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HALTE AU FEU !(1)
Christian VASSEUR
" Il est aisé d'écrire des ordonnances, mais c'est
un travail difficile que de s'entendre avec les gens. "
Franz KAFKA,
Un médecin de campagne
Début juin, nous découvrions stupéfaits le pré-rapport Piel-Roelandt sur la santé mentale, et j'écrivais que s'il était finalisé ainsi,
"il serait l'occasion d'un débat d'idées et de fond sur la psychiatrie et la santé publique, par les psychiatres enfin convoqués, ou plutôt provoqués, à des États généraux dont ils seraient décideurs et acteurs". Depuis, de toutes parts, nous recevons des témoignages de confrères dont la pratique devient décourageante en raison de difficultés croissantes :
- pour l'exercice public, elles tiennent à la pénurie chronique de personnel à tous les niveaux : médecins, infirmiers, assistantes sociales, secrétaires ;
- pour l'exercice salarié associatif, le passage aux 35 heures réduit encore le temps médical des médecins ;
- pour l'exercice libéral, la demande explose menaçant la qualité des soins.
Dans un tel contexte, comment les psychiatres sauraient-ils répondre au rôle de "veilleurs de la société" que leur attribue à juste titre leur ministre de tutelle ?
Une telle situation nous conduit à penser qu'il nous faut uvrer à une véritable réorganisation, en profondeur, de la psychiatrie et de la santé mentale et renouer pour cela avec l'esprit de débat et d'élaboration que connut la psychiatrie française au cours de son histoire scientifique. Ainsi, Pinel mit en pratique un humanisme revisité par la philosophie et la Révolution française : ce qui constitua la 1re révolution psychiatrique. Puis, nos pères fondateurs, eux, mirent au point la psychothérapie institutionnelle après l'expérience de la guerre et de la déportation, notamment à Saint-Alban : ce fut la 2e révolution psychiatrique. Enfin, nos confrères promoteurs d'une politique de santé mentale via le Livre Blanc (1965-1967), l'expérimentèrent, notamment dans le XIIIe arrondissement de Paris, puis mirent en place la politique de secteur comme outil de soins : ce fut la 3e révolution psychiatrique.
C'est ainsi que, progressivement, la psychiatrie, en appui depuis l'origine sur une approche psychodynamique des phénomènes mentaux tant au plan compréhensif que thérapeutique, s'imposa comme spécialité médicale autonome que la séparation de la neurologie et de la psychiatrie, en 1968, mit en acte. Même la découverte des psychotropes en 1952 n'avait pas remis en cause cette évolution : tout juste y eut-il un fléchissement dans les avancées de la psychothérapie institutionnelle, le temps d'intégrer ce nouvel outil, le médicament, dans sa triple fonction réelle, imaginaire et symbolique.
Les pouvoirs publics semblent depuis avoir renoncé au nécessaire dialogue. À nous de trouver l'esprit et le lieu pour les remobiliser car ce ne sera qu'ainsi, lors de confrontations démocratiques respectueuses des compétences et des responsabilités de chacun, que pourront se dégager et s'élaborer utilement les lignes et les moyens d'une politique concertée sur la santé mentale en France.
Dans cet esprit, l'autorité de tutelle ne pourra être que le Ministère de la Santé, et nous le solliciterons dans ce sens, pour qu'il soit le lieu d'incubation de ce travail de synthèse et de citoyenneté auquel devront être conviées toutes les Associations scientifiques concernées, à commencer par la Fédération Française de Psychiatrie bien sûr, mais également les politiques, les usagers et les intervenants dans le champ du soin en santé mentale : psychologues, psychanalystes, chercheurs en neurosciences, infirmiers, urbanistes, philosophes, sociologues, politologues, etc.
À suivre dès notre prochain numéro...
C. V.
Président AFP(1) Cf. les rapports successifs depuis une trentaine d'années (J. Demay, G. Massé, P. Joly, J. Pradier, M. Nicolas, etc.) et les propositions de loi diverses dont celles sur les psychothérapies.
À NOS "GRACIEUX" LECTEURS
Dans un but de communication et d'information, fidèles en cela à notre souci permanent d'unité de la psychiatrie, nous avons depuis plus de dix ans maintenu la diffusion de La Lettre de Psychiatrie Française à l'ensemble des psychiatres français, que ceux-ci soient ou non abonnés.
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L'ANNUAIRE 2001-2002 EST PARU !
Voici l'Annuaire du troisième millénaire des "psychiatres français".
13 336 collègues sont recensés y compris ceux, étrangers, travaillant dans les secteurs. Chacun est situé individuellement et dans son lieu d'exercice : libéral, associatif, public, universitaire. Ces lieux de pratique ne sont toutefois pas tous recensés parce qu'ils sont aujourd'hui fort nombreux et divers, et parce qu'il s'agit d'un Annuaire des psychiatres et non de la psychiatrie.
Ce qui nous rassemble, aux "psychiatres français", c'est précisément cette diversité, cette multiplicité des pratiques. Nous nous enrichissons mutuellement de ces exercices pluriels et nous aimons la confrontation qu'ils engendrent. Ce qui nous rassemble aussi, c'est notre souci de l'humain. Bien sûr, nous sommes attentifs aux progrès des sciences fondamentales, des sciences de la vie, des sciences de l'homme - qui nous obligent à une formation continue - mais, en tant que praticiens engagés dans la relation à l'autre en souffrance, nous devons aussi intégrer dans nos réflexions leurs aspects éthiques et idéologiques.
Enfin, et tout naturellement, médecins de la personne, nous sommes attentifs à l'environnement et à l'évolution de nos sociétés et, conscients de la fragilité des liens sociaux, nous militons pour leur défense.
Bref, cet Annuaire se veut à l'image de notre corps professionnel : humain, pluriel, préoccupé de la santé mentale des individus et des populations. Puisse-t-il vous agréer dans sa forme, comme instrument de communication entre nous, et dans son fond comme projet de rassemblement de notre diversité.
Jacques-David BEIGBEDER
Bernard JOLIVET
Rédacteurs en chef
CHARLES DURAND (1910-2001)
Robert-Michel PALEM
L'Association pour la Fondation Henri-Ey vient de perdre son vice-président et membre fondateur, le Professeur Charles Durand. Il s'est éteint à Nyon (canton de Vaud, Suisse) dans sa 91e année.
Enracinés dans une même origine catalane, dans une trajectoire psychiatrique partagée, par des combats et des positions qui, dans une vision commune, laissaient à chacun son originalité, ce furent, entre Charles Durand et Henri Ey, cinquante ans d'une amitié indéfectible et d'une estime réciproque*.
Dernier chef de clinique du Professeur Henri Claude à Sainte-Anne sous la direction duquel il écrivit sa thèse L'Écho de la pensée**, en fait sur une idée originale de Henri Ey, il poursuivit l'essentiel de sa carrière en Suisse. En effet, dès 1947, il est nommé directeur de la clinique des Rives de Prangins. Là, sa vision très vaste de la psychiatrie lui permettra d'ouvrir cet établissement aux courants les plus modernes de l'approche psychodynamique des psychoses, en s'entourant de spécialistes renommés.
Il a développé l'enseignement de la psychologie médicale, à Genève, à son zénith, et développé la psychiatrie de liaison.
En 1968, sa carrière prend un tour des plus originaux. En effet, en collaboration avec le Docteur Christian Muller, professeur de psychiatrie à Lausanne, et le Docteur Marcel Cevey, médecin cantonal, il parvient à convaincre les autorités du canton de Vaud de la nécessité de sectoriser la psychiatrie publique. Loin des effets de mode, son réalisme médical a, semble-t-il, fait école.
En marge de ses activités, ce grand médecin fut l'un des principaux animateurs de l'Association internationale d'études médico-psychologiques et religieuses (AIEMPR) qui regroupe plus de 180 membres, psychiatres, psychanalystes et théologiens, qui s'interrogent sur leur foi à la lumière de la psychanalyse. Pour le Professeur Thierry de Saussure : "Charles Durand a eu le courage, au cours des années 50-60, de refuser le clivage entre foi et psychanalyse. Il l'a exprimé avec modestie et raison. Jusqu'au cur de sa personne, il a montré que l'on pouvait vivre sa foi et être analyste."
Sur un autre plan, Charles Durand, en parfaite symbiose avec Henri Ey, s'est engagé sans compromis contre la perversion que représente l'usage liberticide de la psychiatrie. C'est ainsi qu'il fonda à Genève, en 1975, sous l'égide d'Amnesty International, "l'Association suisse contre les abus de la psychiatrie à des fins politiques", en compagnie des Professeurs Jeanne Hersch, Hugo Solms, Ch.-A. Junod, du Docteur Laslo Luka et de Catherine Kuhn-Lombard. Durant de longues années, il mena inlassablement ce combat qui permit, entre autres, d'aboutir à la condamnation de l'URSS pour ses pratiques abusives, lors du Congrès mondial de psychiatrie à Honolulu, en 1977.
L'Association Française de Psychiatrie prie la famille du Docteur Durand d'accepter ses sincères condoléances.
R-M. P.
Perpignan* Henri Ey, un humaniste catalan dans le siècle et dans l'histoire, Ed. Trabucayre, 1997, Henri Ey, psychiatre du XXIe siècle, L'Harmattan, 1998.
** L'Écho de la pensée, L'Harmattan, 1998 (2e éd.).
LES PSYCHOTHÉRAPIES ET LA LOI (suite)
Christian VASSEUR
Dans la suite de nos informations régulières sur les psychothérapies et la loi, voici des points de vue officiels récents sur cette épineuse question, source permanente de rumeurs.
1. SERVICE DES ÉTUDES DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE
M. Bernard Kouchner, ministre délégué à la Santé, a annoncé au cours d'une conférence de presse, le 5 avril 2001, son intention de charger l'ANAES (l'agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé) d'analyser les techniques de psychothérapie qui font consensus au sein de la communauté scientifique afin de limiter l'accès au titre de psychothérapeute à de véritables professionnels.
2. JOURNAL OFFICIEL DE LA COMMUNAUTÉ EUROPÉENNE (16.05.01)
- Le Comité des régions fait remarquer que la stratégie proposée en matière de santé ne doit pas aller de pair avec un glissement de compétence au profit de l'UE dans le domaine de la santé et des soins. Il faut faire la distinction entre les devoirs de la Communauté d'une part, et ceux des Etats membres d'autre part. Toute entreprise d'harmonisation devrait être exclue, les Etats membres devant assumer seuls la responsabilité de la fourniture des services de santé et de soins, à l'aide de leurs propres modèles organisationnels et financiers. Le principe de subsidiarité doit être respecté et les mesures prises à échelon communautaire doivent avoir une valeur ajoutée évidente pour les Etats membres.
- Le Comité des régions estime que la proposition de programme devrait comporter des priorités clairement définies, et que l'on accorde une place plus importante aux questions relatives à la santé mentale.
- Le Comité des régions estime que la première priorité du programme proposé, "l'amélioration de l'information et des connaissances en matière de santé", devrait se concentrer davantage sur les indicateurs essentiels à la promotion de la santé et à la prévention des maladies. Travailler à l'amélioration de la santé est une priorité essentielle. Cette responsabilité ne devrait pas être divisée par l'arrivée de l'UE dans le domaine des soins de santé.
- Le Comité des régions propose de lancer un débat éthique sur les valeurs fondamentales dans le domaine de la santé, étant donné que différents domaines politiques influent sur le secteur de la santé, et que la Communauté prend dans ce domaine des initiatives nombreuses et diverses.
- Le Comité des régions souhaite que l'UE favorise le développement au sein de la Communauté et dans le domaine de la santé. Il convient de tenir particulièrement compte des observations du Comité des régions lorsque seront prises à l'avenir les décisions définissant les domaines de responsabilité en matière de santé des collectivités locales et régionales.
- Le Comité des régions souligne que les conditions d'une bonne santé se créent au plus près du citoyen. Dans la plupart des Etats membres, les collectivités locales et régionales assument la responsabilité de la santé publique et des services de santé et de soins.
C. V.
ASSOCIATION FRANÇAISE
DE PSYCHIATRIE
Conseil d'administration le 30.06.01
sous la présidence de Christian Vasseur
Jean-Michel HAVET
Pour cette première réunion où les conseillers étaient nombreux, les débats ont été animés, vifs, denses, riches des idées et remarques de chacun. Le temps a cependant manqué pour développer tous les thèmes proposés ; mais c'est sans frustration, sachant que d'autres réunions permettront de reprendre et d'élaborer ce que nous avons commencé à traiter ici.
Yves Manela, nouveau directeur de la publication de Psychiatrie Française, a fait part des projets attachés à la Revue. II a rappelé la poursuite du cycle des Conférences de l'Hôtel de Lamoignon : "L'homme qui parle" d'octobre 2001 à juin 2002 et s'est inquiété de la faible participation de nos membres parmi le large public. Il a proposé la publication annuelle de deux essais par an où l'auteur donnerait (en moins de 80 pages) son point de vue sur un domaine de la psychiatrie ; il s'agirait de deux numéros supplémentaires de Psychiatrie Française, ce qui permettrait d'éviter des droits d'auteur tout en assurant une diffusion d'environ 2500 exemplaires, sans compter ceux qui pourraient être achetés par l'industrie pharmaceutique, et éviterait d'entrer dans un système éditorial complexe et onéreux. Le premier essai publié sera la traduction d'un livre américain de 60 pages réalisé par deux anciens présidents de l'Association Américaine de Psychiatrie qui expliquent comment les psychiatres américains ont perdu la psychiatrie en passant de la pensée au marché de la santé. II est fait appel aux auteurs.
Constatant une certaine insatisfaction quant à l'organisation des colloques actuels, Y. Manela propose l'organisation de "colloques à l'anglaise", soit des colloques cliniques, sur des thèmes (Psychothérapies d'enfants et d'adolescents, par exemple), chaque inscrit (de 80 à 100 personnes) ayant à présenter un cas de psychothérapie : seraient ainsi formés 8 à 10 groupes encadrés par un senior, fonctionnant sur trois demi-journées successives, la quatrième étant consacrée à une synthèse en séance plénière. Ces colloques pourraient se dérouler à la Saline Royale d'Arc-et-Senans dans le Doubs (accessible par TGV) dès septembre 2002. Le Conseil donne son accord pour associer à cette manifestation les PUF qui l'annonceront dans leurs publications, ainsi que la Société de Psychiatrie de l'Enfant et l'Adolescent.
La seule manière de sauver la psychiatrie est de partager la clinique, et l'AFP se veut un creuset de réflexion à partir de la clinique. C. Vasseur rappelle l'action de nos confrères à Saint-Étienne pour un colloque annuel autour du thème Penser la psychose. Le maintien d'une unité de lieu et de thème permet un travail de réflexion sur le long terme.
À propos des demandes de publication des Actes de nos Journées de travail, le Conseil propose des numéros spéciaux de la Revue, à deux conditions : un budget prévisionnel de 35 à 40 000 F fourni par les organisateurs, et l'engagement de ceux-ci à participer (avec le comité de rédaction) au travail éditorial considérable que cela représente.
Nos Journées nationales 2002 Psychiatrie et psychothérapies, un débat actuel sont maintenant bouclées. Christine Lamothe rappelle le rôle des discutants des rapports : ils n'ont pas à présenter un second rapport mais à pointer trois ou quatre questions à partir du rapport préliminaire. Cela est fondamental pour ouvrir une véritable discussion avec la salle. De même, dans les ateliers, chaque président doit veiller à ce que les exposés soient courts (pas d'exposé magistral) afin de favoriser un travail avec les participants autour de la pratique.
En 2003, nos Journées tourneront autour du thème de la Psychose et seront centrées sur la clinique et le soin. Des titres viennent : Panser la psychose, Les pensées pathologiques, etc., le conseil préférant cependant débattre du problème de fond. Roger Misès rappelle l'importance actuelle de la conception neuro-développementale des schizophrénies qui débouche sur l'idée d'un dépistage précoce et d'une prévention ainsi que sur celle d'un traitement essentiellement médicamenteux ou cognitivo-comportemental. Il regrette l'abrasion de la dimension psychodynamique et de l'histoire du sujet. A cette occasion, Bernard Gibello fait part de la circulaire du 04.05.01 sur la création des centres référents dans les CHU. Nous ne voulons pas nous retrouver dans la situation des États-Unis où le modèle biogénétique est prépondérant et où les compagnies d'assurances ont préféré aux psychothérapies de longue durée des traitements médicamenteux plus rapides, plus efficaces et moins onéreux en apparence. Les troubles développés par les enfants (problèmes attentionnels, dyslexie...) y sont considérés comme des handicaps et, après bilan par un neuropsychologue, un traitement médicamenteux (Ritaline le plus souvent) est prescrit avec la bénédiction d'une société tournée vers l'efficacité et la réussite. D'opérante ou opérationnelle, la pensée devient opératoire. C'est pourquoi le conseil donne son accord à l'organisation d'un colloque sur Psychiatrie, Psychanalyse et Neurosciences, tel que proposé par Gérard Pommier au nom de la Fédération Européenne de Psychanalyse.
Et ainsi, Jacques-David Beigbeder peut se montrer inquiet du marketing actuel de la schizophrénie, organisé par l'industrie pharmaceutique et relié par de nombreux universitaires (dont certains travaux sont financés par la même industrie pharmaceutique), qui veut conduire à des prescriptions précoces, tentant de conditionner les médecins généralistes à la prescription. Cela relève d'une perversion institutionnelle considérable. L'AFP a toujours soutenu une approche intégrative en psychiatrie et réaffirme son refus de l'exclusion de la dimension psychopathologique dont les conceptions biologiques n'auraient rien à gagner.
Les manifestations provinciales s'annoncent fort nombreuses :
- 8 décembre 2001, à Nice : Croyance et identité ;
- 14 au 16 mars 2002, à Reims : La schizophrénie dans tous ses états ;
- - 27 avril 2002, à Saint-Étienne : Penser la psychose avec Benno Rosenberg ;
- 28-29 septembre 2002, à Arc-et-Senans : Psychothérapies d'enfants et d'adolescents ;
- 12 octobre 2002, à Lyon : Violence, haine et racisme ;
- automne 2002, à Colmar : Le psychiatre à l'hôpital général ;
- automne 2002, à Nîmes : L'expertise psychiatrique pénale ;
- automne 2002, à Bruxelles : Penser la psychose ;
- décembre 2002, à Grignan : Psychiatrie et humanisme ;
- printemps 2003, à Grenoble : Les paranoïas ;
- printemps 2003, à Paris : Psychiatrie, Psychanalyse et Neurosciences.
Chargée de la Commission Scientifique, C. Lamothe se propose d'utiliser les compétences des conseillers en fonction de tel ou tel thème qui se trouvera à l'ordre du jour et aussi de dégager une politique scientifique générale de l'AFP. Le travail se fera en petits groupes sur des thèmes ciblés et portera aussi sur la politique à long terme de l'AFP, tout en répondant aux urgences lorsque nécessaire. Un intervenant demande que ce travail soit fait en collaboration avec le SPF, et de penser aussi à notre communication interne.
Chargé de la Commission Dossier médical (informatique), Jean-Yves Cozic pense qu'il s'agit là aussi d'un thème "à cheval" entre AFP et SPF. Il insiste sur l'aspect essentiellement éthique, au-delà de l'aspect apparemment et initialement technique du dossier : un dossier médical, pour quoi faire ?
Chargé de la Commission Éthique, Jean-Jacques Kress se propose de rassembler une documentation, de conduire une réflexion et des débats ; mais également de se consacrer à la formation et à l'explicitation des concepts importants pour la pratique. J-D. Beigbeder rappelle que l'éthique est la composante essentielle de l'AFP, qu'elle en constitue son identité humaniste. Jean-Pierre Rumen prévient du danger qu'il y aurait à utiliser l'éthique pour masquer des idéologies dans une perversion de son usage. Par exemple, quand on parle de ne plus jamais culpabiliser les parents, cela irait à l'encontre de l'éthique scientifique si cette responsabilisation s'avérait nécessaire. J-D. Beigbeder rappelle qu'un ancien président de l'Association Mondiale de Psychiatrie (le docteur Camerone) s'est vu condamné pour une pratique contestable en raison de son appartenance à la CIA.
Le débat de la Commission Évaluation - PMSI - Classifications, est conduit par J-D. Beigbeder en l'absence d'Alain Amar. Nous n'avons pas été invités à signer la motion intersyndicale qui invite à la grève des PH le 20.09.01. Au-delà de ces problèmes politiques, existe-t-il un bon PMSI ? Apparemment, les quatre syndicats signataires de ladite motion sont PMSIsés puisqu'ils acceptent l'évaluation du coût par pathologie. Cela ne peut que nous inquiéter quant à l'avenir des institutions qui seront soumises à des contrats d'objectifs et de moyens et qui ne seront plus financées que dans la mesure où le PMSI y aura été mis en place, témoignant de façon typique de la manière de penser des directeurs d'hôpitaux et des directeurs d'ARH. Là encore, il y a évacuation de la dimension psychodynamique. Cela concerne tous les modes d'exercice de notre discipline. Mais une véritable opposition se manifeste : le CASP va proposer une autre motion et la FFP a adressé un courrier au ministre de la Santé selon lequel le PMSI ne paraît pas scientifiquement fondé. En tant que psychiatres, nous ne refusons pas l'évaluation (feed back de nos pratiques) si elle s'inscrit dans nos pratiques et n'est pas en contradiction avec notre démarche clinique et notre éthique. Le problème est que toute expertise est subordonnée à des décisions déjà prises : les décideurs manipulent les avis d'experts pour obtenir ce qu'ils veulent. Gérard Schmit indique qu'au sein d'un groupe de travail sur le PMSI au ministère, il a été possible de faire valoir l'impossibilité de l'utiliser tel quel, et la nécessité de changer de classification. Roger Misès rappelle l'absence de référence à une politique de santé et déplore à nouveau la disparition de la Commission des maladies mentales.
Michel Demangeat, en charge du Prix littéraire, informe de la situation difficile où celui-ci se trouve cette année en raison du renoncement de nos sponsors traditionnels. Nous décidons de le maintenir, mais d'envisager l'avenir sans dépendre forcément de l'industrie pharmaceutique.
J-M. Havet précise, en tant que membre de la Commission Fédération française de psychiatrie, que nous allons y institutionnaliser nos relations sans perdre notre identité propre.
Roger Salbreux demande à faire partie de la Commission Formation médicale continue, dont s'occupera Gilbert Diebold, car iI a participé à des négociations avec Madame Gillot, ancienne Secrétaire d'État à la Santé. La question est actuellement en suspens au Ministère car Bernard Kouchner semble avoir une vision très personnelle de la FMC (proche de celle de son ancien conseiller, Anne Dux), qui consiste à la réduire à une formation sur des sujets de santé publique définis sans tenir compte des besoins de la base. Roger Salbreux défend deux idées clefs : une FMC pour tous les médecins et une FMC à la carte selon les besoins de chacun, sans méconnaître l'intérêt des thèmes proposés par le Ministère mais qui ne résument pas toutes les questions. Nous avons obtenu que trois Collèges (hospitalier, salarié et libéral) soient chapeautés par une structure unique. Reste posée la question du financement. Ce sera pour les praticiens hospitaliers un pourcentage de la masse salariale. Les médecins libéraux participeront au financement via la Sécurité sociale. Pour les psychiatres salariés, elle sera englobée dans la formation continue : il leur faudra donc être prudents car les décisions de formation risquent d'être celles de l'employeur, avalisées par les comités d'établissement où ils sont peu représentés. Nous insistons sur l'importance du contenu et du fond et surtout sur la nécessité de ne pas être paralysés par la forme. II ne faut pas confondre formation médicale continue obligatoire et formation médicale continue contrôlée. L'AFP n'a pas l'illusion de pouvoir assumer toute la formation des psychiatres mais doit affirmer sa spécificité. Catherine Saint-Quentin propose de participer et de se mobiliser pour les plus jeunes collègues.
Par ailleurs, le Collège de FMC de la Région Rhône-Alpes ayant procédé à sa dissolution, il fait don à l'AFP de 30 000 F. Les donateurs qui sont aussi les créateurs et animateurs du Collège, C. Lamothe, J. Dufour, A. Amar, membres de l'AFP et de son Bureau, sont très vivement remerciés pour leur travail. Leur don reste moralement en crédit pour les activités AFP (régionales, notamment) qu'ils mettront en place.
Françoise Coret, en charge de la Commission Psychothérapies, propose de conduire un travail de documentation et un travail politique. Le rapport Nicolas sur les spécialités médicales au Ministère de la Santé conclut à la nécessité de trouver le moyen de gérer la pénurie de spécialistes et débouche sur une proposition de "transfert de compétences" (des médecins rééducateurs vers les kinés, des gynécologues vers les sages-femmes, des ophtalmologistes vers les opticiens...). Pour nous, il serait prévu de confier un certain nombre de tâches, dont les psychothérapies, à des psychologues ou des infirmières. Cela montre l'importance de ce thème que nous continuerons à traiter longuement, en particulier lors de nos Journées de janvier. Une réflexion scientifique et une action politique sont à mener de front.
En conclusion, nos lignes de politique scientifique sont :
- représenter la psychiatrie sur les scènes scientifique, publique, politique, nationale et européenne, en continuant à travailler les questions les plus pesantes pour le sujet et le groupe ;
- défendre la psychiatrie à travers ce qui lui a donné son sens : les psychothérapies institutionnelles ;
- maintenir évidente, à travers nos publications et interventions, la rigueur scientifique d'une compréhension psychodynamique de la souffrance humaine ;
- s'investir, comme annoncé, dans l'élaboration du Livre Blanc coordonné par la FFP ;
- proposer à chaque société savante concernée de s'associer, dans un délai d'un à deux ans, à des États généraux sur : la Santé Mentale en France : état des lieux, prévisions, propositions. Il nous semble en effet que si les psychiatres ne sont pas les seuls acteurs de la santé mentale en France, ils en sont -médecine et psychopathologie obligent, et ce, depuis le débu -, d'incontournables référents, concepteurs et analyseurs, nécessairement à l'écoute de la Société.
J-M. H.
Secrétaire Général AFP
MILOSEVIC DEVANT LE TRIBUNAL DE LA HAYE
Nous avons la conscience soulagée de savoir Milosevic en prison. Trop de violence, si proche, nous avait transformés en spectateurs de l'indicible et de l'insoutenable, et avait généré en nous un très fort sentiment de culpabilité.
Reste une question essentielle. Les dictateurs ont besoin d'un discours idéologiquement fort pour se convaincre et assujettir leurs obligés. Le discours de la science est, pour ce faire, bienvenu. Monsieur M. avait pu se servir de celui des psychiatres de l'Académie des sciences de Belgrade, qui avaient été formés dans les meilleures écoles européennes. Voilà qui nous rapproche encore de l'horreur et nous oblige à une réflexion éthique d'importance. Nous avions, en d'autres temps, par la voix du président de notre Association, Christian Vasseur, tenu à apporter notre témoignage au TPI, au titre de l'amicus curiae. C'est notre honneur mais le débat, lui, ne fait que commencer...
Jacques-David BEIGBEDER
La Revue PSYCHIATRIE FRANÇAISE
et l'ASSOCIATION FRANÇAISE DE PSYCHIATRIEproposent les Conférences de L'HÔTEL DE LAMOIGNON
(24, rue Pavée - 75004 Paris)L'HOMME QUI PARLE
Depuis quarante ans, le langage est au cur de nos débats scientifiques. Qu'avons-nous appris durant cette période ? Qu'ont apporté la linguistique, la psychiatrie, la psychanalyse, la neurologie et la théorie littéraire à notre connaissance de l'homme qui parle ? Toutes et aucune de ces disciplines n'ont le dernier mot sur la question du langage. Les psychiatres pensent, avec et à travers le langage, la pathologie et la thérapeutique. Nous pensons qu'il est temps de confronter à nouveau ces différentes recherches. Pour cela, nous proposons un cycle de Conférences-débats, durant trois années successives, où nous discuterons avec d'éminents spécialistes.
Après avoir écouté Frédéric FRANÇOIS, André GREEN, Paolo FABBRI, Paul DENIS, Jean GILLIBERT cette année, nous poursuivons le cycle 2001-2002 avec de nouveaux conférenciers aussi prestigieux.
Le nombre de places étant limité à 90, nous vous invitons à vous inscrire sans attendre.
Yves MANELA
ANNÉE 2001-2002
- Le 15 Octobre 2001 : L'homme qui parle en poète Jackie PIGEAUD - Discutant : Annie GUTMANN
- Le 19 Novembre 2001 : Le rythme et le langage Henri MESCHONNIC - Discutants : Yves MANELA, Pierre SULLIVAN
- Le 21 Janvier 2002 : L'échec de la traduction Jean LAPLANCHE - Discutant : Mik YI
- Le 18 Mars 2002 : Le langage des sourds Christian CUXAC - Discutant : Marie-Françoise BRESSON
- Le 17 Juin 2002 : Philosophie du langage Philippe LACOUE-LABARTHE - Discutant : Frédéric FRANÇOIS
En parler tôt pour en parler à temps
sous la parrainage de B. KOUCHNER, Ministre délégué à la Santé
Depuis son lancement en 1990,
la SISM répond à CINQ OBJECTIFS :
- CONVIER aux réunions de la SISM un public qui n’est pas habituellement sensibilisé aux questions de Santé mentale, dans un double but de pédagogie et de dédramatisation.
- INFORMER, à partir du thème annuel, sur les différentes approches de la Santé mentale.
- RASSEMBLER par cet effort de communication, acteurs et spectateurs des manifestations, professionnels et usagers de la Santé mentale.
- AIDER au développement des réseaux de solidarité, de réflexion et de soin en Santé mentale.
- FAIRE CONNAÎTRE les lieux, les moyens et les personnes pouvant apporter un soutien ou une information de proximité.
En 2001, la SISM se tiendra du 8 au 13 OCTOBRE, partout en France,
autour du thème " En parler tôt pour en parler à temps "Si vous souhaitez participer, nous tenons à votre disposition une action " clef en main " :
une bande vidéo (15 min.) Regars de la rue sur la santé mentale,
à projeter avant un débat autour d’acteurs en santé mentale, animé par un professionnel de la communication.Par ailleurs, merci de nous communiquer, le détail de toute action mise en place dans ce cadre afin qu’elle soit annoncée dans le dossier de presse .
Comité d’Organisation : Association Française de Psychiatrie (AFP) • Association Scientifique Française des Psychiatres du Service Public (AFPP) • Centre Collaborateur OMS pour la recherche et la formation en Santé Mentale (CCOMS) • Centre National Audiovisuel en Santé Mentale (CNASM) • Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine (FASM Croix-Marine) • Fédération Française de Psychiatrie (FFP) • Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-Patients en Psychiatrie (FNAP-Psy) • Fondation Santé des Étudiants de France (FSEF) • Ligue Française pour la Santé Mentale (LFSM) • Société Médicale Balint • Union Nationale des Amis et Familles de Malades Mentaux (UNAFAM). Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin - 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.fr
Association Française de Psychiatrie
Collège de F.M.C. PACAPROVINCIALE
SAMEDI 8 DÉCEMBRE 2001au Centre médical et culturel de la MGEN
35-37, rue Clément-Roassal - 06000 NICECROYANCES ET IDENTITÉ
Si on admet que l'identité d'un être humain est une donnée mouvante, s'enroulant et se déroulant à la manière d'un drapeau autour de sa hampe, celle-ci représentant l'invariant et sa problématique, nous pouvons envisager l'étude de tout ce qui la constitue, et en particulier de la nébuleuse des croyances.
Foi, croyance, conviction du doute au délire, de la tolérance au fanatisme, toutes les nuances existent, et le psychiatre les rencontre chez ses patients comme dans sa vie, les confronte et les affronte aux siennes.
Si les principes de la laïcité, de la tolérance et de la liberté de culte régissent majoritairement - et, semble-t-il, pacifiquement - un certain nombre de sociétés, des accès de " prurit identitaire " (Sibony) agitent régulièrement individus et groupes.
Quelles questions et quelles réponses peuvent se formuler dans l'espace relationnel ? Quels liens conflictuels entre le thérapeutique et le doctrinal ? Le nécessaire modèle de l'Aufklärer freudien est-il toujours suffisant ?
Autant de questions que nous souhaiterions aborder lors de cette Journée au cours de laquelle sont prévus :
09 H 00 : Christian VASSEUR : Ouverture 09 H 15 : Sous la présidence de Dominique PRINGUEY
Rapport de Jean-Pierre RUMEN : Imaginaire, identité, destin : une seule catégorie dans l'uvre de Jean-Toussaint Desanti ?10 H 15 : Pause. 10 H 30 : Sous la présidence de Christian VASSEUR
Rapport de Christine LAMOTHE : Parce que c'était lui et parce que c'était moi.11 H 30 : Table ronde sur les aspects pratiques et syndicaux, avec des avocats et des représentants du SPF. 12 H 30 : Déjeuner sur place. 14 H 30 : Sous la présidence de Marcel ARDITTI
Rapport de Alain BIHR : De la décroyance généralisée aux crispations identitaires15 H 30 : Pause. 15 H 45 : Sous la présidence de Jean-Louis GRIGUER
Rapport de Daniel LEMLER : Pouvons-nous être autre chose que des exilés ?16 H 45 : Projection d'un film vidéo (20 mn) de Thierry LAGALLA, sur sa vision de l'identité niçoise. 17 H 30 : Jean-Yves FEBEREY : Synthèse et conclusion des travaux.
Comité scientifique : Marcel ARDITTI, Jean-Yves FEBEREY, Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET, Christine LAMOTHE, Jean-Pierre RUMEN, Christian VASSEUR.
Comité d'organisation : Jean-Yves FEBEREY (18 B, rue Catherine-Ségurane 06300 NICE.
Tél : 04 93 89 86 95. E-mail : jean-yves.feberey@wanadoo.fr), Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET.
PRESQUE TOUT CE QUE VOUS AVEZ VOULU SAVOIR
SUR LA TÉLÉTRANSMISSION ET LE SYNDICALISME MÉDICAL ET QUE VOUS N'AVEZ PAS OSÉ DEMANDER AU SPFClaude MANDRY
À l'heure où j'écris ce texte, il n'est plus possible d'échapper à la télétransmission, quel que soit votre âge. Vous pouvez échapper à l'informatique mais vous devez "offrir la télétransmission aux assurés sociaux". Vous vous y êtes engagé le 12 août 1999. Vous avez juré sur la tête de Martine Aubry. Le gouvernement a vendu les médecins libéraux aux directeurs et présidents des Caisses d'Assurance maladie, contre un plat de lentilles. Le Ministère de la Santé devrait s'appeler Ministère de la Santé Publique.
Ces dirigeants de Caisses pensent que la télétransmission est la fin de tous leurs maux. La plupart d'entre eux ne veulent pas en démordre. Dans le département où j'exerce (les Vosges), nous en sommes à recevoir, pendant nos vacances, des lettres recommandées avec injonction de payer une contribution financière avant le 30 septembre, la Caisse se déclarant prête "à procéder au recouvrement forcé de sa créance". Vous pouvez comprendre que, dans ces conditions, le Bureau du Syndicat des Psychiatres français ne peut que vous inciter à télétransmettre, avec ou sans informatique.
Bien sûr, nous avons la possibilité de faire appel, mais celui-ci ne serait pas suspensif. Bien sûr, nous ne payerons pas, mais nous sommes unis entre médecins localement. Entre médecins et localement. Dans chaque département, il existe pour l'instant un Conseil de l'Ordre. Dans les mêmes locaux, siègent le plus souvent les Syndicats médicaux départementaux.
Le SPF est un Syndicat d'une seule catégorie de spécialistes, il n'est pas représentatif de tous les médecins. En ce qui concerne les libéraux, nous sommes affiliés à l'Union des MEdecins SPEcialistes (UMESPE), branche de la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF), dont l'autre branche est l'UNOF (généralistes). Il existe trois autres Syndicats reconnus comme représentatifs des médecins : le Syndicat des Médecins Libéraux (SML), la Fédération des Médecins de France (FMF), l'Union Collégiale des Chirurgiens et Spécialistes Français (UCCSF).
Nous négocions avec les Caisses et le gouvernement par l'intermédiaire de l'UMESPE. Les négociations sont essentiellement techniques comme, par exemple, pour la Nomenclature des actes médicaux ; il n'est pas actuellement réellement question de négociation politique, par exemple d'une convention : le Règlement minimum convient à nos politiques et aux dirigeants de Caisses, nous sommes à leur merci. Depuis les Ordonnances Juppé, puis la publication de ce Règlement minimum, en particulier de son chapitre VI, nous sommes réduits à l'impuissance.
Pour chacun d'entre nous, c'est la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) de notre lieu d'exercice qui nous somme de télétransmettre. La réponse ne peut être que locale :
- Personnelle, si vous demandez à être entendu par une Commission qui ne comprendra que des dirigeants de Caisses, juges et parties. Vous pouvez vous faire accompagner par le médecin ou le défenseur de votre choix. Je l'ai demandé, ils ne m'ont pas lu. Cela peut retarder l'échéance. Si vos interlocuteurs sont ouverts, ils peuvent entendre quelques cas particuliers, bien qu'ils soient vraisemblablement notés aux résultats. Personne ne peut garantir ceux-ci.
- Collective, les syndicats médicaux ont demandé aux médecins de freiner la télétransmission, informez-vous localement auprès des Domus Medica si une action locale de résistance est possible. Si vous ne savez à qui vous adresser, téléphonez aux Conseils de l'Ordre, car les Syndicats départementaux siègent souvent dans les mêmes locaux ou, si vous connaissez des responsables syndicaux locaux, adressez-vous à eux, sauf ceux du Syndicat des Médecins Généralistes de France (MG-France). Les spécialistes sont attaqués parce qu'il n'y a plus de convention entre eux-mêmes, les Caisses et le gouvernement. Il n'y a plus de Commission conventionnelle paritaire locale qui pourrait contredire les dirigeants des Caisses. Ils sont seuls à décider que les conditions pour télétransmettre sont bonnes.
Résister, c'est être prêt à perdre : à perdre de l'argent, ou à être déconventionné.
- Un préavis de grève a été déposé il y a presque un an par le SML et il est renouvelé de 3 mois en 3 mois. Il court jusqu'au 9 octobre 2001, personne n'en tient compte. Les gouvernements Juppin puis Jospé se moquent de la démocratie, ils nous engagent en leur nom à nous faire perdre le droit d'exercer, à nous vendre des conditions de travail difficiles, ils ne nous supportent pas, nous ne sommes pas une part importante de leur électorat, quel que soit notre mode d'exercice. La réduction du temps de travail, ce n'est pas pour les médecins.
- Le seul espoir pour ceux qui ne veulent pas télétransmettre, pour ceux qui sont proches de la retraite et n'ont pas envie de faire l'investissement en matériel et en formation, reste le recours en Conseil d'État déposé par le SML contre le chapitre VI du Règlement minimum, en particulier sur la mention : "le médecin s'engage à offrir la télétransmission aux assurés sociaux"... Mais nous ne savons pas quand celui-ci rendra son jugement ni s'il sera favorable aux médecins. En fait, d'autres batailles juridiques sont engagées par le SML, dont un référé dans les Vosges. Les ordonnances Juppé prévoyaient un paiement des feuilles de soins ; le Règlement minimum prévoit des feuilles de soins papier. Tant que ces batailles juridiques ne sont pas gagnées, nous ne pouvons pas vous encourager à ne pas céder. C'est un risque à prendre individuellement dans la mesure où vous pouvez localement vous unir et vous soutenir.
Les seules choses possibles sont de ne pas vous engager à une montée en charge rapide, de revendiquer le droit de grève, d'offrir la télétransmission mais pas trop ; éventuellement, d'alerter les médias locaux. Nous entrons en période électorale. Nous vous tiendrons au courant de l'évolution des choses, que celle-ci soit ou non favorable aux médecins.
L'organisation des syndicats médicaux peut vous paraître saugrenue, mais il en est de même pour les psychiatres salariés publics, salariés privés ou universitaires. Nous sommes médecins et pas seulement psychiatres, ou salariés et pas seulement psychiatres. Nous défendons nos spécificités à l'intérieur d'autres organisations.
C. M.
Secrétaire Général SPF
A T T E N T I O N !
Si vous devez procéder ces jours-ci à l'achat de votre logiciel médical et de votre lecteur de carte Sesam Vitale, assurez-vous expressément auprès du fournisseur que l'un et l'autre :
- ont la double comptabilité francs / euros pour le dernier trimestre 2001,
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Dans le cas contraire, assurez-vous des délais nécessaires et prenez contact avec votre CPAM pour qu'elle convienne que vous devez surseoir en conséquence. Il paraîtrait en effet stupide d'acheter maintenant un matériel qui serait obsolète dans trois mois !
SYNDICAT DES PSYCHIATRES FRANÇAIS
Conseil du 30.06.01 sous la présidence de Pierre StaëlClaude MANDRY
Ce 30 juin s'est tenu le premier conseil syndical de la nouvelle mandature. L'ordre du jour était chargé. En voici un compte rendu.
1. ORGANISATION INTERNE
- Jacques-David Beigbeder est élu vice-Président, devenant ainsi un des trois vice-présidents communs AFP et SPF.
- François Kammerer glisse du poste de Secrétaire général adjoint à celui de vice-Président pour avoir plus de poids dans sa représentation au nom du syndicat pour l'hospitalisation privée.
- Ils sont élus à l'unanimité.
- Après avoir présenté les différentes Missions et leurs animateurs (cf. LLPF N° 106), une Mission supplémentaire est créée : Relations avec les partenaires en santé mentale, animée par Michel Botbol et Jean-David Attia.
2. LES PSYCHOTHÉRAPIES
Le SPF se veut le défenseur de la qualité des psychothérapies faites par les psychiatres par rapport à celles des "psychothérapeutes". P. Staël rappelle que, dans la refonte en cours de la nomenclature des actes médicaux, la psychothérapie est à la fois l'apanage de la consultation des psychiatres et une de ses composantes essentielles. Il présente une motion (destinée aux pouvoirs publics, aux caisses d'assurance maladie et aux médias) à laquelle l'AFP et les Syndicats membres du CASP seront invités à s'associer, avant publication dans un prochain numéro de La Lettre.
Cette motion est votée à l'unanimité, moins 3 abstentions.
3. LIVRE BLANC DE LA PSYCHIATRIE
Alors qu'un Livre Blanc de la psychiatrie est en élaboration sous l'égide de la Fédération Française de Psychiatrie, nous avons été contactés par un prestataire de services médicaux et d'édition (qui a été à l'origine du Livre blanc de la neurologie) proposant sa logistique pour effectuer des enquêtes épidémiologiques auprès des 13 000 psychiatres, et s'engageant à rechercher le financement des études puis de l'ouvrage lui-même. Ce projet nous semble intéressant dans la mesure où il permettrait d'accéder à des données chiffrées qui pourraient constituer un élément important, voire indispensable, du Livre Blanc de la FFP et ainsi l'enrichir et le compléter. Bien sûr, il n'est pas question de nous substituer à la FFP à qui reviennent la paternité et la compétence de ce "Livre blanc", mais de la faire profiter de cette opportunité. Il nous semble également important, pour assurer la fiabilité et la valeur de ce document, qu'il rassemble l'ensemble des partenaires concernés.
4. ACTUALITÉ PROFESSIONNELLE
- Nous avons été agréablement surpris par l'ampleur de la manifestation des professions de santé du 12 juin. Apparemment, la Préfecture de police aussi, qui n'avait pas donné les moyens d'accompagner décemment cette manifestation.
- Nous ne sommes pas enthousiasmés par le projet du "G7" (cf. LLPF N° 105) qui, bien que rempli de bonnes intentions, nous parait un leurre. Les partenaires sociaux peuvent bien faire des promesses tant qu'ils ne gèrent pas les caisses, puisque l'expérience montre qu'ils changent souvent d'attitude lorsqu'ils changent de responsabilités.
- Une réflexion pour une Nouvelle Nomenclature des Actes Médicaux est en cours au sein de l'UMESPE. P. Staël a insisté auprès d'elle sur la spécificité de l'acte de psychothérapie, indissociable de la consultation du psychiatre. En outre, le psychiatre ne peut être simplement expert et prescripteur : nous demandons que la valeur des consultations initiales ou de "suite pour exploration" soit fixée à 180 euros pour une heure, celle des consultations spécifiques de psychothérapie à 90 euros pour une demi-heure.
Le Conseil approuve à l'unanimité, moins 4 abstentions.- Nous faisons également un recours auprès de la CNAMTS pour une augmentation rapide du CNPsy qui nous paraît sinistré.
- Évaluation et Unions Régionales des Médecins Libéraux : une réunion se tiendra en septembre avec les autres syndicats de psychiatres et l'ensemble des psychiatres élus aux URML. Nous pensons que l'évaluation est indissociable des formations initiale et continue. Nous dirons ce que nous pensons de ce qui sera proposé, et diffuserons les points importants. II s'agit d'une réflexion qui en est à ses débuts et que nous suivrons.
5. SSNC
Le Conseil décide de participer au Salon de la Psychiatrie et du Système Nerveux Central 2001, dans le cadre d'un Forum sur le PMSI, et mandate F. Kammerer et R. Salbreux pour y apporter la contestation.
6. CASP ET PMSI
L'opposition commence à se généraliser contre le PMSI.
7. EURO
H. Sontag s'engage à rédiger un guide spécifiquement médical quant au passage à la monnaie unique européenne
8. THÈME DE RÉFLEXION ET D'ACTION PRIORITAIRE
Nous refusons la dépsychiatrisation de la santé mentale telle que proposée par les pouvoirs publics et les caisses comme une solution à la baisse de la démographie psychiatrique. II y a là une perte de référence claire à la nécessité des soins psychiatriques. Les vacances de postes sont parfois désormais réglées par la nomination d'assistants généralistes comme praticiens hospitaliers. La médecine se découpe en sous-spécialités : addictologie, gérontologie, urgences... Nous devons lutter en nous associant au CASP et aux Associations de patients.
C. M.
Secrétaire Général SPF
ACTUALITÉ PROFESSIONNELLE :
LE POINTCet article qui, pour des raisons d'édition, est rédigé fin août, ne tient donc pas compte des événements survenus ultérieurement.
1. ARTT POUR LES PH
Les négociations très difficiles sont toujours en cours, le Ministère se montrant peu coopérant. Nous y sommes représentés dans le cadre de la CHG.
2. LE SECTEUR MÉDICO-SOCIAL CONNAÎT DE GRAVES DIFFICULTÉS
- Les listes d'attente s'allongent tant chez les enfants et les adolescents (IMP, IME, IMPRO, Instituts de rééducation, CMPP, CAMSP et SESSAD) que chez les adultes (CAT, Foyers d'hébergement pour handicapés, MAS...). Ces difficultés sont accrues du fait de facteurs aggravants et multiples :
- la sollicitation de plus en plus importante connue par notre secteur en matière de pathologie mentale active et au long cours, nécessitant soins et pluridisciplinarité accrus ;
- l'insuffisance de moyens et de créations en lien avec la politique d'austérité en matière de dépenses assumées par la Sécurité Sociale ;
- o la démographie des psychiatres marquée par le vieillissement de la profession et la pénurie de promotions nouvelles frappées par le malthusianisme et le défaut de perspectives (les projections à court et moyen termes sont alarmantes) ;
- l'octroi des 35 heures depuis février 2000 dans les établissements et services de plus de vingt salariés s'est traduit quasiment partout par une baisse de 10 % de la disponibilité médicale. L'avenant no 10 que nous avions négocié et signé dès septembre 1999 avec les Syndicats Employeurs, afin d'éviter cette dégradation prévisible, a été rejeté par le Ministère. De plus, ce rejet incompréhensible l'a été alors que le Ministère était forclos en matière de délais, et que l'avenant était réputé acquis. Cette désinvolture nous vaut d'être en recours contentieux aux côtés de la Fédération des Syndicats Employeurs. À ce jour, le Ministère reste sourd à nos sollicitations conjointes alors que la réduction du temps de travail s'appliquera à tous au 1er janvier 2002 et affectera de 10 % des temps médicaux déjà très étroits et insuffisants dans de petits établissements et services.
- Cette dégradation des conditions d'exercice s'est accompagnée du corollaire fréquent de la remise en cause des relations salariales et nous avons dû intervenir de façon quasi quotidienne dans l'aide et le conseil à des confrères qui voyaient ce qui aurait dû constituer une avancée sociale, se traduire par une atteinte à l'exercice médical et aux relations contractuelles. Très vigilants à ce sujet, nous avons relancé le Ministère que nous devrions rencontrer dès l'automne.
- Nos salaires stagnent depuis dix ans, les accords Durafour ne nous ayant pas été appliqués, de même que l'avenant no 265 qui a revalorisé tous les cadres de la CCN 1966 à l'exception des médecins. Nous nous sommes réjouis des avancées salariales intéressantes dont ont bénéficié nos confrères praticiens hospitaliers publics dès le protocole d'accord du 13.03.00. Mais ce progrès dans la carrière publique a mis en pleine lumière un différentiel sensiblement négatif contribuant à rendre la carrière dans notre champ médico-social moins attrayante et susceptible d'aggraver encore les difficultés de recrutement devenues criantes. Au décours de trois réunions de la Commission Nationale Paritaire de Négociation avec la Fédération des Syndicats Employeurs, nous sommes parvenus à un accord salarial substantiel, signé fin juillet par tous les partenaires. Cet avenant no 11 établit deux grilles salariales :
- une pour les médecins spécialistes,
- une autre unique pour les médecins directeurs et les chefs de service.
À ce jour, nos émoluments stagnent dès la 15e ou la 18 e année, seuil qui sera désormais repoussé à la 28 e, avec une progression très favorable à partir de la 15 e. Le Ministère est saisi pour agrément et nous saurons très vite le sort qu'il réserve à la psychiatrie dans le champ médico-social et du handicap dont le principal gestionnaire est le dispositif associatif qui fête cette année le centenaire de la Loi 1901.
- Au sujet :
- de la loi sociale de 1975 qui fait aujourd'hui l'objet d'une proposition de loi en navette au parlement,
- de la loi d'orientation en faveur des personnes handicapées de 1975 remise en chantier par le gouvernement,
- de la refondation de la politique de santé mentale commandée par les ministères de la Solidarité, de la Santé et des Handicapés, nous sommes inscrits dans des démarches de travail avec la Direction Générale de l'Action Sociale, afin d'être contributifs du volet médico-social de cette réforme.
3. MÉDECINE LIBÉRALE
- La manifestation du mardi 12 juin à Paris - bien que mise en place un jour de semaine - a rassemblé, comme annoncé, moins de professionnels de santé que la précédente qui avait eu lieu un dimanche. Les manifestants étaient toutefois nombreux (quelques milliers) et plus que prévu par les Renseignements généraux qui n'avaient mis en place aucun barrage de la circulation, ce qui a entraîné une belle - mais toutefois sympathique - pagaille. Une fois encore, la médiatisation a été faible, mais il ne nous était pas possible de ne rien dire ni faire à la veille du deuxième "Grenelle de la santé".
- Bras de fer entre la Caisse et le Ministère. Dans le cadre du rapport d'équilibre qui lui est dévolu, et afin de ne pas détériorer ses fragiles reprises de contact avec les syndicats de médecins, la Caisse refuse de décliner l'objectif national des dépenses déléguées (ONDAM) dans la mesure où ceci aboutirait à de nouvelles décotes tarifaires. Par contre, elle envisage la revalorisation de la consultation des pédiatres ainsi que la création d'une consultation spécifique pour les psychiatres recevant les parents d'un enfant en cours de traitement. Cette dernière mesure répond à notre démarche, au SPF, entreprise en novembre 2000 auprès du Président de la CNAMTS et s'appuyant sur un rapport scientifique exposant la nécessité spécifique de ce travail.
- Nous avons aussi demandé au Président de la CNAMTS la revalorisation d'urgence de notre lettre clé CNPsy (cf. ci-dessous).
- G7. Nous avons présenté au Président de la CSMF nos réflexions sur son projet de réorganisation de la médecine de ville. La FMF, qui avait participé à la rédaction de ce document, a refusé de le ratifier "en l'état", en raison de la suppression programmée du secteur à honoraires libres.
- Le MEDEF menace à nouveau de quitter les instances de gestion de la Sécurité Sociale au 30 septembre, ce qui remettrait en question le paritarisme de gestion de la SS. On ne peut donc anticiper la composition des prochaines instances, dont la CFDT assure depuis quelques années la présidence.
- Nous avons rencontré, le 5 septembre au Ministère, notre confrère Olivier Obrecht, conseiller de Bernard Kouchner. Un compte rendu sera publié dans notre prochain numéro.
- Le projet de nomenclature préparé par l'UMESPE pour les consultations des spécialistes fait suite à la déclinaison de la nomenclature des actes techniques actuellement en cours ainsi qu'au projet du "G7". Nous avons dénoncé le fait inacceptable que la moyenne des revenus retenue pour les spécialités cliniques (pédiatres, psychiatres et généralistes) ne soit pas revalorisée, entérinant ainsi l'importante distorsion avec les spécialités médicales et techniques.
- Le deuxième "Grenelle de la santé", le 12 juillet, a été élargi à de nouveaux partenaires sociaux (syndicats des salariés et du patronat : 80 participants) et a notamment pris acte des recommandations des quatre "sages", à savoir :
- augmenter la valeur du C ;
- privilégier les mécanismes incitatifs de rémunération au forfait ;
- mettre en place une Convention à trois étages, supprimant progressivement le secteur 2 ;
- créer un Conseil National de la Santé qui aurait à définir les priorités de santé et à en déterminer les ressources (avec ONDAM pluriannuel et abandon des lettres clés flottantes) ;
- substituer certains rôles entre les différentes professions de santé ;
- créer un Observatoire de la démographie.
Les commentaires des centrales syndicales de médecins (autres que MG-France) sont plutôt désabusés devant les déclarations d'Elisabeth Guigou de maintenir le mode de régulation actuel des dépenses de santé tant qu'un autre ne lui aura pas été substitué ! Certaines propositions pourraient être étudiées, dès cet automne après " concertation " avec les partenaires concernés, dans le cadre du projet de loi de modernisation du système de santé ou de celui du financement de la Sécurité Sociale.
4. PRIORITÉS DE SANTÉ PUBLIQUE DU MINISTRE
Aucun des 24 thèmes prioritaires, pour lesquels le ministre a nommé des chefs de projet, ne renvoie à la psychiatrie ni à la santé mentale.
5. DÉMOGRAPHIE
- Les projections démographiques pour les vingt ans à venir font état d'une forte diminution (15 à 20 %) des effectifs globaux : 25 % chez les spécialistes mais seulement 9 % chez les généralistes. De plus, dès 2010, une diminution de 12 % des effectifs s'opérera en psychiatrie où les vacances de postes à l'hôpital et dans le secteur médico-social sont déjà nombreuses, alors même que la psychiatrie libérale peine à répondre à la demande et encore plus aux urgences.
- Bernard Kouchner annonce que le gouvernement augmentera de manière "significative" le numerus clausus des étudiants en médecine. À suivre...
6. ÉVALUATION INDIVIDUELLE PAR LES URML
Quatre Unions régionales (Ile-de-France, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Basse-Normandie) vont expérimenter la mise en place de l'évaluation des pratiques des médecins libéraux et, pour ce faire, viennent de lancer un appel pour sélectionner les médecins évaluateurs. Avis aux candidats !
Rappelons que nous interviendrons, au SPF, pour apprécier la faisabilité, l'applicabilité et les limites de cette évaluation par rapport à la pratique psychiatrique libérale.
7. STATISTIQUES
Médecine de ville. Dépenses remboursables des trois régimes, fin mai. Évolution 2001-2000.
Honoraires Prescriptions Total PrestationsOmnipraticiens + 0,90 % + 6,70 % + 5,60 % Psychiatres + 1,00 % + 10,40 % + 5,40 % Neuro-psychiatres - 10,90 % - 0,30 % - 5,00 % Psychiatres + Neuro-psy - 0,06 % + 9,00 % - Ensemble des Spécialistes + 0,60 % + 7,90 % + 3,90 % On constate une stabilisation du volume des consultations pour l'ensemble des spécialistes au cours des cinq premiers mois de l'année, sans que l'on sache vraiment la part qui revient aux retards généralisés de traitement des dossiers de remboursement et qui seront répercutés sur les statistiques suivantes. Par contre, la progression du poste " prescriptions " reste importante, y compris pour les psychiatres.
8. INFORMATIONS DIVERSES
- Le passage à l'EURO.
- Ordonnances sécurisées : la généralisation de leur utilisation obligatoire et globale est reportée au 1er octobre 2002. Une nouvelle prolongation de ce délai paraît improbable.
Jean-David ATTIA
Jean-Yves COZIC
Pierre STAËLEN RÉSUMÉ
NOS RÉCENTES DÉMARCHES AU SPF
1. Courrier à J-M. Spaeth, président de la CNAMTS, pour demander la revalorisation urgente du CNPsy dont la valeur est inchangée depuis maintenant six ans, rendant la qualité de nos pratiques de plus en plus difficile.
2. Courrier à J-M. Spaeth, à la suite de notre rencontre de novembre 2000, pour rappeler notre demande de pouvoir coter une consultation spécifique lors d'un entretien avec les parents dans le cadre du suivi thérapeutique d'un enfant ou d'un adolescent, en nous appuyant sur une argumentation scientifique élaborée par les Professeurs Roger Misès et Gérard Schmit.
3. Rencontre au Ministère, le 5 septembre, avec notre confrère Olivier Obrecht, conseiller de Bernard Kouchner, pour évoquer les points suivants :
- Que voulait dire le Ministre, lors de son discours à Strasbourg sur ses sept priorités en matière de politique de santé, par "décloisonner les modes de prise en charge dans le domaine de la santé mentale" ?
- Les conséquences de la baisse de la démographie, tant dans le secteur hospitalier que médico-social et en libéral.
- La dépsychiatrisation de la santé mentale et la démédicalisation des soins avec leur corollaire de "transfert des compétences" des médecins vers d'autres intervenants moins qualifiés.
- La question de la pratique des psychothérapies, de leur encadrement éventuel et de "l'évaluation fine de leurs techniques", avec le rappel de nos positions SPF/AFP à ce sujet et à celui du projet de statut de psychothérapeute prôné par nombre de "psychothérapeutes" non-médecins et non-psychologues.
P. S.
Président SPF
L'EURO (€)
MODE D'EMPLOI POUR LES PSYCHIATRES LIBÉRAUX
Harald SONTAG
La généralisation des chèques en euros à partir du 1er juillet complique les règlements d'honoraires des psychiatres libéraux qui ne peuvent plus les refuser. Jusqu'au 31 décembre, une conversion stricte (1 €= 6,55957 F, en arrondissant à deux décimales) donne le CNPsy à 225 F = 34,30 €. Pour cela, n'hésitez pas à utiliser vos calculettes ou à favoriser le paiement par carte bancaire, la conversion étant alors automatique sur la plupart des lecteurs.
Depuis le 1er juillet, les administrations paient vos expertises ou vos vacations en euros, l'URSSAF demande vos cotisations en euros, et à partir du 1 er octobre, la Sécurité sociale remboursera les patients en euros (à leur rappeler, en cas de besoin).
Pour la tenue de votre comptabilité de l'année 2001, les déclarations de revenus devront se faire en euros. Aussi, dans la mesure où la majorité des paiements auront été faits en francs, nous vous conseillons (comme le font déjà les associations agréées) de tenir votre comptabilité en francs, de faire la conversion exacte des règlements en euros (ce qui risque de rajouter quelques décimales à vos comptes) et de faire la conversion en euros sur les totaux de l'année ; ceci étant valable pour les recettes comme pour les dépenses. Le problème ne se posera plus en 2002 où le franc aura totalement disparu.
De plus, à votre retour de vacances, nous ne saurions trop vous conseiller de vous débarrasser de vos devises de l'Euroland (neuf des quinze pays de l'Union européenne) car tous ces pays (à part l'Irlande et la France) ont adopté la date du 28 février 2002 pour la fin du cours légal des pièces et des billets en monnaie nationale. Après cette date, et toujours selon les pays, ce sera le parcours du combattant pour changer des devises qui auront perdu toute valeur d'utilisation !
H. S.
StrasbourgN.B. - On peut aussi consulter utilement à ce sujet le site de la CSMF : www.csmf.org
PSYCHIATRIE ET PSYCHOTHÉRAPIES, UN DÉBAT ACTUEL
Sous le parrainage de Bernard Kouchner,
Ministre délégué à la Santé.JOURNÉES NATIONALES
Vendredi 18 et Samedi 19 janvier 2002
Holiday Inn - 10, place de la République - 75011 Paris
ARGUMENT
Tout acte psychiatrique, lorsqu’il vise le soin, est de nature psychothérapique. Pourquoi et comment ?
Voici qui mérite d’être mis en débat.
À la suite de sa démarche, en mars 2000 à l’Assemblée Nationale, l’AFP entend clarifier la question de la psychothérapie pratiquée par les psychiatres.
Après une mise en perspective historique, les conférences et les débats porteront sur la manière dont le psychiatre intègre, dans les divers aspects de sa pratique clinique, les grandes orientations méthodologiques et théoriques : analytiques, cognitivo-comportementales, systémiques. L’accent sera porté aussi sur la formation, au cours de laquelle s’édifient pour chaque psychiatre ses conceptions du fonctionnement psychique en rapport avec les orientations qu’il a choisies.
L’époque actuelle en appelle à l’évaluation de tous les champs de la médecine. À ce titre, la psychothérapie est sollicitée mais elle ne devra y perdre ni son rapport à la singularité ni la richesse de sa diversité.
Enfin, les patients et, plus largement, le public manifestent leur attente d’une information sur la psychothérapie qui sorte de la confusion et de l’amalgame.
L’ensemble de ces clarifications, issues du débat, devrait contribuer à lever pour une part les ambiguïtés liées à la psychothérapie, auxquelles les patients et les pouvoirs publics sont actuellement sensibles.
PROGRAMME
Vendredi 18 janvier 2002
9 H 15 Christian VASSEUR (Président AFP) :
Ouverture des Journées9 H 30 Sous la présidence de Roger MISÈS, RAPPORT de Thierry BOKANOWSKI :
La dimension de l’écoute psychanalytique dans la pratique psychiatrique
Discutant : Bernard JOLIVET10 H 30 Pause 11 H 00 Sous la présidence de Jean-Pierre RUMEN,
Discussion en TABLE RONDE : Pratique des psychothérapies
autour de Jacques-David BEIGBEDER, Alain GERARD, Charles-Siegfried PERETTI, Henri SZTULMAN12 H 30 Déjeuner 14 H 30 Sous la présidence de Christine LAMOTHE, RAPPORT de Marie-Lise ROUX :
Actualité des psychothérapies des psychoses : de la sexualité à la destructivité
Discutant : Vassilis KAPSAMBELIS15 H 30 Pause 16 H 00 Quatre Ateliers simultanés :
1. Psychothérapies familiales et de groupe
Alberto EIGUER, Claure NACHIN, Gérard SCHMIT
2. Psychothérapies au quotidien
Olivier CANCEIL, Olivier LEHEMBRE, Bernard ODIER
3. Psychothérapies et institutions
Victor AZOULAY, Michel CADORET, Michel DEMANGEAT, Michel LECARPENTIER
4. Thérapies conjointes
Jean-Yves COZIC, Jacques DUFOUR, Jean-Yves FEBEREY20 H 00 Dîner des Journées (en ville) Samedi 19 janvier 2002
9 H 30 Sous la présidence de Jean-Jacques KRESS, RAPPORT de Luigi ONNIS :
Les temps de la formation
Discutant : Jean-François ALLILAIRE10 H 30 Pause 11 H 00 Sous la présidence de Jean-Michel HAVET,
Discussion en TABLE RONDE : Psychothérapies et groupes
autour de Jacques DURAND, Alain FERRANT, Daniel GRUNWALD, Yves MANELA, Robert NEUBURGER12 H 30 Jean-Michel HAVET :
Synthèse et Perspectives d’avenir12 H 45 Remise du Prix Littéraire Charles Brisset 2001 13 H 00 Buffet de clôture.
Comité scientifique : A. AMAR – J-D. BEIGBEDER – Y. CANN – F. CORET – J-Y. COZIC – G. DIEBOLD – J-Y. FEBEREY – B. JOLIVET – A. KSENSEE - J-J. KRESS – Y. LORHO – Y. MANELA – R. MISÈS – C. VASSEUR.
Comité d’Organisation : J-M. HAVET – C. LAMOTHE – G. RIBES – J-P. RUMEN.
Secrétariat : A. TRINIAC.
COMITÉ D'ACTION SYNDICAL EN PSYCHIATRIE
Union Syndicale de la Psychiatrie - Syndicat des Psychiatres Français -
Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux - Syndicat National des Psychiatres Privés -
Syndicat des Médecins Psychiatres des Organismes Publics, Semi-Publics et Privés -
Syndicat Universitaire de PsychiatrieNOUVELLE JOURNÉE D'ACTION
des PH à TEMPS PARTIEL
Lundi 1er octobre 2001Les Temps partiel, que l'on aurait pu croire en voie de disparition, ont fini par être entendus au terme d'une année d'action efficace : à la suite du mouvement lancé par le CASP l'an dernier, et des journées d'action et de grève, le Ministère a répondu à nos principales revendications en présentant au Parlement, dans le cadre de la loi de modernisation sociale, deux amendements :
- l'abrogation du quinquennat,
- l'alignement sur le statut Temps plein pour la protection sociale et la retraite.
Voilà une première victoire qui vient récompenser le travail mené par le CASP et la mobilisation des Temps partiel ; celle-ci n'avait jamais atteint un tel niveau et a démontré (s'il le fallait ?) leur implication dans le service public.
S'agit-il de la conversion brutale du Ministère à la règle du " pas-tout " (cf. la richesse et l'originalité des Temps partiel par rapport à leur place dans les pratiques institutionnelles) ou bien de simples mesures d'apaisement devant la pénurie médicale et les risques de désertification du service public ?
L'axe fort de notre mouvement demeure : la reconnaissance de la spécificité des Temps partiel dans le dispositif du service public de psychiatrie, à la fois dans l'institution et pas prisonniers d'elle, à l'articulation du dedans/dehors, public/privé, individuel/collectif, public/associatif. Il s'agit bien de maintenir et de développer, pour une meilleure efficacité des pratiques de soins, cette place particulière que choisissent certains praticiens.
Retrouvons-nous dans le cadre d'une nouvelle Journée d'action,
le lundi ler octobre 2001
Il nous faut continuer à débattre de l'application des mesures prévues, mais aussi des autres points de revendication : la prime d'exercice exclusif de service public, la reprise d'ancienneté, les stratégies de rassemblement avec les autres syndicats.
Paul MACHTO
Vincent PERDIGON
Christian PORTELLI
PSYCHIATRIE EN EUROPE
Harald SONTAG
ITALIE
LA FORMATION MÉDICALE CONTINUE OBLIGATOIRE CONTESTÉE
Fin 1999, le gouvernement italien a instauré une FMC obligatoire à dater du 1er janvier 2001, pour une période expérimentale de six mois. Cette FMC, dirigée par une Commission spéciale présidée par le Ministre de la Santé qui contrôle les critères et le contenu, délivre des crédits et accrédite les organisateurs, a pour vice-président le Président de la Fédération des Associations Nationales Médicales Italiennes, et concerne tous les médecins du service public ou privé.
Il s'agit surtout de participation à des congrès, des séminaires, des ateliers de travail, des symposia, et des vidéoconférences à distance ou par internet, qui doivent être confirmées par un test ou un rapport. Cet ensemble d'activités doit aboutir à 150 points sur une période de trois ans, un jour d'assistance à un congrès donnant droit à 10 points.
La Fédération des Associations Nationales Médicales Italiennes critique le fait que cette loi privilégie les seules inscriptions à des congrès, sans participation effective éventuelle et sans prendre en compte le développement professionnel continu (forme plus développée de la FMC basée sur l'expérience), et aussi que le système de points soit obligatoire et les frais non déductibles des impôts pour la majorité des médecins. Enfin, les associations médicales et les sociétés savantes n'ont aucun rôle à jouer, alors qu'elle sont essentielles.
La question reste posée de la valeur d'un tel système de FMC imposé par le gouvernement, qui n'emporte pas l'adhésion des organisations médicales.
PAYS-BAS
L'EUTHANASIE LÉGALISÉE
En devenant le premier pays au monde à légaliser l'euthanasie, les Pays-Bas sont montrés du doigt par l'opinion publique mondiale. En effet, même si cette loi se veut "généreuse" envers les malades en phase terminale d'une maladie somatique, elle poserait de gros problèmes si elle était appliquée sans discernement :
a) pour les malades mentaux : en effet, nous connaissons tous les désirs de mort de patients en phase dépressive grave mélancolique, ou des psychotiques qui, une fois traités, se rendent compte de la fatuité de leur comportement antérieur ;
b) pour les malades âgés qui n'ont plus tout à fait leur discernement (maladie d'Alzheimer, démences) : en effet, elle donne aux médecins un pouvoir de mort extraordinaire, incompatible avec le serment de protéger la vie, et elle risque de devenir un sujet de polémique avec les familles dont les opinions sont volages et dépendantes de situations toujours particulières.
L'euthanasie des malades mentaux sous le régime nazi (appliquée en Allemagne et dans certaines régions annexées : Alsace et Moselle, notamment à l'hôpital de Stephansfeld) montre bien que toutes les dérives sont possibles, même si l'Europe prône plus de modération et un certain contrôle des pratiques. Ne relevant pas des traités européens, ces législations sont malheureusement applicables dans l'État où elles sont élaborées, et restent hors d'atteinte de toute réglementation européenne.
ALLEMAGNE
FIN DES MENACES DE SANCTIONS
Après plusieurs mois de polémiques et d'annonces (cf. LLPF, N° 104), la Ministre de la Santé allemande, Ulla Schmidt, a confirmé l'abandon des sanctions collectives contre les médecins. Sachant que ce système est celui que nos gouvernements ont adopté vis-à-vis des médecins français, nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision qui confirme que ce système "totalitaire" ne pouvait survivre aux protestations et aux manifestations du monde médical.
En effet, il a montré qu'il était non seulement injuste mais, de plus inefficace, puisque les dépenses de santé avaient continué à croître en Allemagne. U. Schmidt a cherché de nouvelles voies pour limiter les dépenses et il est fort à parier que le futur système tiendra compte des particularités allemandes, c'est-à-dire du fait que les psychiatres ont un quota de malades en fonction des caisses d'assurance maladie avec lesquelles ils ont conclu des accords, et que, en cas de dépassement de l'enveloppe globale (déterminée Land par Land), les consultations au-delà de ce quota seront moins honorées. Ce système obligerait les médecins grands "dépenseurs" à modérer leur travail mais, une fois de plus, c'est la médecine libérale qui est mise à mal car les médecins sont ainsi contraints à travailler un nombre d'heures limité, ce qui met en cause l'équilibre financier de leur cabinet où ils ont généralement un personnel important.
H. S.
Strasbourg
RAPPORT PIEL-ROELANDT
Henri VERMOREL
Le rapport Piel-Roelandt se propose de parachever la mise en place de la sectorisation en France, l'accent étant mis sur les soins de proximité et de continuité qu'elle comporte. On ne peut que se réjouir de telles perspectives, devant la stagnation - voire la régression parfois - des structures psychiatriques depuis quelques années.
Le rapport détaille longuement le déploiement de la psychiatrie extrahospitalière avec l'engagement des usagers, des administrations, des professionnels, des acteurs sociaux et des élus. Il faut souligner ici le rôle central des professionnels de la psychiatrie, dont il est souhaitable de réhabiliter la place dans les projets et les décisions, ce qu'esquisse d'ailleurs le rapport en prônant l'organisation de réseaux territoriaux de santé mentale avec un conseil territorial de santé mentale (p. 16) où les responsabilités des psychiatres et des infirmiers dans les décisions sont nettement marquées.
La collaboration des services de santé mentale avec les usagers et leurs associations représente certainement une des voies de développement de la psychiatrie dans la communauté. Mais leur participation "à chaque étape de l'élaboration de la stratégie thérapeutique" (p. 3) serait une utopie si les soignants n'ont pas une expérience de la thérapie institutionnelle, loin des errements de la "désinstitutionnalisation" connue à d'autres époques. Il faut aussi, pour ne pas tomber dans une démagogie facile, qui rappellerait quelques excès de l'antipsychiatrie, que soient clairement affirmée la responsabilité des soignants en matière de thérapeutique.
On ne peut, avec les rapporteurs, que souhaiter le dépérissement des anciennes structures, mais pas de la façon dont il a été parfois réalisé, en mettant la charrue devant les bufs, c'est-à-dire en supprimant des lits avant d'avoir mis en place des structures alternatives, rendant difficiles les admissions. Les rapporteurs ne cèdent-ils pas quelque peu aux sirènes de l'utopie quand ils parlent (p. 12) de l'arrêt des admissions dans les sites des anciens CHS "après une période de transition brève" ? Cette transition dure depuis quarante ans et il est souhaitable de l'abréger. Mais cela tient à des résistances de la culture collective qui touchent aussi bien la communauté que les équipes soignantes, à des degrés divers il est vrai. Et un coup de baguette magique ne suffira pas. En ce domaine, la clé se trouve dans une évolution des mentalités des équipes soignantes en synergie avec celle de la communauté. Or - et là-dessus le rapport est muet - depuis quelques années, malgré le maintien des acquis en quelques lieux et parfois la mise en place de moyens thérapeutiques plus affinés notamment psychothérapiques, il y a eu en divers endroits une nette régression de la mentalité soignante des équipes, avec le retour aux chambres d'isolement, aux électrochocs en série et parfois de la violence dans les rapports thérapeutiques, etc. Il faudrait donc mettre en place, pour réaliser le rapport, des moyens d'évolution des mentalités.
Et prenons garde à ne pas oublier les patients de longue durée ; loin d'être relégués à des services sous-équipés, ils doivent faire l'objet de l'attention des psychiatres. C'est en s'attaquant dans les années 50-70 à la chronicité que la psychiatrie dans son ensemble a pu évoluer, en combattant la ségrégation des patients chroniques.
Le rapport (p. 7 à 10) est excellent en ce qui concerne le développement à l'intérieur des structures de santé mentale, et aussi la décentralisation de la psychiatrie au niveau régional.
Quelques notes éparses, faute de pouvoir discuter ici tous les points. Sur les soins obligatoires, ils doivent, en effet, être réduits à leur plus simple expression et n'être utilisés qu'en cas de nécessité. Mais il ne faut pas se voiler la face, notamment devant la montée de la violence y compris dans la pathologie psychiatrique. Croire aussi que toutes les portes d'un service doivent être ouvertes relève de l'angélisme ; des patients désorientés, des suicidants ou des délirants aigus doivent être placés momentanément dans des services accueillants mais dont la porte est fermée (une petite unité suffit). Oui avec Bonnafé à la formule : des hommes à la place des murs ; mais dans quelques cas, il faut aussi quelques murs et une porte quelque temps.
Sur la formation des équipes, le rapport fournit des directives utiles. Cependant, il est inexact de dire que les infirmiers DE sont bien formés sur le plan de la santé mentale. Comme tous les autres infirmiers DE destinés à la médecine ou à la chirurgie, ceux destinés à la santé mentale ont 400 heures de psychiatrie pour 4 715 heures de formation, comme le note le rapport. On ne peut que se féliciter d'une sensibilisation de ce genre pour les premiers, mais regretter que les infirmiers destinés à la psychiatrie n'aient pas une formation spécialisée complémentaire ; d'ailleurs le rapport note que les pays européens qui avaient une spécialisation et l'ont abandonnée, le regrettent et que tous ceux qui ne l'ont pas en souhaitent la mise en place.
Dans la formation des équipes, le rapport suggère les supervisions de cas ou de fonctionnement des équipes ; c'est, en effet, l'un des meilleurs moyens de formation continue "sur le tas". Et pour cela, il est souhaitable de collaborer avec des psychothérapeutes et des psychanalystes (de pratique individuelle, de groupe ou familiale) venus du privé. On se demande pourquoi le rapport met l'adjectif "libéral" de la psychiatrie privée entre parenthèses ; or, pour la réussite de la psychiatrie de secteur, une collaboration des deux systèmes, privé et public, est nécessaire, avec la diminution des préventions réciproques. Le rapport préconise des pratiques mixtes public/privé, ce qui est très souhaitable car pour le moment elles sont, depuis plusieurs années, en régression notable.
Si l'on veut réaliser l'ensemble des objectifs très valables proposés par le rapport, il faut une meilleure formation des soignants, mais aussi un nombre suffisant. Or on sait que les internes en psychiatrie sont en voie de quasi-disparition et que des centaines de postes de psychiatres hospitaliers sont vacants. Cette situation inquiétante à laquelle aucun remède n'est apporté, irait-elle dans le sens de la programmation d'une diminution drastique du nombre des psychiatres ? Le but serait-il de les remplacer, dans une perspective comptable à la petite semaine, par des personnels moins coûteux ? Est-ce cette perspective qui pointe dans le passage du rapport qui préconise de former les infirmiers à la psychothérapie ? Il faut effectivement donner une ouverture psychothérapique multidimensionnelle aux membres des équipes soignantes, et les supervisions peuvent y aider. Si l'on veut aller plus loin dans la formation psychothérapique des soignants, cela suppose un niveau d'études équivalant au moins à celui des psychologues et un temps suffisant de formation comportant une part personnelle.
Du temps et de l'argent. Tout n'est pas dans l'argent pour la santé mentale ni dans le nombre et la formation des soignants. Mais il faut bien dire qu'une psychiatrie de qualité a un coût. Certes, on nous dira que les crédits ne sont pas extensifs et qu'il faut travailler au meilleur prix ; c'est vrai mais si l'on veut une meilleure santé mentale, il faut évaluer son coût et le chiffrer ainsi que le nombre et la qualification des soignants. C'est à la société de choisir ce qu'elle veut consacrer à la santé mentale en termes d'intentions mais aussi de financement. Sinon une nouvelle circulaire ou une loi-cadre pourraient apparaître comme des vux pieux ou des promesses préélectorales sans lendemain. Les organismes de santé mentale préconisés par le rapport pourraient être un des lieux où s'élaborent ces programmations, entre administratifs, professionnels, élus, usagers, associations.
J'ai laissé de côté, faute de place, les problèmes de la psychiatrie infantile et ceux de l'adolescence (où il y a des besoins urgents de développement) comme ceux de la médecine pénitentiaire et du traitement des délinquants qui sont une voie importante de développement de la psychiatrie d'aujourd'hui.
De même, les psy devraient accorder une attention soutenue aux personnes en situation d'exclusion car toute une frange de la population manifeste sa souffrance par des formes nouvelles d'expression : désinsertion, addiction, suicides, violences, etc. Les équipes soignantes ont à collaborer avec les organismes et associations de réinsertion sans psychiatriser la situation, et ont beaucoup à apprendre en ce domaine. Une fraction des chômeurs ne relève pas seulement d'un phénomène économique, mais aussi de causes personnelles, familiales ou culturelles. Si donc on veut éradiquer cet aspect du chômage, il ne faut pas seulement des discours mais des moyens.
Il faut espérer que les axes intéressants du rapport Piel-Roelandt seront entendus pour donner une impulsion nouvelle à une psychiatrie moderne qui attend un second souffle.
H. V.
Ex-psychiatre des hôpitaux
Psychanalyste, Chambéry
GRAINS DE SEL PSYCHIATRIQUE
Psychiatricus
Le PMSI-PSY est présenté comme un outil d'évaluation économique de la psychiatrie. En fait, il va surtout coûter de l'argent et du temps qualifié. Dans certains CHS, on prévoit un praticien hospitalier plein temps au DIM (au lieu d'un demi, au mieux, actuellement et alors que 700 postes de PH sont vacants), quatre emplois de secrétaire plein temps (au lieu d'un actuellement) et un emploi plein temps de technicien en informatique, doté de nouveaux locaux, ceci alors qu'il n'y a pas de logiciel spécifique pour le PMSI-PSY et que sa réalisation ne semble pas permettre l'abandon de la fiche par patient pour la statistique médicale de l'établissement...
C'est Ubu roi ! Je ne détaille pas la masse de recueils PMSI à réaliser hebdomadairement ni l'extension du réseau informatique d'établissement en attendant le réseau national... Les soins aux patients déjà déficients du fait de la pénurie de personnels qualifiés de tous grades seront remplacés par le remplissage de bordereaux. Qu'attendent médecins et infirmiers pour dire "MERDE !" ? Cette coûteuse plaisanterie a assez duré !
Hélas, le PMSI est en place en MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) où la cotation d'actes techniques est assurément plus faisable et peut-être plus utile qu'en psychiatrie. Néanmoins, Bernard Debré se plaignait récemment à la radio de l'inflation de la bureaucratie hospitalière devant le manque d'infirmiers et de médecins.
Si la carte Vitale permet de réduire la paperasse et de faire des économies, la mise en réseau de toute l'information médicale la met aux mains des groupes de service Marketing et Informatique qui vendent leurs études aux groupes pharmaceutiques. Si la carte Vitale 2003 devient la clé d'accès aux données Santé de chaque assuré, il sera bien difficile de protéger les patients et les médecins contre les fuites d'informations, et le secret Médical sera mort.
IL EST TEMPS ENCORE DE RÉAGIR :
- DES RECHERCHES SUR DES ÉCHANTILLONS DE POPULATION ? OUI !
- LA MISE EN CARTE DES PATHOLOGIES DE TOUTE LA POPULATION ? NON !
P.
PROGRÈS MÉDICAL ET QUALITÉ DE VIE AU XXIe SIÈCLE
Alain AMAR
Le IVe Congrès international du Conseil International pour un Progrès Global de la Santé (CIPGS), tenu à l'Unesco à Paris du 25 au 27 juin, réunissait des professionnels de santé, des politiques, des chercheurs, des patrons de l'industrie pharmaceutique, des représentants des patients. Il a démontré que, plus le progrès technologique s'affirme, plus le fossé se creuse entre le Nord et le Sud, entre pays riches et pays en voie de développement.
Les grandes priorités du moment dans le monde demeurent le sida, la maladie d'Alzheimer (mais laquelle ? celle des classifications américaines fourre-tout ou celle décrite précisément par Aloïs Alzheimer ?), le paludisme, les vaccinations de masse, la famine, la sécheresse...
Les voix de représentants des pays pauvres mais aussi d'Occident se sont élevées pour nous faire comprendre (parfois savoir, tout simplement) que, alors que nous sommes dans des pays nantis munis de couvertures sociales de qualité, dans d'autres régions du monde il est d'abord question de survivre, de mettre en place des conditions d'hygiène minimales, de lutter contre la corruption des appareils d'État par rapport aux aides occidentales qui ne parviennent que rarement à leurs destinataires. Les errements de la mondialisation sont également dénoncés, de même qu'un danger qui menace à présent nos pays riches : la contrefaçon des médicaments.
Fort heureusement enfin, des initiatives d'aide aux pays du tiers-monde aboutissent, à la condition d'agir in situ, quand cela est possible.
Pour la psychiatrie, j'ai eu la désagréable sensation que, malgré les propos se voulant rassurants de quelques intervenants, l'accent est lourdement mis sur les neurosciences, le pet-scan, et l'illusion de dénicher un "beau" (!) jour le gène de la schizophrénie ou bien la (ou les) substance(s) dont le métabolisme perturbé pourrai(en)t expliquer l'éclosion des troubles mentaux. Molière ne faisait-il pas dire à l'un de ses personnages : "Le poumon, le poumon, vous dis-je !" ? Ce serait faire fi de tout ce qui constitue le soin psychiatrique pluridisciplinaire et l'étio-pathogénie multifactorielle.
Le fossé Nord-Sud serait-il contagieux pour la psychiatrie, oscillant entre biologie et psychodynamique ? Nous espérons qu'il n'en sera rien et qu'un sursaut saisira enfin nos confrères et nos décideurs, afin de comprendre et d'admettre que la maladie mentale ne peut reposer sur les seuls modèles animaux comportementaux utilisés comme référence par certains chercheurs et certaines firmes pharmaceutiques. L'être humain mérite mieux que cela !
Pour conclure, je citerai l'un des intervenants, Gilbert Hottois, directeur du Centre de recherche interdisciplinaire en bioéthique à Bruxelles : "[...] Quelle santé ?... quelle médecine ?... dans le prolongement de la tradition thérapeutique et paternaliste sous l'horizon d'une nature ordonnée et harmonieuse, ou la médecine inspirée par les biotechnologies, le désir individuel et les performances ?..."
A. A.
Lyon
IL N'Y A PAS DE DISCOURS SANS LECTURE
OUVRAGES RÉCEMMENT PARUS
Le regard et la voix : leçons psychanalytiques -
Paul-Laurent ASSOUN (2e éd.)
Anthropos, 125 F (19,06 €)Le Divan familial. 6 : Justice et écoute familiale -
Pierre BENGHOZI, Gérard MEVEL, Alberto EIGUER (sous la dir.)
In Press, 130 F (19,82 €)Le vocabulaire de Frege -
Ali BENMAKHLOUF
Ellipses-Marketing, 32 F (4,88 €)Santé mentale et travail : l'émergence de la psychopathologie du travail -
Isabelle BILLIARD
La dispute, 140 F (21,34 €)Réflexion faite -
Wilfred Ruprecht BION
PUF, 135 F (20,58 €) (rééd.)Dialectique de la misère et de la grandeur chez Blaise Pascal -
Jean-Louis BISCHOFF
L'Harmattan, 140 F (21,34 €)Danube-rhapsodie. Images, mythes et représentations d'un fleuve européen -
Pierre BURLAUD
Grasset (le Monde Éditions), 145 F (22,11€_)Introduction aux soins gérontopsychiatriques -
Pierre CHARAZAC
Dunod, 150 F (22,87 €)Simone Weil, une philosophie du travail -
Robert CHENAVIER
Cerf, 290 F (44,21 €)Dits et écrits. 1, 1954-1969 -
Michel FOUCAULT
Gallimard, 190 F (28,97 €)L'existentialisme -
Henri LEFEBVRE
(2e éd.)
Anthropos, 149 F (22,71 €)Le temps et l'autre -
Emmanuel LEVINAS
(8e éd.)
PUF, 49 F (7,47 €)Lacan avec Derrida : analyse désistentielle -
René MAJOR
Flammarion, 44 F (6,71 €)Histoire d'un bégaiement -
Josyane REY-LACOSTE
Masson, 145,03 F (22,11 €)Psychiatrie gériatrique : esquisse d'une histoire médicale par l'élaboration de son langage -
Jacques RICHARD
Mardaga (Belgique), 162 F (24,70 €)Délires et modèles : études de psychiatrie -
Thierry TREMINE
L'Harmattan, 95 F (14,48 €)Sévices sur mineurs -
Yves TYRODE, Stéphane BOURCET
Ellipses-Marketing, 59 F (8,99 €)Liberté, fraternité : place de la psychiatrie -
Les Cahiers Henri Ey. 3-4
Association pour la Fondation Henri Ey, 100 F (15,24 €)Faut-il juger et punir les malades mentaux criminels ? -
Journal français de psychiatrie. 13
Toulouse, Erès, 80 F (12,20 €)Mélancolie et dépression -
Figures de la psychanalyse. 4
Toulouse, Erès, 150 F (22,87 €)
MENTALITIES/MENTALITÉS
Robert-Michel PALEM
Il n'est pas banal qu'une revue bilingue anglais-français (et même multilingue) publie des articles français et s'intéresse à un auteur français, Henri Ey en l'occurrence. Le Pr Norman Simms(1) est spécialiste de Psycho-Histoire et d'Histoire des mentalités, à l'Université de Waikato (célèbre jusqu'alors pour ses All Blacks).
Il est piquant, à l'ère des médias planétaires, de relever qu'il a abouti à Perpignan "centre du monde" (Dali) après un circuit étrange sur internet en ses débuts (1995) : parti du Japon, un message de notre Association pour la Fondation Henri Ey fut recueilli au vol par un psychiatre en Ontario (Sam Sussman) qui fut l'occasion pour nous de nous faire connaître et de rappeler qui était H. Ey et son importance pour la psychiatrie française. S. Sussman en parla à N. Simms qui nous rendit visite ensuite et se mit à travailler sur l'uvre écrite de Ey et ses rebondissements récents. Il en sort un numéro de la revue interdisciplinaire Mentalities/Mentalités (Outrigger publishers) qui fait la part belle à la psychiatrie humaniste française avec des comptes rendus d'ouvrages collectifs sur H. Ey, publiés en 1997 et 1998, ainsi que des articles de Ed. Tomas Mahieu sur E. Minkowski, de R-M. Palem sur l'ethnopsychiatrie et surtout, en anglais, une longue analyse de la pensée de H. Ey à travers ou par le prétexte d'auteurs aussi différents que Ed. Luis Mahieu, J. Maisondieu ou Ph. Prats.
A saluer et à faire connaître ! Mentalities/Mentalités accepte des articles relatifs à la théorie et à la pratique de l'histoire des mentalités et de la psycho-histoire, ainsi que des comptes rendus de livres.
R-M. P.
Perpignan(1) N. Simms, Private bag 3105, Hamilton, New Zealand.
LA VACHE ET LE PRISONNIER
CÉLESTE
Ma chère Céleste,
Je suis la fille de Marguerite, devenue célèbre aux côtés de Fernandel en prisonnier de guerre. Ma mère m'a toujours dit que si certains hommes étaient des hommes comme les autres, quelques-uns étaient de véritables peaux de vache exerçant leur sadisme sur leurs semblables en authentiques pervers.
On ne sait toujours pas les guérir. Ce n'est pas parce qu'on a créé des échelles comportementales de mesures pour les serial killers que l'on sait les soigner. Il suffit de qualifier de bison une vache folle et on peut l'envoyer paître ailleurs. En broutant d'autres épines, elle souffrira tout autant mais il n'y aura plus de vache folle dans l'étable.
Rappelle-toi, Céleste, du temps de Pinel : quand on retrouvait les insensés tantôt en prison, tantôt à l'hôpital, tantôt dans les couvents, on ne savait pas que les comportements de ces pauvres gens étaient en lien avec une souffrance psychique. Mais, maintenant, qui peut l'ignorer ?
Deux de nos congénères, les bovidés r et p (pi et rho, en lettres grecques), ont une idée bien précise de la psychiatrie pénitentiaire. Pour eux, foin des SMPR(1). Il faut envoyer les délinquants malades à l'hôpital général. Qu'Hathor nous protège de ces idéologues ! Pour eux, la psychiatrie ne doit rien avoir à faire avec l'ordre public. Il faut couper le malade en deux : la sécurité et le comportement à la police, les soins comportementaux de l'âme souffrante au psychiatre, mais sans se commettre avec l'hôpital psychiatrique.
Il est de notoriété que les schizophrènes tueurs ont un comportement psychiatriquement correct. Imagine-les, bien sagement allongés sous leurs draps impeccablement monogrammés au nom de l'hôpital général. La simple présence du policier en faction, et les échelles que lui fera remplir semaine après semaine un psychiatre débordé, le dissuaderont de donner une claque à une infirmière.
Il est toujours plus facile de refiler aux voisins ce dont on ne veut pas. "Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées", disait ma mère. Oui, si les bergers n'ont pas honte de leur fonction ! Les clôtures électriques dans les prairies sont là pour encadrer les vaches, pas pour les blesser. Les structures psychiatriques dans les prisons ne sont pas parfaites certes, mais elles prennent en charge ceux qui souffrent.
Il est curieux qu'aujourd'hui, chez nous, les décideurs de l'avenir de la santé mentale manquent autant d'expérience. Il est encore plus curieux que nous acceptions sans réaction de nous laisser dire que nous ne produisons que de la bouse de vache. Peut-être trouveras-tu, Céleste, que je mets violemment les sabots dans le plat ? Mais je me révolte contre la violence des textes, qui est d'autant plus grande qu'elle se veut innocente.
Continue à ruminer les idées, Céleste, c'est la seule vraie liberté.
Marguerite II
Comité de Rédaction : Jacques-David BEIGBEDER, Jean-Yves COZIC, Gilbert DIEBOLD, Jean-Yves FEBEREY, Jean-Louis GRIGUER, Jean-Michel HAVET, François KAMMERER, Christine LAMOTHE, Jean-Pierre RUMEN, Christian VASSEUR.
LES CHEMINS DE LA CONNAISSANCE VOUS CONDUIRONT...
I - FORMATIONS
L'Association Française des Centres de Consultation Conjugale organise des formations. Renseignements : AFCCC, 44 rue Danton, 94270 LE KREMLIN-BICÊTRE - Tél : 01 46 70 12 44 - Fax : 01 46 71 24 60 - E.mail : formation.afccc@club-internet.fr
L'Association Française de Criminologie organise un cycle de conférences sur Introduction à l'histoire de la criminologie et des sciences de la déviance. Renseignements : AFC, c/o Mr P. Pélissier, 19 rue Ginoux, 75015 PARIS - Tél : 01 42 63 45 04 - E.mail : tournier@ext.jussieu.fr - Site internet : http://www.afc-assoc.org
Le Centre International de Psychosomatique organise diverses Formations. Renseignements : CIPS, 56 av. Mozart, 75016 PARIS - Tél : 01 42 30 99 41 - Fax : 01 45 20 28 75 - E.mail : c.i.p.s.@free.fr
Le Département de psychiatrie de l'adolescent et du jeune adulte de l'Institut Montsouris organise deux séminaires :
- Séminaire Babel : psychanalyse et littérature,
- Psychopathologie des troubles des conduites alimentaires.
Renseignements : M. Corcos, 42 bd Jourdan, 75014 PARIS - Tél : 01 56 61 69 19 - Fax : 01 56 61 69 18
L'École de propédeutique à la Connaissance de l'Inconscient organise différents Enseignements de psychanalyse. Renseignements : EPCI, 1 rue P. Bourdan, 75012 PARIS - Tél : 01 43 07 89 26
Espace Analytique organise des cycles de conférences sous la responsabilité de psychanalystes. Renseignements : Esp. Anal., 12 rue de Bourgogne, 75007 PARIS - Tél : 01 47 05 23 09
Les Facultés de médecine d'Angers, Brest, Nantes et Rennes organisent un D.I.U. sur L'étude et la prise en charge des conduites suicidaires. Renseignements : Secr. du Pr Badiche - Tél : 02 99 33 39 37
L'Hôpital de Jour G. Vacola organise deux formations universitaires sur :
- Insertion socioprofessionnelle et handicaps,
- La psychose, le polyhandicap de l'enfant et la famille.
Renseignements : Dr M. Gayda, HJ. G. Vacola, 44 quai de la Loire, 75019 PARIS - Tél : 01 42 02 19 19 - Fax : 01 42 02 87 47
L'Institut Français d'Analyse de Groupe et de Psychodrame organise des formations. Renseignements : Inst. Franç. d'Anal. de Gpe et de Psychod., 12 rue E. Deutsch de la Meurthe, 75014 PARIS - Tél : 01 45 88 23 22 - Fax : 01 45 89 32 42
L'Institut de Psychosomatique de Paris organise une session de formation sur Psychosomatique du nourrisson et du jeune enfant. Renseignements : Mme M-C. Masa-Garces, IPSO, 1 rue de la Poterne des Peupliers, 75013 PARIS - Tél : 01 43 13 31 67 - Fax : 01 43 13 31 68
Les Séminaires Psychanalytiques de Paris organisent un cycle de conférences et d'ateliers sur L'enfant et l'adolescent. Renseignements : Mme L. Bailly, Allée de Croisilles, 28210 SAINT-LAURENT-LA-GÂTINE - Tél : 01 46 47 66 04 - Fax : 01 46 47 60 66 - Site internet : www.seminaires-psy.com
L'Univ. Paris V, René Descartes, CHU Necker organise un D.U. sur Méthodologie en psychothérapie et sociothérapie. Renseignements : Dr J. Guilhot, 9 rue Franquet, 75015 PARIS - Tél : 01 45 32 78 78
L'Université de Picardie J. Verne organise un D.U. sur Santé et insertion- Réinsertion socio-professionnelle. Renseignements : Direction de l'Education Permanente, 10 rue Frédéric Petit, 80000 AMIENS - Tél : 03 22 80 81 39 - Fax : 03 22 80 84 11
L'Univ. P. et M. Curie, Paris VI, organise différents D.U. :
- Psychopathologie des processus cognitifs chez l'enfant et l'adolescent,
- Accompagnement des personnes atteintes de maladie génétique et de leur famille.
Renseignements : Pr Ph. Mazet, 47 bd de l'Hôpital, 75013 PARIS - Tél : 01 42 16 23 32 - Fax : 01 42 16 23 31
- Psychopathologie du bébé. Les interactions et le développement du précoce : du normal au pathologique.
Renseignements : Pr Ph. Mazet, 28 allée Vivaldi, 75012 PARIS - Tél : 01 43 41 81 60 - Fax : 01 43 41 71 55
L'Université P. et M. Curie organise un D.U.I. sur Adolescents "difficiles" approche éducative et psychopathologique. Renseignements : Mme Corlier, Serv. de Psy., Institut Mutualiste Montsouris, 42 bd Jourdan, 75014 PARIS - Tél : 01 56 61 69 23 - Fax : 01 56 61 69 24 - E.mail : claude.corlier@imm.fr
II - RÉUNIONS ET COLLOQUES
EN FRANCE
OCTOBRE 2001
à LILLE, le 4 : Journée Scientifique de l'Institut Collégial de Psychiatrie de Lille sur Hystérie et mode. Renseignements : ICPL, CHU, Clin. M. Fontan, 6 rue du Pr Laguesse, 59037 LILLE CEDEX - Tél : 03 20 44 45 84 - Fax : 03 20 44 62 65 - E.mail : ocottencin@chru-lille.fr
à BOULOGNE-SUR-MER, le 4 : Rencontre médico-psychologique sur L'infirmier en psychiatrie, aujourd'hui. Renseignements : Me Wacogne - Tél : 03 21 99 30 36 - Fax : 03 21 99 30 58
à CAEN, du 4 au 6 : XVIIIe Congrès de la Société Française de Psycho-Oncologie sur Place des groupes en psycho-oncologie. Renseignements : Y. Verbauwhede - Tél : 02 31 45 50 45 - Fax : 02 31 45 50 18 - E.mail : y.verbauwhede@baclesse.fr
à LORIENT, du 4 au 6 : XXXes Journées Nationales de la Psychiatrie Privée sur Le métier de psychiatre. Renseignements : AFPEP, 141 rue de Charenton, 75012 PARIS - Tél : 01 43 46 25 55 - Fax : 01 43 46 25 56 - E.mail : info@afpep-snpp.org
à PARIS, le 5 : Le Comité de liaison de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP) et de l'Association de Psychiatrie d'Amérique Latine (APAL) organise un colloque sur Problèmes de Santé Mentale communs à la France et à l'Amérique Latine. Renseignements : Dr M. Botbol, Clinique Dupré, 30 av. du Pr. Roosevelt, BP 101, 92333 SCEAUX CEDEX - Tél : 01 40 91 50 50 - Fax : 01 40 91 50 41
à CLERMONT-FERRAND, les 5 et 6 : Journées d'Études sur Europ adolescence. Renseignements : Cahiers de l'Enf. et de l'Ado., 36 rue Jacques Kellner, 75017 PARIS - Tél : 01 58 60 25 35 - Fax : 01 58 60 25 40 - E.mail : sborg@wanadoo.fr
à BREST, les 5 et 6 : XXIXe Colloque du Groupement des Hôpitaux de jour psychiatriques sur Comprendre et (re)construire à partir de l'hôpital de jour. Renseignements : Dr J-Y. Cozic, CHU de Brest, BP 17, 29820 BOHARS - Tél : 02 98 01 51 09 - Fax : 02 98 01 52 38
à PARIS, du 5 au 7 : Congrès du Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale sur Les perversions de l'individu au groupe. Renseignements : CPGF, 23 rue Ste Croix de la Bretonnerie, 75004 PARIS - Tél : 01 48 04 05 95 - Fax : 01 48 04 79 82 - E.mail : col.psychanalyse@worldnet.fr
à PARIS, le 6 : Colloque International du Collectif "Octobre 2001" sur Après l'abolition de la peine de mort, comment sanctionner les crimes les plus graves ? Renseignements : AFC, c/o Mr P. Pélissier, 19 rue Ginoux, 75015 PARIS - Tél & Fax : 01 42 63 45 04 - E.mail : tournier@ext.jussieu.fr
à MONTROUGE, les 6 et 7 : Colloque de la Cause des Bébés sur Le bébé et la séparation. Renseignements : Cause des Bébés, 23 rue Gutenberg, 92120 MONTROUGE - Tél & Fax : 01 43 21 03 41 - E.mail : cdbebe@aol.com
à PARIS, les 9 et 10 : Forum au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sur Pour une politique citoyenne de santé mentale. Renseignements : CEMEA, 24 rue Marc Seguin, 75883 PARIS CEDEX 18 - Tél : 01 53 26 24 67 - Fax : 01 53 26 24 19 - E.mail : mfpiton@ cemea.asso.fr
à PARIS, le 10 : Journée du CTNERHI sur L'éthique au service d'une analyse critique des pratiques auprès des personnes handicapées et de leurs proches. Renseignements : Mme Martinez, CTNERHI, 236 bis rue de Tolbiac, 75013 PARIS - Tél : 01 45 65 59 40 - Fax : 01 45 65 44 94 - E.mail : ctnerhi@club-internet.fr - Site internet : http://perso.club-internet.fr/ctnerhi/
à BOULOGNE-BILLANCOURT, du 11 au 13 : Centenaire de la Société française de Psychologie. Renseignements : SFP, 71 av. E. Vaillant, 92100 BOULOGNE - Tél : 01 55 20 58 32 - E.mail : dominique.baudonniere@psycho.univ-paris5.fr
à PARIS, le 13 : Journée d'Étude du GIREP sur Imaginaire et inconscient. Renseignements : GIREP, 80 rue de Vaugirard, 75006 PARIS - Tél : 01 42 22 75 14 - E.mail : girep@girep.com - Site internet : www.girep.com
à PARIS, le 15 : Conférence de l'Hôtel de Lamoignon, L'homme qui parle en poète, avec J. Pigeaud. Renseignements : AFP, 147 rue Saint Martin, 75003 PARIS - Tél : 01 42 71 41 11 - E.mail : psy-spfafp @wanadoo.fr - Site internet : www.psychiatrie-francaise.com à PARIS, le 17 : Journée de l'Union Régionale des Médecins Libéraux d'Ile de France sur Devenir centenaire chez soi. Renseignements : URML-IDF - Tél : 01 40 64 14 70 - Fax : 01 43 21 80 34 - E.mail : secretariat@urml-idf.org
à LYON, le 20 : Colloque du Groupe Lyonnais de Psychanalyse sur Psychanalyse dans la Cité, Carrefour Lyonnais Psychiatrie/Psychanalyse, avec Vassilis Kapsambelis et Christian Vasseur. Renseignements : GLP, 25 rue Sala, 69002 LYON - Tél : 04 78 38 78 01 - Fax : 04 78 38 78 09 - E.mail : glp.spp.@wanadoo.fr à PARIS, les 20 et 21 : Journées d'Etude de la Société Française de Psychopathologie de l'Expression et d'Art-Thérapie sur Le Double et ses miroirs cliniques, artistiques et scientifiques. Renseignements : SFPE, 68 av. d'Italie, 75013 PARIS - Tél & Fax : 01 45 88 88 25
à PARIS, les 20 et 21 : Colloque du Collège International de Psychanalyse et d'Anthropologie sur D'un siècle à l'autre : la violence en héritage. Renseignements : CIPA, 74 av. de Suffren, 75015 PARIS
à STRASBOURG, le 27 : Symposium de l'Association Européenne de Psychiatrie sur Hospitalisation involontaire des maladies psychiatriques. Renseignements : Mme A. Martin, AEP, Clin. Psychiatrique, Hôp. Univers., 67091 STRASBOURG Cedex - Tél : 03 88 11 54 06 - Fax : 03 88 11 61 89 - E.mail : aep.strasbourg@wanadoo.fr
À L'ÉTRANGER
OCTOBRE 2001
à VARNA (Bulgarie), du 5 au 7 : Rencontres annuelles de l'Association Psychiatrique de Bulgarie sur Psychiatrie et mutation des soins. Renseignements : BPA, Room 27, 11th Floor, centre for Hygiene, 1431 Sofia, Bulgaria, 15 Dimitar Nestrorov Street - Tél : + 359 2 598039 - Fax : + 359 2 591119 - E.mail : mental@mbox.cit.bg
à AGRA (Inde), du 27 au 31 : XVIIe Congrès de l'Association Mondiale de Psychiatrie Sociale sur Science, société et psychiatrie : recherche d'une synergie. Renseignements : Institute of Human Behaviour and Allied Sciences, Post Box 9520, Dilshad Garden, DELHI 110095, INDIA - Fax : + 91 11 229 9227 - E.mail : wasp_congress@vsnl.com
La Lettre de Psychiatrie Française
147 rue Saint-Martin - 75003 Paris - Tél. : 01 42 71 41 11 - Fax : 01 42 71 36 60 - e.mail : psy-spfafp@wanadoo.frEditeur : Association Française de Psychiatrie / Syndicat des Psychiatres Français (A.F.P. / S.P.F.)
Tirage 13.900 ex. - Dépôt légal Septembre 2001 - Prix au n°20 F - Commission Paritaire N° 72689.
Directeur de la publication : Simon-Daniel Kipman - Rédacteurs en chef : Jean-Yves Cozic, Jean-Yves Feberey
Comité de rédaction : Michel Eisele, Michel Gayda, Jean-Michel Havet, Jean-Jacques Kress, Romain Liberman, Claude Nachin, Madeleine Rivière, Pierre Staël, Christian Vasseur.
Secrétaire de rédaction et Régie publicitaire : Annie Triniac
Mise en pages : GRAPHIC WAY, 01 58 04 90 90 - Impression : SAG, Saverne