B. Accoyer a été d’un niveau soutenu et a permis de préciser et de clarifier cet important problème. (cf. Psychothérapies et la loi).

9. L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SPF S’EST TENUE LE 25 MARS

Ont été discutés l’actualité professionnelle, les analyses les positions, et les actions du Syndicat (cf. ci-dessous).

Pierre STAËL
Jean-Yves COZIC
Jean-David ATTIA
Harald SONTAG

 

Syndicat des Psychiatres Français
ASSEMBLEE GENERALE et
CONSEIL SYNDICAL
Le 25 et le 26 mars 2000
sous la présidence de Simon-Daniel Kipman

 

L’essentiel du travail de ce Conseil a été consacré au bilan de l’Assemblée Générale tenue la veille, et à l’actualité professionnelle.

Cette Assemblée Générale avait largement approuvé (unanimité moins une abstention) le rapport moral du Bureau présenté par le Secrétaire général, Pierre Staël. De même, elle avait adopté (unanimité moins une abstention) le rapport du Trésorier, Jean-Yves Cozic.

Psychiatrie libérale
L’Assemblée générale a confirmé nos réserves sur la télétransmission, de fond pour certains, de modalités d’application pour la majorité.

Une revalorisation substantielle du CNPsy a été demandée, avec un effort particulier pour les premières consultations (bilan psychiatrique), les consultations familiales et les consultations d’urgence. Une cotation convenable de ces actes particulièrement longs et difficiles permettrait à la psychiatrie libérale de mieux prendre en charge les situationscorrespondantes et déchargerait les services d’urgence.

François Kammerer se fait le porte-parole de collègues impatientés par la politique ambiguë de l’UMESPE qui s’intéresse trop mollement aux spécialités cliniques, évoque trop complaisamment les limites du "panier de soins" et complique parfois les négociations avec les employeurs par sa méconnaissance du secteur salarié et médico-social. Les psychiatres seraient-ils mieux défendus s’ils se représentaient sous leur propre bannière, sous la forme d’une "Confédération de syndicats psychiatriques", tel le CASP ? Le débat mérite réflexion et reste ouvert.

Secteur médico-social
Jean-David Attia fait part de la déception des praticiens de ce secteur : le protocole d’accord du 29.09.99 sur les 35 H, favorable à la profession dans la mesure où il évitait la baisse des prestations médicales, n’a pas été agréé en temps utile par le Ministère, ce qui laisse présager une absence de dotation budgétaire et la nécessité d’un recours en Conseil d’Etat. Cette incurie administrative de la Direction du Travail est malheureusement fréquente et relève soit de l’incompétence, soit de la mauvaise foi. Une action intersyndicale est nécessaire et sera immédiatement diligentée.

Jean-David Attia et Pierre Staël rendent compte de leur rencontre de la veille avec la CGT-cadres. Un bon accueil et des convergences intéressantes paraissent possibles, en tout cas davantage qu’avec la CFDT, trop proche actuellement de la politique gouvernementale.

Santé Mentale France
Simon-Daniel Kipman donne un autre exemple de la "montée en puissance" du mouvement psychiatrique associant l’Unafam, les Croix Marine, la Ligue Française pour la Santé Mentale, l’Association des Présidents de CME, la FNAPPsy et l’Association Française de Psychiatrie au sein de "Santé Mentale France".

Secteur public
Jean-Yves Cozic exprime la satisfaction des jeunes collègues du public dont la première partie de carrière est sensiblement revalorisée par le protocole d’accord du 13 mars. Il craint cependant que l’attractivité de la fonction reste freinée par les pertes de temps et la mauvaise ambiance créées par les excès de procédures et de contrôles administratifs, ressentis comme inutiles et responsables de nombreuses démissions de chefs de service.

Par ailleurs, il persiste divers sujets de revendications tels les repos de sécurité, les gardes...

Michel EISELE
Vice-Président SPF

 

 

MOTION

Le Syndicat des Psychiatres Français, réuni en A.G. le 25 mars à Paris, apprécie le premier déblocage financier en faveur de l’hôpital public et les mesures susceptibles d’améliorer la carrière des praticiens hospitaliers. Cependant, ces mesures ne règlent pas les problèmes essentiels rencontrés par les hôpitaux :

toutes choses préjudiciables à la qualité des soins.

Les praticiens à temps partiel, malgré le concours unique, demeurent en situation précaire avec le quinquennat, l’inégalité de salaire et de retraite, et le SPF réclame la poursuite des négociations à leur sujet.

Le SPF attend l’ouverture très rapide d’une concertation susceptible de lutter contre la pénurie, en aggravation constante, de psychiatres dans les champs sanitaire, médico-social et social.

Le SPF attire l’attention des pouvoirs publics, des usagers et des associations gestionnaires sur la démédicalisation galopante du secteur médico-social. Cette situation est aggravée par le passage aux 35 heures et par la réfutation ministérielle des avenants conventionnels susceptibles de maintenir en l’état un plateau technique déjà gravement amoindri.

L’A.G. mandate le Bureau national pour rencontrer au plutôt le Ministre de l’Emploi et de la Solidarité ainsi que la DAS et tous les partenaires associatifs, afin de les informer largement de cette situation dramatique et d’engager les négociations utiles.

 

RAPPEL
UNIONS REGIONALES DES MEDECINS LIBERAUX : VOTEZ !
ELECTIONS au 29 Mai 2000

 

Le Conseil du SPF a proposé à ses adhérents et, au-delà, à tous les psychiatres, les priorités suivantes.

Il est impératif :

1. de voter :
l’abstention est fautive, comme toujours d’ailleurs, car elle entraîne une sur-représentation des positions
minoritaires et radicales. La participation au vote renforcera les Unions et les représentants de la profession organisée ;

2. de voter pour les listes présentant un psychiatre en position éligible :
il ne s’agit pas simplement d’un vote corporatiste ; nous avons expliqué plus haut la difficulté pour le fait psychiatrique d’être représenté par d’autres spécialités ;

3. de voter, à défaut de candidat psychiatre, pour les listes CSMF-UMESPE :
les deux syndicats représentant les psychiatres libéraux, aussi bien nous, le SPF, que le SNPP, adhèrent en tant qu’"organisations verticales" à la CSMF et à l’UMESPE qui défendent à la fois :

Rappelons qu’aux dernières élections la quasi-totalité des psychiatres avaient été élus sur les listes CSMF-UMESPE et, marginalement, sur celles du SML.

Michel EISELE
Vice-Président

 

PARIS - PALAIS DES CONGRES
FRANCE
26 - 30 juin 2000

 

ORGANISÉ PAR

ASSOCIATION MONDIALE DE PSYCHIATRIE
FÉDÉRATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE

CONGRÈS INTERNATIONAL DU JUBILÉ

De la clinique à la recherche :
penser la psychiatrie

 

Le congrès du Jubilé de l’Association Mondiale de Psychiatrie, organisé par la Fédération Française de Psychiatrie, sera un véritable congrès international puisqu’à ce jour 43 pays ont adressé des propositions de symposia, de communications et de posters sur tous les thèmes intéressant la psychiatrie.

La psychiatrie française ne reste pas à l’arrière plan : deux tiers des symposia sont organisés à son initiative ; ils seront complétés par de nombreuses communications libres et posters qui présenteront notre réflexion et nos pratiques (au total, plus de 900 interventions à ce jour).

Un débat qui s’annonce de grande qualité et très fructueux…

Vous pouvez encore faire des propositions de posters.

Une brochure de présentation complète, accompagnée du pré-programme, peut vous être adressée sur demande.

La liste des interventions dans les symposia et des communications orales ainsi que l’ensemble de leurs résumés est disponible sur Psydoc-France, le site internet de la Fédération Française de Psychiatrie http://psydoc-fr.broca.inserm.fr

Programme "en un clin d’œil"

HEURE
LUNDI 26 JUIN
MARDI 27 JUIN
MERCREDI 28 JUIN
JEUDI 29 JUIN
VENDREDI 30 JUIN
08 H 00
09 H 00
Séance plénière d'ouverture
Cours et Communications
Cours et Communications
09 H 15
11 H15
Symposia et ateliers
Symposia et ateliers
Symposia et ateliers
Symposia et ateliers
11 H30
12 H 30
Conférence
Conférence
Conférence
Conférence
12 H 30
14 H 00
Déjeuner, Discussion des posters
Déjeuner, Discussion des posters
Déjeuner, Discussion des posters
Déjeuner, Discussion des posters
14 H 00
16 H 00
Formation médicale continue
Symposia et ateliers
Symposia et ateliers
Symposia et ateliers
Symposia et ateliers

16 H 30 18 H 30

Symposia
satellites

Symposia
satellites
Symposia
satellites

Symposia
satellites

19 H 30
Cérémonie solennelle d'ouverture
Soirée de Gala

 

Éditeurs, Café Littéraire, Cyberthéâtre
Des présentations d’ouvrages par leurs auteurs, de sites et de nouvelles technologies Internet auront lieu pendant le congrès sur les espaces "Café Littéraire" et "Cyberthéâtre".

Retrait des inscriptions et exposition :
Lundi 26 juin 2000 : de 14h00 à 17h00,
Mardi 27 juin, Mercredi 28 juin, Jeudi 29 juin : 08h00 à 18h00,
Vendredi 30 juin : de 09h00 à 16h00

 

 

Au cours du CONGRÈS INTERNATIONAL DU JUBILÉ

du 26 au 30 JUIN 2000, au Palais des Congrès
2 place de la Porte Maillot, 75017 PARIS

l’ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIE propose,
sur le thème des CLASSIFICATIONS

Argument :